En 2022, les Français iront aux urnes pour l’élection présidentielle. Une première fois le dimanche 10 avril, au premier tour où s’affronteront plusieurs candidats, et une seconde fois – deux semaines plus tard – le 24 avril, au deuxième tour où ne s’affronteront plus que les deux candidats ayant obtenu le plus de voix.

Cette élection sera la douzième élection de la Cinquième république – proclamée en 1958 – et la onzième au suffrage universel direct depuis la première en 1965. Ce mode de scrutin majoritaire – suffrage universel direct à deux tours – a longtemps eu pour effet d’encourager une bipolarisation gauche-droite.

De manière générale, les élections présidentielles françaises opposaient plusieurs candidats au premier tour et débouchaient au deuxième tour sur un duel opposant presque à chaque fois un candidat de gauche à un candidat de droite. Ainsi, les candidats défaits au premier tour – et leur électorat – avaient tendance à se rallier, au deuxième tour, au candidat le plus proche de leur sensibilité politique, soit à gauche, soit à droite.

Il y a eu toutefois trois notables exceptions. Il y a d’abord eu l’élection présidentielle de 1969, dans un contexte particulier suivant la démission du général de Gaulle – alors président de la France – et un an après les événements de Mai 68, où s’opposèrent au deuxième tour un candidat de droite, Georges Pompidou, et un candidat centriste, Alain Poher.

Il y a aussi eu le fameux 21 avril 2002. Lors de cette élection, le candidat de gauche, Lionel Jospin du Parti socialiste – pourtant favori selon les sondages -, ne s’est pas qualifié pour le deuxième tour. Lors du deuxième tour de cette élection présidentielle s’opposait alors un candidat de droite, Jacques Chirac, et un candidat d’extrême droite, Jean-Marie Le Pen.

Finalement, il y a aussi eu la dernière élection présidentielle française, en 2017, où aucun des candidats issus des partis historiques de gauche et de droite ne s’est qualifié pour le deuxième tour. Lors du deuxième tour s’opposait un candidat à la tête de son propre mouvement nommé En Marche, Emmanuel Macron, et une candidate d’extrême droite, Marine Le Pen.

La question se pose donc pour l’élection présidentielle de 2022, la gauche sera-t-elle présente au deuxième tour? Pour le moment, rien ne semble moins sûr…

Ce ne sont pourtant pas les candidatures de gauche à l’élection présidentielle qui manque. Plusieurs candidatures qu’on pourrait qualifier de gauche ont déclaré leur intention de se présenter, soit Nathalie Arthaud de Lutte ouvrière, Anne Hidalgo du Parti socialiste, Yannick Jadot d’Europe Écologie Les Verts, Jean-Luc Mélenchon de la France insoumise, Philippe Poutou du Nouveau Parti anticapitaliste, Fabien Roussel du Parti communiste français et Arnaud Montebourg. Des rumeurs annoncent d’autres éventuelles candidatures, dont celle de Christiane Taubira. Cependant, aucune de ces candidatures, du moins selon les derniers sondages, ne semble avoir de grandes chances de se qualifier pour le deuxième tour.

La gauche souffre de sa dispersion. La candidate du Parti socialiste – parti historique de la gauche qui a mené à la présidence François Mitterrand et François Hollande -, Anne Hidalgo, a tenté de tendre la main à ses concurrents du camp progressiste. En formant une alliance, il y aurait possibilité de déboucher sur un candidat et un programme commun de la gauche. Toutefois, à l’exception d’Arnaud Montebourg, la proposition d’Anne Hidalgo de former une sorte d’union de la gauche n’a pas convaincu les principaux intéressés.

Qui plus est, notamment dans les médias, on observe une droitisation du débat politique qui penche de plus en plus vers l’extrême droite. On pense notamment à la chaîne d’information – il serait plus juste de dire la chaîne d’opinion – CNews qui, comme Fox News aux États-Unis, banalise le discours d’extrême droite.

Il y a aussi des intellectuels à la mode qui mettent de l’avant des opinions conservatrices, voire réactionnaires, et qui sont omniprésents dans les médias. On n’a qu’à penser à la plus célèbre de ces figures médiatiques, Éric Zemmour.

Justement, le populaire et populiste polémiste d’extrême droite Éric Zemmour a annoncé sa candidature à l’élection présidentielle. Son arrivée dans la campagne a amené des thèmes très à droite, pour ne pas dire à l’extrême droite, dans les débats, notamment l’ordre et la sécurité, l’opposition à l’immigration et l’identité française.

Il semble pourtant y avoir en France un intérêt pour la justice sociale, l’égalité des chances, l’environnement, le vivre ensemble, le féminisme et d’autres thèmes chers à la gauche. Ce n’est donc pas la société française qui est devenue réactionnaire. C’est plutôt qu’il semble difficile ces derniers temps, pour une candidature ou un mouvement politique progressiste, de trouver une place d’importance sur la scène politique française.

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