Mes premiers mots pour cette nouvelle année, je les dédie à toutes les caissières et les caissiers, les commis de planchers et les employés de magasin qui, depuis des mois, subissent la misère de la part des clients.

Ces humains extraordinaires qui gobent la mauvaise humeur et la méchanceté gratuite des passants mécontents et qui réussissent à leur répondre d’un sourire.

Je lève mon chapeau à ces travailleurs qui, pour un salaire chétif et des conditions de travail exigeantes, se lèvent tous les matins dans l’espoir d’une journée aimable.

On ne leur dit pas suffisamment à quel point ils comptent. Et on ne les défend pas comme on le devrait lorsqu’on est témoin des méchancetés d’autrui.

Durant le temps des Fêtes, j’ai été marquée par le comportement des consommateurs des magasins que j’ai visités. Je regrette de ne pas avoir interféré à quelques reprises pour défendre des employés qui se faisaient traiter injustement par des clients frustrés.

On vit ici avec l’idée que le consommateur a toujours raison, qu’on doit offrir un service à la clientèle infaillible, peu importe l’attitude de celui-ci envers nos employés.

La vérité toutefois, c’est que les clients ont souvent tort et qu’il est facile de s’en prendre à quelqu’un qui n’a pas la liberté de se défendre.

Cet automne, les propriétaires des magasins Corn Crib de Moncton et Dieppe demandaient à leurs clients de démontrer davantage de respect à leurs employés.

Sur une publication Facebook, on indiquait qu’en 50 ans de service dans la communauté, le magasin vivait les moments les plus difficiles depuis son ouverture.

«Notre personnel s’est fait crier dessus, harceler, rabaisser, intimider et intimider physiquement», indiquent les responsables du commerce de produits alimentaires sur le réseau social.

Au Canadian Tire de Tracadie, une affiche près des caisses aborde un message semblable: «Nous croyons que nos employés sont fantastiques. Ne détruisez pas leur bonne humeur avec des paroles blessantes ou vulgaires.»

On ajoute même: «Si vous croyez que vous pouvez faire une meilleure job qu’eux, nous acceptons les applications.»

Je suis fière de voir que des employeurs prennent la situation en main et démontrent que le bien-être de leurs employés n’a pas de prix. C’est du leadership comme celui-là dont notre monde a besoin, de gestionnaires sensibles à l’humain qui se cache derrière le statut d’employé.

Il y a tant de gens autour de nous qui ne veulent pas travailler, pourquoi s’en prendre à ceux qui se lèvent tous les matins et qui se présentent au boulot?

On a vite oublié qu’en début de pandémie, lorsque le monde s’est arrêté l’espace de quelques semaines et que l’on s’est tous réfugiés à la maison, ce sont les commis de magasin qui ont affronté l’incertitude pour s’assurer qu’on ne manque de rien.

Alors aux caissières, caissiers et commis de plancher, mille mercis d’être toujours là.

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