The Lost Daughter: l’égoïsme et les regrets

Même si certains films sont adulés presque unanimement, il y aura toujours quelques critiques pour dire qu’ils n’ont pas du tout aimé. Dans le cas de The Lost Daughter (Netflix), ce critique, c’est moi.

En milieu de semaine, ce drame obtus et cérébral qui marque les débuts de la comédienne Maggie Gyllenhaal à titre de réalisatrice, était recommandé par 95% des quelque 150 critiques recensées par l’agrégateur Rotten Tomatoes.

J’admets m’être remis en question. Peut-être avais-je raté quelque chose. Ça arrive. Mais après 24 heures de réflexion, mon opinion est demeurée la même: je ne peux pas, en toute conscience, vous conseiller ce film lent, élitiste, ennuyeux et qui met en scène deux personnages impossibles à aimer.

Adapté d’un bouquin d’une des plus grandes romancières européennes contemporaines, l’Italienne Elena Ferrante, The Lost Daughter raconte l’histoire de la hautaine Leda (Olivia Colman, photo), une professeure de littérature qui approche la cinquantaine et qui décide de passer ses vacances estivales sur une petite île grecque.

Sur place, Leda fait la connaissance d’une jeune mère, Nina (Dakota Johnson), totalement épuisée devant la charge de travail que représente sa fille capricieuse et son mari absent et jaloux.

Chaque jour, Leda est témoin de l’indifférence de Nina envers son enfant. Un comportement qui ravive de vieilles blessures chez l’érudite, qui n’a pas non plus été la meilleure des mères envers ses deux jeunes filles, 25 ans plus tôt…

Avant de tomber dans le négatif, parlons d’abord de ce qui fonctionne bien dans l’oeuvre de Gyllenhaal. Colman est d’abord excellente dans le rôle de la femme qui cache ses regrets derrière une façade froide et suffisante. L’énergique Jessie Buckley, qui interprète la très égocentrique jeune Leda dans des retours en arrière, est toute aussi exceptionnelle.

Gyllenhaal, dont le rôle le plus connu demeure l’interprétation de Rachel Dawes dans Le chevalier noir (2008), démontre quant à elle un beau potentiel derrière la caméra. La quadragénaire refuse d’opter pour la facilité, autant dans la structure et le ton de son film que dans l’éclairage et l’angle des prises de vue.

Malheureusement, les accomplissements de Colman, Buckley et Gyllenhaal sont dilués dans un récit ennuyeux et dépourvu de rythme – et, en ce qui me concerne, d’intérêt.

Aux trois quarts du film, on ignore encore où Gyllenhaal – qui cosigne le scénario – souhaite nous emmener. La raison d’être de son oeuvre se révèle dans les dix dernières minutes, ce qui, pour une oeuvre aussi lente et dépourvue de moments forts, constitue un péché capital.

C’est à ce moment qu’on comprend que Gyllenhaal et Ferrante encouragent les parents à être dans le moment présent de chaque précieux instant qu’ils passent avec leurs enfants. Agir autrement constitue un aller simple vers une vie remplie de regrets.

Malheureusement, plutôt que de cogiter sur cette importante leçon de vie, on passe le film à exécrer la jeune et la vieille Leda; la première pour son aveuglement causé par sa libido et sa carrière, la seconde pour sa supériorité mal placée et ses regrets paralysants. Comment sommes-nous censés nous identifier à des personnes aussi odieuses?

À titre d’homme et de papa totalement dévoué à son fils, il est clair que je ne fais pas partie du public cible de The Lost Daughter. Les femmes instruites versées dans la littérature et les langues risquent davantage d’apprécier. Public cible ou non, il en demeure que cette oeuvre m’a profondément frustré et ennuyé.

(2,5 étoiles sur 5)

Le Livre de Boba Fett

Porté par le succès exceptionnel de The Mandalorian (2019, 2020), Disney lancera au cours des prochaines années près d’une dizaine de séries dont l’action de chacune se situera en de nombreux points de la toujours en évolution ligne
du temps de la saga Star Wars.

On aura donc droit, par exemple, à de nouvelles aventures du chevalier Jedi en exil Obi-Wan Kenobi, aux origines du rebelle Cassian Andor et à un condensé des missions de l’escadron Rogue.

En attendant tout cela, Marvel et Disney ont lancé, dans les derniers jours de 2021, la très attendue série Le livre de Boba Fett (Disney+).

Je pourrais gaspiller le précieux espace qui m’est accordé ici pour vous rappeler en long et en large qui est Boba Fett. Je m’en tiendrai à vous dire qu’il s’agit du très craint chasseur de prime qui a livré Han Solo à Jabba the Hutt dans Le Retour du Jedi (1983), qui est mort de façon controversée dans le premier acte de ce même film et qui est ressuscité (au grand bonheur des fans) l’an passé, dans la deuxième saison de la série The Mandalorian.

C’est ce même Boba Fett (Temuera Morrison) ressuscité (et affaibli) que l’on retrouve dans la nouvelle série. Aidé de l’assassine Fennec Shand (Ming-Na Wen), le chasseur de prime a pris le contrôle du monde interlope de Tatooine – la planète «bisolaire» et ensablée où sont nés Luke et Anakin Skywalker.

Évidemment, le coup de Boba fera des mécontents dans un monde coupe-gorge où des êtres puissants tentent de conserver le contrôle sur leurs lucratives entreprises illégales.

Deux épisodes (sur sept) sont en ligne. On y apprend comment Fett a survécu à sa mort apparente et de quelle façon il a occupé son temps avant de réapparaître dans The Mandalorian. Indice: il est beaucoup question des Hommes des sables.

Pour le moment, Le livre de Boba Fett n’a pas l’effet nouveauté de The Mandalorian – ni de surprise-événement à la «bébé Yoda». Les très grands amateurs de Star Wars, comme moi, y trouveront tout un paquet de petits détails qui font référence aux onze films, mais rien pour vraiment ébranler les colonnes de la culture populaire.

Visuellement exceptionnelle et très inspirée par les westerns spaghettis, la série n’innove pas vraiment. Le «retour à la vie» de Boba est d’une banalité très décevante et la spectaculaire attaque du train dans le deuxième épisode emprunte beaucoup à la traque du dragon dans le premier épisode de la deuxième saison de The Mandalorian.

Bref, à moins d’un immense changement de cap, la série a de quoi plaire aux fanatiques, mais le grand public risque d’y trouver que peu d’intérêt.

(3,5 étoiles sur 5)

Cobra Kai – saison 4

Après trois épisodes de la quatrième saison de la série Cobra Kai (Netflix), j’en avais plus qu’assez. Mais un miracle est survenu au milieu du quatrième épisode, événement fer-de-lance et déclencheur d’une saison dont la qualité et le rythme n’ont rien à envier à l’excellente première.

Si vous l’ignorez encore, Cobra Kai est une série qui met en scène les personnages de la trilogie culte des films Karate Kid, lancés au milieu des années 1980. Ennemis jurés sur le tatami et à l’école dans leur jeunesse, Daniel LaRusso (Ralph Maccio) et Johnny Lawrence (William Zabka) sont maintenant senseis et continuent de se vouer, par le biais de leurs dojos et élèves respectifs, une haine profonde.

Ajoutez à ce cocktail explosif le fait que les enfants de LaRusso et Lawrence sont parfois adversaires, parfois amoureux, et vous avez là une recette parfaite pour de nombreux affrontements mémorables.

Dans cette quatrième saison, Daniel et Johnny sont forcés d’unir leurs ouailles contre les diaboliques Cobra Kai et leur professeur, le très violent John Kreese (Martin Kove). Leurs dojos respectifs s’affronteront lors d’un tournoi et le perdant devra fermer ses portes.

Un ennemi du passé de LaRusso et de Lawrence fait toutefois un retour inattendu sur la scène du karaté, ce qui modifie drastiquement les forces en présence…

J’ai bien failli larguer Cobra Kai après trois épisodes. J’en avais plus qu’assez des guerres entre LaRusso et Lawrence, thème abordé et approfondi dans chacun des 30 épisodes des trois premières saisons. Bref, à ce moment, la série tournait en rond et ne se renouvelait pas, mais alors pas du tout.

Au quatrième épisode, les deux hommes ont choisi de régler leur différent sur le tatami, devant leurs élèves. Et c’est à ce moment que la quatrième saison de Cobra Kai a véritablement pris son envol. Soudainement, les enjeux sont devenus plus clairs, les deux senseis ont commencé à mettre de l’eau dans leur vin et le récit a enfin pu avancer.

Les épisodes 5, 6, 7 et 8 sont consacrés à la préparation de chacun des élèves des dojos pour le grand tournoi. Le ton reste assez classique et chacun remet ses motivations en question.

L’apothéose de la saison et peut-être de la série survient lors des deux derniers épisodes. Le tournoi bat son plein, l’ambiance est à couper au couteau et les scènes de karaté sont parmi les meilleures jamais tournées (le combat entre Eli et Robby est d’ailleurs tout un chef d’oeuvre).

Au final, cette quatrième saison ne réinvente pas la roue. Elle reprend toutefois la formule Karate Kid (des personnages et des leçons de vie plus grands que nature joués par des comédiens médiocres dans un scénario plus ou moins original) avec énormément d’efficacité.

(3,5 étoiles sur 5)

À surveiller

The Tender Bar

(sur Amazon Prime depuis vendredi)

Difficile de lever le nez sur un film tourné par George Clooney qui met en vedette Ben Affleck! C’est l’histoire d’un jeune garçon (Tye Sheridan, Player One) élevé par un barman qui découvre l’amour de la lecture grâce à son oncle (Affleck).

Mother/AndroiD

(sur Netflix depuis vendredi)

Mettant en vedette Chloë Grace Moretz (Kick-Ass, Carrie, Tom et Jerry), ce film du nouveau venu Mattson Tomlin porte sur une jeune femme enceinte qui tente de trouver un endroit sécuritaire pour accoucher dans un monde dominé par des robots tueurs.

A Teacher

(sur Disney+ mercredi)

Cette excellente et dérangeante série est enfin disponible au Canada, après avoir été diffusée exclusivement aux États-Unis sur Hulu. Elle traite d’une jeune enseignante (Kate Mara, Megan Leavey) qui tombe amoureuse d’un de ses étudiants adolescents. J’ai eu le privilège de voir cette série en 2021 et j’ai beaucoup aimé.

Peacemaker

(sur Crave jeudi)

Peacemaker est un des nombreux antihéros du film The Suicide Squad, sorti cet été. Cette série tournée par DC et Warner Bros relate les origines de ce personnage – interprété par le lutteur John Cena -, qui est prêt à tout pour faire régner la paix planétaire… même à tuer.

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