Le mois dernier, Statistique Canada nous apprenait que la population du Nouveau-Brunswick a bondi de plus de 11 000 au cours des douze mois entre octobre 2020 et septembre 2021. Une telle hausse n’avait pas été vue depuis le milieu des années 1970.

Dans un sens, ce gain est bien plus impressionnant que ceux d’il y a près d’un demi-siècle. À l’époque, le Nouveau-Brunswick était une province jeune; environ 12 000 bébés naissaient à chaque année alors que seulement 5000 résidents décédaient. Pour faire augmenter la population de 11 000, le nombre de gens qui venaient s’installer au Nouveau-Brunswick n’avait alors qu’à excéder de 4000 celui de ceux qui quittaient la province. Or, au cours des 12 mois se terminant le 30 septembre dernier, les arrivées ont excédé les départs de 12 800, un record.

La question qui se pose, bien sûr, est de savoir s’il s’agit d’un évènement unique ou du début d’une nouvelle tendance. Pour répondre à la question, il faut examiner les causes de cette explosion migratoire.

Les nouveaux arrivants proviennent de deux sources: des autres provinces ou encore de l’extérieur du pays. Au cours des 12 mois se terminant en septembre dernier, la contribution de la migration internationale a été forte, revenant à son niveau d’avant la pandémie.

L’immigration a continué de tourner au ralenti jusqu’à l’été dernier, mais cela a été compensé par un afflux record de travailleurs étrangers temporaires et par une double cohorte d’étudiants internationaux avec le retour des cours en présentiel.

Cela dit, bien que la migration internationale ait été au rendez-vous, c’est plutôt vers le reste du pays qu’il faut se tourner pour comprendre pourquoi le Nouveau-Brunswick a fracassé tous les records en matière de nouveaux arrivants.

Pendant longtemps, le Nouveau-Brunswick perdait plus de résidents au profit des autres provinces qu’il n’en gagnait. Ce n’est plus le cas. En moyenne ces dernières années, la migration interprovinciale ajoutait environ 2000 habitants annuellement à notre population. Au cours des douze mois se terminant en septembre dernier, cependant, ce nombre a grimpé en flèche, à près de 5000.

Derrière cette hausse spectaculaire se trouvait un afflux de résidents de l’Ontario à la recherche d’un logement plus abordable. Certes, on ne parle pas ici d’un exode massif, mais l’éléphant ontarien n’a pas besoin de grouiller fort pour que la souris néo-brunswickoise en ressente les effets. Plus de 8000 Ontariens ont déménagé au Nouveau-Brunswick entre le 1er octobre 2020 et le 30 septembre 2021. C’est deux fois plus que d’habitude.

Les Ontariens continueront-ils d’affluer en si grand nombre à l’avenir? Comme la pandémie a démontré l’efficacité du travail à domicile pour de nombreux types de professions, cela est fort possible.

Il reste à voir ce que cela signifierait d’accueillir autant de gens année après année pour la vie quotidienne au Nouveau-Brunswick. Certes, cela se traduirait par une économie plus forte, avec plus de gens au travail. La pénurie de main-d’œuvre serait moins aigue et le gouvernement provincial disposerait de plus de recettes en taxes et impôts de même qu’en transferts d’Ottawa pour soutenir une population aux besoins grandissants.

Sur une note plus sombre, comme l’offre de logements n’arrive déjà pas à suivre la demande, il faudrait s’attendre à ce que la flambée des prix s’accélère. Or, faut-il le rappeler, le Nouveau-Brunswick a connu l’an dernier la plus forte croissance des prix de l’immobilier résidentiel au pays.

Cette aggravation de la crise de l’immobilier serait une très mauvaise nouvelle pour les locataires, de même que pour tous ceux qui aspirent à devenir propriétaires. Confrontés de plus en plus à des prix de grandes villes avec des revenus de petites villes, de plus en plus Néo-Brunswickois pourraient perdre patience.

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