La semaine passée, des anti-vaccins ont manifesté devant un centre de vaccination de Saint-Jean de Terre-Neuve, perturbant les allées et venues des gens venus pour leurs vaccin et forçant la fermeture de la clinique avant l’heure. Forts de leur droit à la liberté de pensée et d’agir, ces manifestants sont venus entraver le droit des autres, «les moutons» comme ils nous appellent méchamment.

Les images du goémon volant à la face du député de Saint-Pierre et Miquelon, Stéphane Claireaux, gracieuseté de quelques protestataires furieux de l’entrée en vigueur du passeport vaccinal dans l’archipel, ont littéralement fait le tour du monde.

Il aurait été souhaitable que, dans ces deux cas, on choisisse ses mots et ses actes avec mesure: à Saint-Pierre et Miquelon, sitôt la confrontation terminée, médias, politiques et réseaux sociaux se sont enflammés: «lapidation» et «lynchage», pouvait-on lire. Vraiment? «Lapider» signifie «poursuivre ou tuer à coups de pierres». Quant à «lyncher» ça ramène à la persécution des Noirs d’Amérique, à leurs exécutions sommaires ou à des violences qui ne s’exercent pas avec des poignées de goëmon. Il y aurait eu des mots plus appropriés et moins lourds de signification!

Du côté des manifestants réunis sous la bannière «Ensemble et Libres», on n’a pas eu peur non plus de l’exagération. Ainsi, le groupe a tenu à défiler devant le monument en l’honneur des Engagés de la France Libre, on a même vu dans la foule une Croix de Lorraine, symbole de la Résistance française de la Deuxième Guerre. Associer le combat de gens comme ma mère, qui ont suspendu leurs libertés individuelles pour défendre la liberté collective de la France, avec une manifestation contre un simple passeport vaccinal est offensant.

Ce sont là des exemples de démesure qu’on trouve partout dans notre région, au pays et à travers l’Occident. Ces débordements font que mécontentement, incompréhension et haine gagnent chaque jour du terrain. Ainsi, Facebook est devenu une vaste fosse à purin où le niveau de violence verbale fait peur et où la colère et l’insulte gagnent chaque jour du terrain.

Un jour, bientôt, la crise s’estompera: il faudra alors ranger croix et bannières et reprendre une vie commune. Comment allons-nous faire si nous ne faisons pas, dès maintenant, preuve de mesure et de retenue? Qu’on privilégie les libertés individuelles ou le bien collectif nous serons tôt ou tard confrontés au «vivre ensemble». Il est temps d’y penser.

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