James McAvoy (Divisé, la saga X-Men) et Claire Foy (Elizabeth II dans la série The Crown) sont deux des meilleurs comédiens britanniques de leur génération. J’étais très excité de les voir se donner la réplique dans My Son (Amazon Prime). Malheureusement, leur talent est gaspillé dans ce film au ton criminellement inégal.

Remake germano-britannique d’un film français de 2017 mettant en vedette Guillaume Canet et Mélanie Laurent, My Son raconte l’histoire d’Edmond Murray (McAvoy), un Écossais qui a laissé sa femme (Foy) et son enfant plusieurs années plus tôt afin de travailler dans l’industrie planétaire du pétrole.

Un jour, son fils de 7 ans disparaît lors d’un camp d’astronomie qui se déroule dans la (magnifique) lande écossaise.

Père absent depuis la naissance de son garçon, Edmond est mis devant ses lacunes parentales par son ex-conjointe. Résolu de se racheter, l’homme mène sa propre enquête sur la disparition… au péril de sa vie.

Comme vous pouvez le voir, le scénario de My Boy tient à très peu de choses. Le film est divisé en trois parties d’environ 35 minutes chacune: l’enquête policière sur la disparition, les regrets d’Edmond, puis sa quête. Rien de bien compliqué.

Dans certaines oeuvres, une telle simplicité aurait pu bien passer. Le problème avec le film de Christian Carion (qui a aussi tourné l’original), c’est que l’enquête d’Edmond se limite à la découverte d’un seul indice qui le mène aux ravisseurs de son enfant. Disons que c’est difficilement crédible.

C’est aussi trois films au ton totalement différent en un. Le premier est une exploration très intime de l’impact que peut avoir la disparition d’un enfant sur des parents. Les émotions sont à fleur de peau alors qu’angoisses, rancoeur et culpabilité se mélangent dans un climat extrêmement toxique. C’est à ce moment que McAvoy et Foy montrent toute l’étendue de leur talent, le premier alternant avec une facilité déconcertante entre tristesse et colère.

L’ennui c’est que cette portion de l’oeuvre – de loin la plus intéressante – laisse beaucoup trop rapidement place à un film dont l’intensité se déplace dans l’action. Les pleurs se transforment en scènes de torture dignes de deux films québécois très supérieurs, Prisonniers (2013), de Denis Villeneuve, et Les Sept jours du talion (2010), de Daniel Grou.

Vient ensuite le dernier acte, inspiré de Taken (2008), lors duquel Edmond tente de récupérer son fils des griffes de truands lourdement armés. Je salue le réalisme de cette section – Edmond utilise la ruse plutôt que la bonne vieille attaque frontale américaine. C’est aussi un exercice de cinéma intéressant parce qu’il est pratiquement dépourvu de dialogues.

C’est malheureusement trop long, prévisible et pas assez rythmé. On sait tous comment le film va finir, fin qui prend un temps fou à se concrétiser dans un scénario pourtant dépourvu du moindre rebondissement.

Si vous aimez McAvoy (avec son prononcé accent naturel écossais) ou Foy et que vous cherchez un divertissement pas trop compliqué, My Boy est peut-être pour vu. Si vous recherchez un peu plus de substance et de créativité, je vous suggère d’opter pour autre chose.

Pourquoi pas le dérangeant Prisonniers, tiens, qui est justement disponible sur Netflix depuis quelques jours…

(Deux étoiles sur cinq)

 

Le monde dans nos yeux

Confidence: lundi, à peine une journée après avoir dévoré en moins de trente heures les huit épisodes de la série Le monde dans nos yeux (As We See It; Amazon Prime), je m’ennuyais déjà énormément de ses quatre personnages principaux.

Cette magnifique série hautement atypique porte sur le quotidien de trois personnes autistes dans la vingtaine qui cohabitent dans un appartement de la banlieue de Los Angeles.

Ce sont Jack (Rick Glassman), un génie de l’informatique dépourvu de toute habileté sociale, Violet (Sue Ann Pien), une caissière dans un restaurant obsédée par l’idée de rencontrer le grand amour, et Harrison (Albert Rutecki), un être profondément angoissé dont le simple fait de sortir de son appartement constitue un cauchemar.

Pour aider ces trois jeunes gens à mener un semblant de vie normale et atteindre un début d’autonomie: Mandy (Sosie Bacon), une travailleuse sociale au coeur gros comme le monde qui est tiraillée entre l’envie de faire une différence dans la vie de ses «patients» et son rêve d’étudier à temps plein pour devenir neurologue.

Les huit épisodes nous immergent dans le quotidien rarement facile de ce quatuor ainsi que celui de leurs familles. J’ai tout adoré de cette série. De l’intelligence de son ton au jeu de ses comédiens en passant par le message qu’elle livre et la qualité de son écriture: tout frôle la perfection.

Le plus impressionnant, toutefois, est le fait que les trois personnages principaux sont interprétés par des comédiens autistes. Un fait extrêmement rare au cinéma et à la télévision. Et ces jeunes sont si convaincants qu’il est impossible de ne pas s’y attacher!

Sosie Bacon est elle aussi excellente dans le rôle de l’aide. On croit sans hésiter à sa bonté naturelle et à son empathie. Ce rôle pourrait constituer un tremplin pour Bacon, dont le talent, le sourire et le sens de l’humour ne sont pas sans rappeler ceux de Brie Larson (Captain Marvel).

Le monde dans nos yeux est un petit bijou de subtilité et d’authenticité. Contrairement à d’autres séries du genre, on ne sent pas qu’elle a un agenda. Ses créateurs souhaitent simplement nous éduquer sans tomber dans l’exagération ou le mélodramatique à la vie pleine de défi des personnes autistes.

Je peux vous assurer que si les combats quotidiens de Jack, Violet et Harrison n’ouvrent pas vos horizons sur la réalité des personnes autistes et sur l’immense dose de compréhension et de respect dont leurs semblables sont en droit de recevoir, rien n’y fera.

Mon coup de coeur des derniers mois.

(Quatre étoiles et demi sur cinq)

 

Midnight in the Switchgrass

J’ai longuement hésité entre deux films à voir pour remplir cet espace. J’ai finalement choisi Midgnight in the Switchgrass parce qu’il «met en vedette» Bruce Willis, mais aussi parce qu’il est disponible sur Netflix et donc plus facilement accessible, contrairement à l’autre, offert en vidéo sur demande. J’aurais dû choisir l’autre…

Je ne passerai pas par quatre chemins: Midnight in the Switchgrass est un des pires films que j’ai vu dans ma vie.

Il est très maladroitement inspiré de l’histoire de Robert Ben Rhoades, un camionneur qui, de 1975 à 1990, aurait tué ou violé une cinquantaine de prostituées qui travaillaient le long des autoroutes du Texas. Dans Switchgrass, l’action est déplacée en Floride au début des années 2000.

Comme dans un bon vieil épisode de Columbo, on sait qui est le tueur dès le départ. Le film porte ainsi sur les efforts d’un groupe de policiers (Willis, Megan Fox et Emile Hirsch) pour mettre la main au collet de l’assassin.

Bon. Par où commencer… Midnight in the Switchgrass semble avoir été tourné par un étudiant de première année en cinéma à qui on aurait donné un budget de 15 millions $ et qui aurait dépensé 80% de cet argent pour embaucher trois comédiens «vedettes». Le reste est d’un amateurisme extrêmement révoltant.

Le pire c’est que Willis, la principale carte de vente du film, n’apparaît que dans quatre scènes et se limite à lâcher quelques phrases d’un ton qui ne pourrait pas être plus désintéressé. Et je vous épargne de mon appréciation du jeu de Fox, plus inexpressive que jamais.

Le récit est aussi bourré de trous et d’incongruités qui ne semblent exister que pour faciliter la vie du scénariste Alan Horsnail. Par exemple, le policier interprété par Hirsch se fait dire de ne pas enquêter sur la série de décès et de disparitions. Aucune raison n’est donnée pour justifier un tel état de fait, si ce n’est que pour plus tard permettre d’impliquer Fox et Willis dans la traque.

Franchement paresseux comme écriture.

On a aussi droit à la mère la moins affectée de l’histoire du cinéma par la mort de sa fille et des dialogues clichés qui frôlent le ridicule.

Le montage laisse aussi à désirer. J’ai arrêté de calculer le nombre de fois où je me suis demandé pourquoi on voyait telle ou telle image. Sans exagérer, 25% de ce qui nous est montré aurait pu être coupé et le récit – du moins, ce qui passe pour un récit – n’en aurait absolument pas souffert.

À mes yeux, la seule véritable raison d’écouter Midnight in the Switchgrass est pour rire de toutes les absurdités commises par les créateurs du film et leurs personnages. Oui, c’est mauvais à ce point là.

(Une demi-étoile sur cinq)

 

À surveiller

The Afterparty
(sur Apple TV+ depuis vendredi)
J’adore la prémisse de cette série qui allie mystère et humour: lors d’une soirée de retrouvailles dans une école secondaire, un meurtre est commis; un policier questionne donc ses anciens compagnons de classe un à un et découvre que plusieurs avaient un motif pour assassiner la victime.

In From The Cold
(sur Netflix depuis vendredi)
Dans cette série qui nous ramène à l’époque de la guerre froide, une ex-espionne russe (l’excellente Margareta Levieva) vivant aux États-Unis et mère seule doit affronter son passé secret afin de protéger sa famille.

The Woman In The House Across The Street From The Girl In The Window
(sur Netflix depuis vendredi)
Kristen Bell (The Good Place) est la vedette de ce film qui se veut une parodie de la récente vague d’oeuvres dans lesquelles la crédibilité d’une personne à la santé mentale vacillante est remise en doute quand celle-ci affirme avoir été témoin d’un meurtre.

Louis-José Houde Préfère Novembre
(sur tou.tv mardi)
Enregistré au Capitol de Moncton, ce spectacle de Louis-José Houde porte notamment sur l’affection que porte l’humoriste au mois de novembre.

Pam & Tommy
(sur Disney+ mercredi)
Un des premiers moments marquants de l’histoire d’internet a été la mise en ligne «accidentelle» d’une vidéo porno mettant en vedette Pamela Anderson et Tommy Lee, en 1997. Cette série irrévérencieuse s’intéresse à l’événement.

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