Les Îles. Plus de trois cents kilomètres de plage. Et peu importe le petit bout qu’on choisit pour s’y échouer, le temps passé là est toujours un moment magique…

Spot trouvé, serviette éparée. Tout est prêt pour une journée rêvée. Mais le sable s’est déjà invité dans nos affaires. Le vent l’y a poussé sans trop de difficulté. Reprendre sa serviette pour la secouer dans les airs et manger le sable en pleine face. Il souffle de quel bord, ce vent-là?

Se tortiller sur sa serviette pour se creuser un espace confortable pour le dos. Comme si le sable labouré allait se transformer en matelas coussiné. Faire le bacon. Un bout sur le ventre, un bout sur le dos. Pour s’égaliser la déprime en même temps que la peau. Un bout sur le ventre, un bout sur le dos. Se colorer le corps pour se vider l’esprit. L’esprit sain dans un corps sain devient l’esprit bien dans un corps brun. Se badigeonner comme une dinde à Noël pour ne pas sécher sous la chaleur d’un fourneau à ciel ouvert. Le sable et le foin de dune fument sous le soleil chaud d’une fin de juillet qui tape et retape jusqu’à nous faire rougir de l’intérieur. Ça sent bon… quand on est capable de faire abstraction de l’odeur de coconut des crèmes de madames à la peau jaune-orange étrange.

Petite game de frisbee sur le sable, dans le déni, comme si le vent n’allait pas jouer contre nous. Ne jamais l’attraper, parce que la trajectoire prévue n’est jamais respectée. Mais godam, il souffle de quel bord, ce vent-là ? Mouiller ses pieds pour aller le récupérer. Partie annulée. On se reprendra quand on reviendra une journée qu’il ventera moins.

Dîner de petites saucisses en canisse. Peu importe la température qu’il fera, on est sûr que rien ici ne périra. À part, peut-être, nos estomacs. Boîte à boire et petit gâteau Ah! Caramel. Faire tourner son petit couteau en plastique rouge dans sa bouche après avoir beurré tous ses craquelins avec le fromage jaune-orange étrange. Manger du sable à chaque bouchée. Tout cric, tout crac et tout croc. Casquette de Coors Light, canette à la main. Si, aujourd’hui, on n’a pas l’air bright, on se reprendra demain.

Partie de volley-ball de plage endiablée. Ados, les gosses dans le front, qui exposent leurs abdos aux filles et se trouvent bons. Célibataires cherchant couverte pour l’hiver, entre deux manchettes prennent une plonge pour se rafraîchir les idées et les ardeurs. Ensuite, retournent smasher le ballon sur la djeule de leurs adversaires.

Aller marcher. Marcher le long de la côte à la recherche de trésors de plage. Genre de pirate en Speedo, crémé de bord en bord. Marcher dans sa tête et dans son corps. Se rendre à l’autre bout du bout de la plage comme on traverse sa vie. Des petits bouts en marchant, d’autres en courant. À la seule différence que sur une plage, on doit toujours se rappeler qu’il faudra bien rebrousser chemin à un moment donné. Le retour sera toujours aussi long que l’aller. C’est comme ça.

Se baigner, au prix de quelques frissons dans la section du milieu du corps. Hésitation quand vient le moment de se tremper le nombril. L’impression de se faire couper le cordon à nouveau, à froid et au frette. Baignade au coucher du jour. Garder un œil sur le soleil de ciel qui s’en va et un autre sur le soleil de mer qui s’en vient. Éviter son contact en dansant avec les vagues. Un pas devant, deux pas derrière.

Se faire washer par des vagues soufflées par un vent fou. Recevoir le salange en pleine face. Calvenusse, il souffle de quel bord, ce vent-là ? Retourner sur la plage pour se sécher, même si on sait très bien qu’on retournera chez nous mouillé de bord en bord. Emborver son siège de char. Le remplir de sable même si on s’est bien secoué avant d’entrer. Goût de sel sur les babines, bout de plage sur les bottines. S’en ramener pour s’en rappeler.

Les Îles. Plus de trois cents kilomètres de plage. Et peu importe le petit bout qu’on choisit pour s’y échouer, le temps passé là est toujours un moment magique… Et s’il est vrai que les vagues et le vent nettoient les idées, disons qu’on vient de faire une belle grosse brassée.

Fait que? Le vent souffle de quel bord, finalement?

On se r’parle!

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