La décision du Parti progressiste-conservateur dirigé par Blaine Higgs d’accueillir dans ses rangs le chef du parti People’s Alliance et son unique autre député est un véritable pavé jeté dans la mare. Cet événement en rappelle un autre en 1995 où d’anciens députés du parti CoR avaient voulu rejoindre les rangs du Parti progressiste-conservateur. Jean Gauvin s’était vigoureusement opposé à cette intégration en claquant la porte du parti.

C’est sous le leadership de Bernard Lord que la famille progressiste-conservatrice a su refaire son unité. Toutefois, il était clair que tous ceux qui voulaient rejoindre le parti devaient adhérer aux valeurs de celui-ci et particulièrement le bilinguisme officiel de la province.

Le People’s Alliance et son chef ont démontré par leurs prises de positions publiques qu’ils n’acceptaient pas pleinement que le Nouveau-Brunswick est une province ayant deux langues officielles et deux communautés linguistiques égales. Il est ironique de constater que c’est Blaine Higgs, lui-même un ancien du parti CoR, qui va décider si Kris Austin et Michelle Conroy rencontrent les valeurs du Parti progressiste-conservateur en matière de langues officielles!

Sous le leadership de Blaine Higgs, les progressistes-conservateur ont tourné le dos aux francophones de cette province. Lors des élections de 2018 et de 2020 le parti a connu des résultats catastrophiques dans les régions francophones. Les gestes de Blaine Higgs ont poussé à la démission Robert Gauvin, le fils de Jean Gauvin, qui était son vice-premier ministre et son unique député du Nord francophone. La décision de tendre la main aux membres d’un parti moribond et réfractaire au bilinguisme de la province est une autre gifle infligée à la communauté francophone.

Ce qui reste de francophones dans le Parti progressiste-conservateur va-t-il avaler cette couleuvre de Blaine Higgs? Les deux seuls francophones dans le caucus et le conseil des ministres vont-ils, comme l’avait fait Jean Gauvin, dénoncer cette manœuvre et en tirer les conclusions concernant leur avenir au sein du parti?

Le Parti progressiste-conservateur est à la croisée des chemins. Les ponts bâtis par Richard Hatfield et Bernard Lord sont menacés de s’écrouler. Si tel est le cas, le Nouveau-Brunswick retournera au début du vingtième siècle où un gouffre séparait les deux communautés linguistiques. Le Parti progressiste-conservateur regroupait essentiellement les anglo-protestants alors que les catholiques francophones et irlandais se retrouvaient dans le Parti libéral.

Le Nouveau-Brunswick, contrairement à d’autres juridictions dans le monde comme la Belgique, a voulu miser sur un système de partis non communautaire. Les deux principaux partis qui ont gouverné la province depuis sa création ont temps bien que mal accommodé les deux groupes linguistiques. L’élection des libéraux de Louis J. Robichaud en 1960 a contribué à la reconnaissance de la communauté acadienne.

Richard Hatfield lors de son passage au pouvoir de 1970 à 1987 a consolidé l’héritage politique du premier Acadien à diriger la province à la suite d’une victoire électorale. Le Parti progressiste-conservateur sous la houlette de Blaine Higgs va laisser derrière eux un paysage politique toxique.

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