Blaine Higgs a poursuivi la reprise en main par la droite anglophone du Parti progressiste-conservateur en accueillant les deux députés du People’s Alliance. Le balayage de l’héritage de Richard Hatfield, qui était davantage progressiste que conservateur, est en voie d’être achevé.

La décision de Richard Hatfield d’ouvrir toutes grandes les portes du Parti progressiste-conservateur à la communauté acadienne en nommant un lieutenant francophone en la personne de Jean-Maurice Simard n’avait pas plu à l’aile droite du parti. Les réunions du cabinet pendant lesquelles on discutait de reconnaître l’égalité des deux communautés linguistiques de la province étaient pour le moins tendues. Le dépôt du projet de loi 88 qui allait concrétiser officiellement cette reconnaissance n’est pas passé comme une lettre à la poste.

Le ministre Ed Allen était un des ténors de la droite anglophone qui s’opposait aux mesures favorables aux francophones. Il devait quitter le navire en perdition du Parti progressiste-conservateur pour se faire élire en 1991 député sous la bannière du CoR, un parti résolument contre le bilinguisme voire anti-francophone. Il devait à cette élection avoir plus de succès qu’un autre candidat du CoR, Blaine Higgs.

Lors du congrès à la chefferie du parti progressiste-conservateur en 2016, le fils d’Ed Allen, qui était un des candidats à la succession de David Alward, jouera le rôle de faiseur de rois. Mike Allen donnera son appui à Blaine Higgs au troisième tour de vote pour permettre à celui-ci de remporter la victoire au détriment de l’ancien maire de Saint-Jean, Mel Norton, qui lui est bilingue.

Le mode d’élection du nouveau chef progressiste-conservateur a permis à Blaine Higgs de prendre les rênes du parti sans le vote des francophones. Il avait promis d’apprendre le français afin de pouvoir mieux communiquer avec la population francophone. On connaît la suite des choses. Il devait récemment renoncer à cette promesse.

Les résultats du Parti progressiste-conservateur aux élections de 2018 et 2020 ont été désastreux chez l’électorat francophone. Blaine Higgs a réussi le tour de force de pousser à la porte de son cabinet et du parti son seul élu francophone dans le Nord de la province. Robert Gauvin devait rejoindre les rangs des libéraux pour se faire élire dans une circonscription de la région de Moncton lors des élections de 2020. Il est l’un des cinq candidats à la chefferie du Parti libéral.

Le Parti progressiste-conservateur en acceptant les deux députés du People’s Alliance et ayant à sa tête Blaine Higgs peut-il connaître du succès lors des élections de 2024 auprès des francophones? À moins d’un revirement spectaculaire du paysage politique, la réponse est non. Tout comme Ed Allen à l’époque de Richard Hatfield, la présence de Kris Austin dans le caucus progressiste-conservateur et éventuellement dans le cabinet n’augure rien de bon pour la paix et l’harmonie linguistique. Le Parti progressiste-conservateur, en misant sur Blaine Higgs et Kris Austin, vient de renoncer à rejoindre un tiers de la population de cette province.

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