Les mauvaises nouvelles ne cessent de s’accumuler en ce qui a trait au coût de la vie au Nouveau-Brunswick. La semaine dernière, Statistique Canada nous annonçait que l’inflation a encore bondi, passant d’un taux annuel de 6 pour cent en février à 7,4 pour cent en mars. Et comme c’est maintenant devenu la norme, elle était nettement plus forte au Nouveau-Brunswick que dans l’ensemble du Canada.

Bien que tous soient affectés par l’escalade du niveau des prix, ce sont les ménages moins nantis qui écopent le plus. Leurs revenus étant plus faibles, ceux-ci consacrent une plus grande part de leur argent sur des produits de base comme les aliments (en hausse de 10 pour cent) ou encore l’essence (38 pour cent).

Les salaires, pour leur part, n’ont certainement pas suivi l’inflation. Selon les plus récentes données, la rémunération hebdomadaire moyenne n’aurait augmenté que de 3,4 pour cent au cours des douze derniers mois se terminant en janvier.

À cela s’ajoute le fait que l’indice des prix à la consommation (IPC) utilisé par Statistique Canada pour mesurer l’inflation n’est pas un indicateur parfait du coût de la vie. Celui-ci ne couvre notamment pas les frais d’intérêt sur le crédit à la consommation ou les voitures usagées, dont les prix ont explosé l’an dernier.

L’IPC peut aussi être trompeur en ce qui a trait au logement. Dans le cas des logements locatifs, en hausse de 6,5 pour cent, il offre une mesure fiable. Pour ce qui des maisons et autres logements en propriété, par contre, les choses se compliquent.

Statistique Canada traite les propriétés résidentielles comme des investissements plutôt que des biens de consommation. Pour cette raison, l’IPC ne reflète pas directement l’évolution de leur prix mais tient plutôt compte des dépenses typiques associées aux investissements comme l’amortissement, les frais de financement, les taxes, de même que l’entretien et la réparation.

Ainsi, selon la mesure utilisée par Statistique Canada, le coût des propriétés résidentielles n’a augmenté que de 4,8 pour cent en mars par rapport à pareille date l’an dernier. Or, le prix moyen de ces mêmes propriétés, lui, a fait un bond spectaculaire de 34 pour cent. Cette hausse, qui est trois fois plus forte que la moyenne nationale, place le Nouveau-Brunswick deuxième au pays, tout juste derrière la Nouvelle-Écosse.

On peut débattre longuement de la façon de mesurer le coût des propriétés résidentielles. Ce qui est clair, par contre, c’est que les ménages néo-brunswickois, déjà appauvris par l’inflation, doivent débourser bien davantage qu’auparavant pour accéder à la propriété.

Pis encore, rien ne laisse entendre que la situation ne va s’améliorer de sitôt. Pour ramener l’inflation à l’intérieur de sa fourchette-cible d’un à trois pour cent, la Banque du Canada semble résolue à augmenter agressivement les taux d’intérêt, ce qui va bien sûr se refléter sur les taux hypothécaires.

Lorsque les taux hypothécaires augmentent, les propriétés résidentielles deviennent moins abordables, ce qui se traduit en une pression à la baisse sur les prix. Certains économistes prévoient que les prix pourraient diminuer à l’échelle nationale l’an prochain. Pour le Nouveau-Brunswick, cependant, rien n’est moins certain.

Malgré la hausse fulgurante des prix, les propriétés résidentielles dans la province demeurent presque cinq fois moins chères que dans le Grand Toronto. Il faut donc s’attendre à ces que de nombreux «réfugiés du logement» du Sud de l’Ontario continuent d’affluer au Nouveau-Brunswick, exerçant ainsi une pression à la hausse sur les prix.

Revenons à l’enjeu du coût de la vie en général. La Banque du Canada prévoit que l’inflation va s’élever au-delà de six pour cent pour la première moitié de l’année et qu’elle demeurera bien au-delà de sa fourchette-cible pour le reste de l’année.

C’est donc dire que les Néo-Brunswickois pourraient continuer de s’appauvrir pour encore quelque temps.

Pendant ce temps, les gouvernements vont continuer de bénéficier de la manne que représente l’inflation pour leurs recettes fiscales. Le malheur des uns fait le bonheur des autres.

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