Il y avait trop longtemps que je n’avais pas autant ri au cinéma que lors de mon visionnement du film d’animation Les Méchants (The Bad Guys; en salle depuis le 22 avril).

Adapté d’une bande dessinée australienne qui a vu le jour en 2015, Les Méchants raconte l’histoire d’une bande de cinq animaux anthropomorphiques (un loup, un serpent, une tarentule, un requin et un piranha) qui se targuent d’être les plus grands criminels d’une ville qu’on devine être San Francisco.

Questions de cimenter leur réputation une fois pour toutes, nos vilains planifient de réaliser le vol du siècle: celui du Dauphin d’or, un trophée qui sera remis au citoyen le plus bienfaisant de la ville lors d’un voluptueux gala.

Or, lors du vol, le loup vient au secours d’une vieille dame, qui le remercie, ce qui lui fait ressentir… des émotions nouvelles. Dans le chaos, les méchants se font prendre la patte dans le sac par une très énergique (et hilarante) policière.

Plutôt que d’être envoyés en prison, les vilains sont pris en charge par le professeur Marmelade, un cochon d’Inde. Convaincue qu’il y a du bon dans chacun, la petite boule de poil se donne comme mission de réformer les cinq lascars.

Chef de la bande, le loup accepte que le groupe se plie au jeu. Mais si tout ça n’était qu’une ruse pour que les méchants se lancent dans une autre série de méfaits?

On ne se fera pas de cachettes, la pandémie n’est pas la période la plus rose de l’histoire du cinéma. Les difficultés associées au fait de filmer dans une bulle, le report de tournages et l’exode des cinéphiles ont fait en sorte que la qualité des films qui sont projetés en salles est loin d’être ce qu’elle a déjà été.

Les Méchants arrive donc comme une bouffée d’air frais, avec son humour absolument exceptionnel, son histoire pleine de rebondissements et ses personnages hautement attachants – dont le très suave loup, mélange entre James Bond, John Travolta et Frank Sinatra.

En toute honnêteté, je n’avais pas passé un aussi bon moment au cinéma depuis le plus récent épisode de la saga Spider-Man (à la mi-décembre).

La plus grande qualité des Méchants, c’est son humour. On rit. Beaucoup. Les gags sont intelligents et originaux. Certains s’adressent aux adultes et d’autres aux enfants, comme ce devrait être le cas dans tous les films d’animation familiaux. Le film déborde d’esprit, ce qui m’a beaucoup impressionné.

L’histoire est aussi bien tournée. Croyez-moi, la bande-annonce ne révèle qu’une fraction des péripéties du film. Je me suis émerveillé devant la qualité du récit. Les nombreux coups de théâtre – dont certains sont impossibles à voir venir – risquent de plus de faire l’envie des scénaristes de production pourtant beaucoup plus sérieuses.

Sans être du niveau de Pixar, l’animation des programmeurs de DreamWorks est impressionnante. Les vêtements et les expressions faciales des animaux valent particulièrement le coup d’oeil.
La morale sur la capacité des gens à changer aurait par contre pu être plus développée.

Cela n’a pas empêché mon garçon âgé de 10 ans d’adorer le film. Une fois le visionnement terminé, il m’a demandé si, sur le chemin du retour à la maison, on pouvait s’arrêter pour acheter le DVD!

À nos yeux, Les Méchants est drôle en, pour reprendre une expression utilisée dans le film qui m’a fait crouler de rire, «boule de poils et clopinettes»!

(Quatre étoiles et demie sur cinq)

 

Les Damnés

Même s’il ne déborde pas d’originalité, le film d’horreur britannique Les damnés (The Cursed; disponible en vidéo sur demande) est une variation visuellement recherchée et hautement atmosphérique de la fable du loup-garou.

L’Anglais Sean Ellis fait ses débuts au cinéma commercial alors qu’il signe le scénario et la réalisation de cette oeuvre qu’il est possible de louer sur Prime Video et Apple TV+, notamment.

L’histoire se déroule à la fin du 19e siècle, en France, sur le domaine d’un riche seigneur – où tout le monde parle anglais… -, Seamus Laurent (Alistair Petrie). Un jour, des Gitans débarquent, affirmant être les propriétaires légitimes des terres.

Laurent n’est évidemment pas prêt à céder son domaine. Il ordonne alors l’attaque. Les Gitans sont massacrés, leur chef démembré et une «sorcière» enterrée vivante… mais pas avant d’avoir maudit le seigneur.

Les habitants du domaine se mettent alors à faire des cauchemars dans lesquels ils revivent le massacre. Attirés par le lieu du crime, des enfants déterrent une petite boîte qui contient un dentier d’argent ayant appartenu aux Gitans.

Mû par une force incontrôlable, un des enfants attaque le fils du seigneur et le mord. La jeune victime s’enfuit dans la forêt. Quelques jours plus tard, les habitants du domaine sont traqués par une bête…

Les damnés renferme un paquet de bonnes idées qui sont malheureusement perdues dans un film inutilement long et compliqué.

Le lien entre les scènes d’ouverture et de fermeture est brillant, tout comme la référence aux pièces d’argent de Judas Iscariote et à la bête du Gévaudan (si ce dernier sujet vous intéresse, je vous conseille l’excellent film français Le Pacte des loups, avec Vincent Cassel, lancé en 2001).

Tout ça est malheureusement dilué par les redondants cauchemars des censitaires et l’ennuyeuse histoire d’un pathologiste qui est embauché pour traquer la bête.

Si le récit est boiteux, la cinématographie est, elle, très au-dessus de la moyenne. La scène du massacre, filmée en un seul long plan, est particulièrement mémorable.

Mis à part quelques moments sanguinolents, Les damnés effraie davantage par son atmosphère angoissante que par les actions de sa bête, étrange mélange entre un loup-garou, un vampire et un chupacabra.

Au final, le film d’Ellis constitue un visionnement intriguant en raison de ses qualités visuelles, mais n’a absolument rien d’incontournable pour ceux qui sont à la recherche d’une bonne frousse.

(Deux étoiles et demie sur cinq)

 

Outer Range

Plusieurs séries ont tenté d’imiter Twin Peaks (1990-91) et Lost (Perdus; 2004-2010) en amincissant la frontière qui existe entre la science-fiction et la télévision ancrée dans le réel. Bien peu sont devenues des succès. La dernière en date à tenter sa chance: Outer Range (Prime Video).

Difficile de raconter Outer Range sans vendre la moindre mèche. Résumons en disant qu’il s’agit de l’histoire de la famille Abbott, propriétaire d’un ranch au Wyoming. Le patriarche, Royal (Josh Brolin) a deux fils: Perry (Tom Pelphrey), dont la femme est portée disparue depuis près un an, et Rhett (Lewis Pullman), un jeune homme qui tente de faire carrière dans l’industrie du rodéo malgré son manque de sérieux.

Royal a aussi des ennuis avec ses voisins, les Tillerson, dont le chef du clan, Wayne (Will Payton) meurt d’envie d’acquérir des terres appartenant aux Abbott.

Il n’y a rien de bien surnaturel là-dedans, me direz-vous. Et je vous répondrai que vous avez raison. Sauf que je ne vous ai pas encore parlé de l’étrange trou sans fond qui s’est matérialisé dans un des champs des Abbott, d’une mystérieuse campeuse (Imogen Poots), de fragments de roches qui suscitent la convoitise et de montagnes qui disparaissent. Il est aussi question de… voyage temporel.

Pas besoin de vous dire que le pauvre Royal en a plein les bras!

Six des huit épisodes de (la première saison?) la série sont en ligne. Les deux derniers pourront être vus vendredi prochain.

Premier constat: Outer Range est une série qui ne s’assume pas. On sent que le créateur/scénariste Brian Watkins tente de nous amener vers une destination totalement disjonctée. Tel un Petit Poucet, il sème ici et là des indices démontrant que sa série a davantage à voir avec Fringe (2008-2013) et Docteur Strange qu’avec La petite maison dans la prairie.

Le hic, c’est qu’après quatre heures d’écoute, on ignore encore où Watkins veut en venir – probablement parce qu’il souhaite s’ancrer le plus possible au réel, tout en limitant au minimum les éléments de science-fiction.

Cela donne une série qui pique notre intérêt, mais qui ne nous donne malheureusement pas de réelle motivation de voir la suite.

C’est dommage parce que les décors des Rocheuses sont magnifiques, que le vétéran Brolin est fidèle à lui-même (intense et convaincant) et que le symbolisme (le bison, la couleur jaune) est omniprésent.

À voir si vous avez beaucoup de patience et de temps. La récompense pourrait en effet être exceptionnelle. En contrepartie, il se peut que vous perdiez inutilement huit heures de votre vie.

(Trois étoiles sur cinq)

 

À surveiller

Shining Girls
(Sur Apple TV+ depuis vendredi)
Elizabeth Moss (L’homme invisible, The Handmaid’s Tale) aime bien jouer les victimes qui se prennent en main. Elle nous refait le coup dans cette série dans laquelle elle interprète une archiviste traumatisée.

Ozark – saison 4, partie 2
(Sur Netflix depuis vendredi)
Né en 2017, ce grand succès de Netflix se conclue avec sept épisodes lors desquels Ruth (Julie Garner) devrait prendre sa revanche sur le cartel.

Disney Gallery: The Book of Boba Fett
(Sur Disney+ lundi)
Si vous avez aimé la série-événement, voici votre chance d’en découvrir les coulisses.

Star Trek: Strange New Worlds
(Sur Crave jeudi)
Les récentes séries de la saga Star Trek sont loin d’être devenues des phénomènes culturels. Voyons si celle-ci, qui met en scène de jeunes Kirk (Anson Mount) et Spock (Ethan Peck), générera un début d’engouement.

The Pentaverate
(Sur Netflix depuis jeudi)
L’inimitable Mike Myers joue pratiquement tous les personnages de cette série humoristique de six épisodes au cours de laquelle un journaliste canadien se retrouve impliqué dans une conspiration.

Docteur Strange dans le multivers de la folie

(En salles vendredi)
Dans ce 28e film de l’Univers cinématographique Marvel, Docteur Strange (Benedict Cumberbatch) fait face à une destructrice version de lui même venue d’un autre univers. Scarlett Witch (Elizabeth Olsen) sera du combat, tout comme, dit-on… des X-Men.

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