La semaine dernière, Statistique Canada publiait les données du recensement de 2021 sur la répartition de la population selon l’âge, laquelle nous permet d’en savoir davantage sur le vieillissement démographique au Nouveau-Brunswick et ailleurs au pays.

Comme il fallait s’y attendre, la population provinciale a passablement vieilli depuis le recensement de 2016. L’an dernier, 23 pour cent des Néo-Brunswickois étaient âgés de 65 ans ou plus. En 2016, c’était seulement 19 pour cent.

La bonne nouvelle, c’est que le Nouveau-Brunswick vieillit toutefois plus lentement car il accueille bien davantage de nouveaux arrivants qu’auparavant.

Les gens qui viennent s’établir ici sont en quelque sorte notre fontaine de jouvence, et ce pour deux raisons. D’une part, la majorité d’entre eux sont de jeunes adultes, ce qui signifie que leur arrivée diminue immédiatement notre moyenne d’âge. D’autre part, comme ils sont en âge d’avoir des enfants et d’élever une famille, ils contribuent à augmenter la population de jeunes, de même que le taux de natalité.

Cela dit, la pyramide des âges d’une communauté est d’abord et avant tout le reflet de son passé. Ainsi, une collectivité qui a vu ses jeunes quitter en grand nombre pendant des années va presqu’inévitablement afficher une population bien plus âgée qu’une collectivité qui a accueilli de nombreux nouveaux arrivants.

C’est donc dire que, même lorsque la situation d’une collectivité s’améliore, le passé peut continuer de peser très lourd.

Prenons l’exemple de la ville de Dalhousie, laquelle a été frappée dur par le déclin économique au fil des années. Les choses semblent enfin aller dans la bonne direction dans cette municipalité. Sa population est en essor et elle compte un plus faible pourcentage de personnes âgées qu’il y a cinq ans.

Le hic, c’est que Dalhousie demeure l’une des collectivités les plus âgées au Nouveau-Brunswick. L’âge médian y est de 58 ans et la part occupée par les aînés s’y élève à 37 pour cent.

Ce qui s’applique à l’échelle des collectivités s’applique aussi à celle des régions. Tout comme Dalhousie, le Nouveau-Brunswick rural francophones (les quatre comtés du Nord de même que celui de Kent) est significativement plus âgé que le reste de la province. L’âge médian à Edmundston, Campbellton et Bathurst est de 53 ans. C’est 11 ans de plus qu’à Moncton et 6 ans de plus que dans l’ensemble du Nouveau-Brunswick.

Il y a deux raisons pour cela. La première, c’est que le baby-boom au Canada a été beaucoup plus fort dans les régions catholiques et rurales, deux caractéristiques propres au Nouveau-Brunswick rural francophone. La seconde, c’est qu’au fil du temps, la région a perdu bien davantage de gens au profit des autres régions qu’elle n’en a gagné.

Contrairement à la ville de Dalhousie et au reste de la province, cependant, le Nouveau-Brunswick rural francophone n’a pas connu une croissance appréciable de sa population depuis le recensement de 2016. En conséquence, la région continue de vieillir beaucoup plus rapidement.

Au cours des cinq dernières années, la proportion d’aînés y est passée de 23,4 à 27,8 pour cent. Dans le reste du Nouveau-Brunswick, celle-ci a augmenté presque deux fois plus lentement, passant de 18,7 à 21,2 pour cent.

C’est donc dire que le gouffre démographique qui sépare le Nouveau-Brunswick rural francophone du reste de la province ne fait que s’agrandir. La seule solution d’envergure pour améliorer la situation est d’accueillir bien davantage de nouveaux arrivants. Les défis à cet égard sont nombreux, à commencer par le logement et les transports.

Au risque de se répéter, nous sommes à un moment marquant. C’est la vitalité et la qualité de vie de la région, de même que l’équilibre linguistique de la province qui sont en jeu.

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