Vingt-huitième film de l’Univers cinématographique Marvel, Docteur Strange dans le multivers de la folie (en salle depuis jeudi) est de loin, très loin en fait, l’œuvre la moins familiale de la saga.

On retrouve le Maître des arts mystiques (Benedict Cumberbatch) alors qu’il vient en aide à une adolescente pourchassée par une espèce de pieuvre démoniaque. L’adolescente en question s’appelle America Chavez (Xochitl Gomez) et possède le très convoité et extrêmement rare pouvoir de voyager dans le multivers.

Docteur Strange réalise rapidement que c’est l’Avenger Wanda Maximoff (Elizabeth Olsen) qui souhaite s’accaparer le don d’America. À la suite de la mort de son conjoint Vision, Wanda s’est tournée vers les arts occultes, ce qui a fait ressortir le pire en elle. Elle n’a maintenant qu’une seule obsession: voyager dans le multivers afin de s’installer dans un monde où elle est heureuse avec ses enfants.

S’amorce alors un combat magique et par moment hautement psychédélique entre Wanda et le Docteur Strange, qui fera voyager le sorcier dans des univers totalement différents du nôtre.

Le moins que l’on puisse dire, c’est que Docteur Strange dans le multivers de la folie s’écarte de la très générique formule Marvel. En plus des univers multiples, il y est question de possession, de morts-vivants, de démons, d’un grimoire occulte et du monde entre les mondes.

Le cinéaste Sam Raimi (Spider-Man; 2002) n’a pas eu à chercher bien loin pour distiller une touche d’horreur à son film: plusieurs scènes semblent en effet sorties tout droit de deux de ses premiers opus, Evil Dead (1981) et Army of Darkness (1992). Des moments dignes de vos pires cauchemars. Dans un film Marvel!

La musique joue un très grand rôle dans l’ambiance lugubre de l’oeuvre. On ne se surprend donc pas qu’elle a été composée par Danny Elfman, celui qui nous a donné la trame sonore de deux des films les plus gothiques des quatre dernières décennies: Batman (1989) et Beetlejuice (1988).

Docteur Strange dans le multivers de la folie est aussi le premier film de l’Univers cinématographique Marvel (UCM) à prendre en compte des événements qui se sont déroulés dans les séries télévisées lancées ces deux dernières années sur Disney+.

Pour comprendre la transformation de Wanda, un visionnement de WandaVision (2021) est nécessaire – mais pas obligatoire. Un personnage de What If (2021) fait aussi une apparition, tout comme le groupe des Illuminati, invoqué pour la première fois dans Loki (2021).

Parlant des Illuminati, ils font leur entrée dans le deuxième acte. Je m’en voudrais d’en dire trop. Sachez simplement qu’il s’agit d’un des meilleurs moments post-Thanos de l’UCM.
Deux morceaux de robot aussi au scénariste Michael Waldron qui, tout en racontant une histoire qui se tient, est parvenu à instiller au film une intéressante réflexion sur les périls associés à la recherche du bonheur à tout prix.

Mais Docteur Strange dans le multivers de la folie vaut-il le visionnement? C’est certainement un incontournable pour les nombreux fanatiques de Marvel. Les gens à la recherche d’un divertissement qui allie humour, action et terreur peuvent aussi se laisser tenter. Ceux qui suivent les aventures des Avengers d’un oeil distrait peuvent par contre passer leur tour: ce Docteur

Strange n’a rien d’un incontournable dans le de plus en plus gigantissime portrait qu’est l’UCM.

(Quatre étoiles sur cinq)

 

Moon Knight

Après la mythologie nordique, la magie les univers multiples, les pierres d’infinité et les extra-terrestres, ce n’était qu’une question de temps avant que l’Univers cinématographique Marvel s’enfonce davantage dans le fantastique en incorporant les divinités égyptiennes.

La nouvelle série Moon Knight, dont le sixième et dernier épisode a été mis en ligne mercredi, nous transporte au Caire, dans un monde où les dieux égyptiens influencent le monde par le biais d’avatars humains.

Le très introverti égyptologue britannique Steven Grant (Oscar Isaac) est un de ces avatars. Il est le serviteur du dieu de la lune, Khonshu, une espèce d’oiseau de proie au crâne osseux qui se dit justicier en tuant les «indignes».

Quand Khonshu part en mission, il devient un héros appelé Moon Knight (photo). Mais ce n’est pas Steven qui est aux commandes, mais bien Marc Spector (Isaac), un chasseur de primes qui est une personnalité refoulée de Steven.

Un jour, un zélote du nom d’Arthur Harrow (Ethan Hawke) se met en tête de ressusciter le dieu Ammit. S’il y parvient, Harrow pourrait éradiquer une grande partie de l’humanité puisqu’Ammit juge les humains en fonction de leurs intentions et vole l’âme de ceux dont le coeur est habité par le mal et la violence.

Il en revient à Khonshu de stopper Harrow. Pour ce faire, Steven et Marc devront apprendre à cohabiter et collaborer au sein du même corps. Chose plus facile à dire qu’à faire…

Je vais être franc avec vous: Moon Knight n’est pas une grande série. L’intrigue est ennuyeuse et fait tellement appel au fantastique et à la mythologie égyptienne qu’elle est presque impossible à suivre. Le vilain est de plus très générique.

Pour tout dire, je n’ai tout simplement pas embarqué dans cette insipide soupe égyptienne totalement saugrenue.

Par contre… Moon Knight vaut le coup d’oeil pour deux raisons.

La première: Oscar Isaac (Poe Dameron dans la saga Star Wars). Le Guatemaltèque interprète Steven et Marc, deux personnages totalement différents, avec un brio extrêmement impressionnant. Isaac brille dans la peau de Steven, un homme dont le pathétisme est à l’origine de l’excellent humour de la série. Le dédoublement de personnalité y est d’ailleurs montré sous un jour très original et hilarant.

La seconde: le mystérieux Moon Knight. En tant que tel, cet antihéros n’a rien d’exceptionnel. Mais les rares fois qu’il apparaît, on a droit à certaines des plus belles images jamais tournées par Marvel.

Dommage qu’on passe tant de temps avec les grotesques dieux égyptiens et pas assez avec Moon Knight…

(Trois étoiles sur cinq)

 

How I Met Your Father

Fade, générique et dépourvue d’originalité, la série How I Met Your Father (Disney+) n’arrive pas à la cheville de l’émission culte dont elle est dérivée, How I Met Your Mother (2005 à 2014).

Diffusée pendant neuf saisons sur les ondes de CBS, How I Met Your Mother (HIMYM) racontait comment Ted Mosby (Josh Radnor) avait rencontré celle qui allait devenir son épouse et la mère de ses deux enfants.

How I Met Your Father (HIMYF) se déroule dans le même univers et reprend le même concept: Sophie (Hilary Duff, photo) explique à son fils comment elle a fait la connaissance de l’homme qu’est son père.

À raison d’un nouveau chaque mercredi, les dix épisodes de HIMYF sont disponibles sur le service Star de Disney+. Le dixième et dernier de la saison 1 a été mis en ligne mercredi.

Malheureusement, HIMYF n’arrive pas à la cheville de la série originale. Même pas proche, en fait.

Il est tout d’abord très difficile de s’identifier au personnage de Sophie. Ted Mosby avait ses défauts, mais comment sympathiser avec une femme dans la trentaine qui affirme avoir eu une centaine de rendez-vous galants dans la dernière année sans parvenir à s’attacher à quiconque? Superficielle, vous dites?

Il faut dire que Hilary Duff – une ancienne adolescente vedette qui a connu une immense popularité au début des années 2000 – n’est pas une grande comédienne. Son sourire – dont elle abuse – est magnifique, mais elle n’a pas la répartie nécessaire pour être le personnage principal d’une comédie de situation.

En fait, je suis généreux quand j’écris que HIMYF est une comédie. Parce que la vérité, c’est qu’on ne rit à peu près pas. Les gags sont télégraphiés et usés. Sans compter qu’il y a quelque chose de profondément dérangeant d’entendre (sans raison) des rires en cannes toutes les 14 secondes.

L’intrigue est prévisible alors que les personnages sont clichés et à peu près pas développés. On est loin de l’humour à deux et parfois trois niveaux de HIMYM où les retours en arrière et les jeux de coulisse donnaient des épisodes éclatés et totalement originaux.

En fait, je suis prêt à affirmer qu’il y avait plus d’originalité dans n’importe quel des 208 épisodes de HIMYM que dans toute la première saison de HIMYF. Il y a aussi plus de charisme dans le petit orteil du personnage de Barney Stinson (Neil Patrick Harris) qu’il y en a dans toute la distribution de HIMYF.

À éviter.

(Une étoile et demie sur cinq)

 

À surveiller

The Wilds – Saison 2

(Sur Prime Video depuis vendredi)
Lancée il y a deux ans, la première saison de cette série m’avait profondément charmé. C’est l’histoire de huit adolescentes souffrant de problèmes de comportement dont l’avion s’écrase sur une île déserte. L’unicité de la série: les jeunes femmes prennent part à une expérience sociologique à leur insu…

Bosch: Legacy
(Sur Prime Video depuis vendredi)
Les sept saisons de la série Bosch, adaptées des romans policiers de Michael Connelly, on été des succès commerciaux et critiques. La série dérivée Legacy met en vedette un inspecteur Bosch (Titus Welliver) maintenant retraité, dont la fille, Maddie, travaille à son tour pour la police de Los Angeles.

Welcome to Eden
(Sur Netflix depuis vendredi)
Envie d’un peu de mystère et d’exotisme? Cette série espagnole de huit épisodes raconte l’histoire de quatre influenceurs qui se rendent sur une île afin de participer à une grande fête. Ils découvriront rapidement que la fête en question a un petit quelque chose de menaçant…

Loin du Périph
(Sur Netflix depuis vendredi)
Netflix poursuit son association avec le comédien français Omar Sy (Lupin). Cette fois, il interprète un policier dans un film où deux agents à la personnalité totalement aux antipodes doivent collaborer dans une enquête. Existe-t-il un thème plus usé au cinéma?

Rebel
(Sur Disney+ mercredi)
Cette série raconte l’histoire d’Annie Bello (Katey Sagal; Sons of Anarchy), une femme fonceuse dont le travail a été inspiré par le film culte Erin Brokovich (2000), avec Julia Roberts.

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