La semaine dernière, nous avons discuté du fait que le Nouveau-Brunswick rural francophone vieillit beaucoup plus rapidement que le reste de la province. Cette semaine, nous discutons des conséquences économiques et sociales de ce phénomène.

La première, c’est que la région voit une plus grande part de sa main-d’œuvre prendre sa retraite chaque année. Cela signifie bien sûr qu’elle a besoin de plus de travailleurs pour remplacer les départs à la retraite. Malheureusement, comme elle est plus âgée, la région compte moins de jeunes qui se joignent au marché du travail.

Ce n’est pas tout. Le Nouveau-Brunswick rural francophone compte bien davantage d’aînés. L’an dernier ceux-ci représentaient 28 pour cent de sa population, contre seulement 21 pour cent dans le reste de la province. Cela veut dire que la région affiche de plus grands besoins en matière de soins de santé et autres services pour aider les aînés à vieillir dans la dignité.

Pour répondre à ces besoins qui grandissent rapidement, il faut plus de main-d’œuvre. Or, celle-ci doit bien venir de quelque part, que ce soit au sein de la population déjà en place — qui ne cesse de vieillir — ou encore de l’extérieur de la région.

Le Nouveau-Brunswick rural francophone est donc confronté à l’implacable réalité que si rien ne change, ses entreprises seront bien davantage frappées par la pénurie de main-d’œuvre que celles du reste de la province.

Cela dit, les employeurs de la région ne sont pas tous égaux devant cette pénurie.

Certaines entreprises, comme celles qui sont en bonne posture financière et qui doivent demeurer dans la région pour exploiter ses ressources naturelles, vont faire des pieds et des mains pour trouver la main-d’œuvre nécessaire au maintien de leurs activités.

Plusieurs autres, par contre, n’ont pas les moyens de prendre le taureau par les cornes de la sorte. On peut penser notamment à certaines entreprises dans le secteur du tourisme et bien d’autres qui ne peuvent se permettre une escalade des salaires. Si elles ne parviennent pas à trouver la main-d’œuvre dont elles ont besoin, celles-ci devront malheureusement réduire leur présence locale, déménager ailleurs ou encore fermer boutique.

Le pire, c’est que nous n’avons encore à peu près vu que la pointe de l’iceberg en ce qui a trait aux conséquences économiques et sociales du vieillissement accéléré de la région.

Les baby-boomers les plus jeunes vont avoir 57 ans cette année. Le départ à la retraite graduel de cette génération, qui représente 35 pour cent de la population de la région (contre 27 pour cent dans le reste de la province), va donc se poursuivre pendant le reste de la décennie.

Entretemps, les baby-boomers les plus âgés atteindront 76 ans cette année. Il est bien connu que besoins en matière de services de santé et autres soins aux aînés augmentent exponentiellement au fur et à mesure que ceux-ci avancent en âge. La demande pour ces services ne va donc aller qu’en s’accélérant. Pourtant, notre système de soins de santé ne tient déjà qu’à un fil, les pénuries de personnel planant au-dessus de lui comme une épée de Damoclès.

La seule solution d’envergure pour la région est d’accueillir bien davantage de nouveaux arrivants. Malgré que son bilan cet égard s’améliore quelque peu, elle continue de tirer lamentablement de l’arrière par rapport aux grands centres du sud.

Les défis pour remonter la pente démographique sont colossaux, à commencer par le logement. Alors que la région aura besoin de milliers, voire de dizaines de milliers de nouveaux arrivants, son parc immobilier résidentiel affiche déjà complet.

Si rien n’est fait pour faire face à cet urgent problème, le déclin accéléré du Nouveau-Brunswick francophone rural est inévitable.

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