La ministre des Langues officielles, Ginette Petitpas-Taylor, annonçait plus tôt cette semaine le début des consultations en vue du Plan d’action sur les langues officielles, dont la prochaine itération quinquennale sera mise en œuvre en 2023. La ministre planifie des arrêts dans chaque province et territoire, parfois à plusieurs endroits, afin d’entendre le son de cloche des communautés de langue officielle en situation minoritaire sur ce que devraient être leurs priorités pour les cinq prochaines années.

Pour rappel, en 2018, le plan assorti d’une enveloppe de 2,7 milliards $ regroupait ses priorités en trois piliers: le renforcement des communautés (passant entre autres par l’immigration, la petite enfance et les lieux de rassemblement communautaires); l’accès aux services (en matière d’enseignement, de justice et de soins de santé); et la promotion du bilinguisme – en particulier auprès de la majorité anglophone.

La consultation avec les communautés de langue officielle est bien sûr nécessaire pour le gouvernement fédéral, afin de s’assurer que ses efforts – et son financement – répondent aux besoins sur le terrain. On ne peut pas être contre la vertu; il est tout à fait normal que la ministre souhaite s’asseoir avec les parties prenantes de cette politique publique importante afin de bien comprendre leur vision d’avenir.

Cela dit, le début de ces consultations, alors que la loi qui doit guider le gouvernement fédéral dans ses actions en matière de langues officielles n’est, pour sa part, toujours pas modernisée, donne un peu l’impression de mettre la charrue avant les bœufs.

Force est quand même de constater que la seconde mouture du projet de loi, déposée aux Communes en mars dernier, n’est pas encore rendu au stade d’étude en comité parlementaire, et qu’il ne l’atteindra semblablement pas avant les vacances d’été. À cette vitesse, il serait surprenant de voir le projet de loi obtenir la sanction royale avant la fin de 2022.

On pourrait se dire que rien n’empêche le gouvernement fédéral de faire «comme si» la Loi sur les langues officielles avait déjà été modernisée et de s’assurer que le nouveau Plan d’action réponde aux nouvelles responsabilités que veut investir le fédéral, entre autres en matière de promotion des langues officielles, un domaine où la nouvelle loi fait preuve d’innovation marquée par rapport à son ancienne mouture. Mais le plan aurait une direction autrement plus solide si on s’assurait qu’il ait ses assises sur une nouvelle loi adoptée en bonne et due forme.

Par ailleurs, on comprend que le temps presse pour assurer que cette politique publique, qui est maintenant une tradition depuis sa première itération sous Stéphane Dion en 2003, soit opérante à l’échéance du plan 2018-2023, mais il ne faut pas perdre de vue qu’un plan d’action a une vie de cinq ans, alors qu’une loi, pour sa part, peut durer des décennies.

Bref, ces consultations seront le moment pour la ministre de démontrer qu’il est possible de faire avancer ces deux dossiers cruciaux en même temps.

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