J’ai hâte au jour où le gouvernement provincial se donnera pour mandat de sécuriser certaines routes du Nouveau-Brunswick.

Une jeune femme de la Péninsule acadienne vit cette semaine un moment cauchemardesque qui restera à jamais marqué dans sa mémoire: une tentative d’enlèvement sur la route 180, appelé le chemin des ressources.

On connait tous ce raccourci, coupé du reste de la province, qui relie les municipalités de Bathurst et de Saint-Quentin sur près de 150 km.

L’emprunter peut faire économiser une bonne heure de conduite à ceux qui préfèrent s’y aventurer plutôt que de prendre le détour vers Campbellton, ce qui en fait une route achalandée d’automobilistes du Nouveau-Brunswick et du Québec.

Le problème, avec le chemin des ressources, c’est qu’il n’y a ni signal téléphone, ni endroit pour s’arrêter en cas de pépin. C’est une bonne heure et demie de conduite dans une forêt dense dont le pavé est marqué par le passage des gros camions.

Les dangers de la route 180 ne sont pas un sujet nouveau et les conducteurs qui l’empruntent savent qu’ils doivent redoubler de prudence lorsqu’ils s’y engagent. Un accident est vite arrivé et sans réseau téléphonique pour appeler les secours, on peut rapidement se retrouver dans le pétrin.

Lorsque je dois obligatoirement m’arrêter pour un arrêt pipi dans cette route à part du monde, je le fais rapidement, car je ne me sens pas en sécurité à l’extérieur de la voiture.

Ce ne sont pourtant pas les ours et les orignaux qui me donnent froid dans le dos… ce sont les gens mal intentionnés, l’idée d’être une femme seule qui tombe au mauvais endroit, au mauvais moment.

Lorsque j’ai vu circuler sur les médias sociaux la tentative d’enlèvement de Shannie-Lee Brideau Noël, qui s’est arrêtée de bon coeur pour aider une femme sur le bord du chemin, mes préoccupations ont été confirmées.

Le chemin des ressources est un endroit favorable à la criminalité et on n’a aucune idée de tous les événements qui s’y déroulent probablement: c’est peut-être une route empruntée pour les trafics humains ou encore par les trafiquants de drogues. On ne le sait pas puisqu’elle n’est pas surveillée.

Je crois qu’il est temps que le gouvernement s’arrête sur cette section dangereuse de la province et qu’il se questionne enfin de trouver des solutions qui permettront de rendre l’endroit plus sécuritaire.

Pour avoir fait la route un peu partout au pays ces six dernières années, j’ai toujours été fascinée par l’aide-routière offerte chez nos voisins comparativement à ce que nous avons au Nouveau-Brunswick.

Par exemple, les haltes routières au Québec qui permettent aux automobilistes de s’arrêter tous les quelques kilomètres, dans un endroit sécuritaire en abord de l’autoroute et où l’on peut trouver non seulement des téléphones publics, mais aussi un service de wifi gratuit.

Qu’est-ce qui empêche notre gouvernement de mettre en place un système semblable dans les autoroutes à l’écart des regards? Ne serait-ce pas une bonne idée d’avoir des haltes routières avec un téléphone, où nous réfugier en cas de problèmes? Pour appeler les secours, une ambulance?

C’est certainement un dossier auquel il faudra s’arrêter tous ensemble afin de trouver des solutions qui favoriseront la sécurité des automobilistes qui l’empruntent.

N’attendons pas que l’inévitable se produise avant de se pencher sur le problème puisqu’il s’est presque déjà produit avec Shanie-Lee Brideau Noël la semaine dernière.

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