La semaine dernière, le gouvernement de Blaine Higgs décidait finalement d’ouvrir un peu son portefeuille pour aider les Néo-Brunswickois à très faible revenu à faire face à la hausse marquée du coût de la vie. Ainsi, il consacrera 20 millions $ pour offrir des chèques de 225$ aux personnes vivant seules et de 450$ aux familles.

C’est un pas dans la bonne direction. Cependant, comme ce fut le cas pour le budget de mars dernier, le gouvernement se montre trop chiche et ne fait que parer au plus urgent.

En principe, la décision de cibler les ménages à faible revenu était la bonne. Il faut se rappeler que tous ne sont pas égaux devant d’inflation.

En avril, le niveau des prix au Nouveau-Brunswick était en hausse de 7,6 pour cent par rapport à pareille date l’an dernier. Cette hausse, la deuxième plus forte au pays, était propulsée principalement par les objets de consommation de base: l’essence (en hausse de 38 pour cent), les aliments (en hausse de 10 pour cent) et le logement (en hausse de 7 pour cent).

Les ménages à faible revenu sont disproportionnément affectés par l’inflation pour deux principales raisons. D’abord, contrairement aux ménages plus aisés, ils consomment à peu près tout ce qu’ils gagnent. Ensuite, ils consacrent presque l’ensemble de leurs revenus sur les trois composantes essentielles mentionnées ci-dessous.

Si la décision du gouvernement de cibler son assistance était la bonne, il faut dire cependant qu’il ne ratisse clairement pas assez large.
Selon le communiqué émis la semaine dernière, les mesures d’aide ne vont s’appliquer qu’à environ 75 000 personnes, soit moins de 10 pour cent de la population néo-brunswickoise. C’est beaucoup trop peu.

Plusieurs commentateurs et intervenants ont également souligné que l’aide annoncée n’était pas suffisante pour aider les gens à faire face à la hausse du coût de la vie. Ils ont raison, surtout si c’est tout ce que le gouvernement a l’intention de faire dans ce dossier.

Jusqu’à présent, le gouvernement semble croire que la situation que vit le Nouveau-Brunswick est temporaire et que les gens vont bientôt pouvoir mieux respirer.

Ce n’est pas si simple. Certes, la plupart des économistes s’attendent à ce que l’inflation ralentisse considérablement vers la fin de l’année et qu’elle continue de le faire l’an prochain. Il ne faut cependant pas confondre baisse de l’inflation et baisse du coût de la vie. Le coût de la vie va continuer d’augmenter, mais moins rapidement que cette année.

L’an prochain, les ménages à très faible revenu vont sans doute continuer de faire face à un coût de la vie bien plus élevé que ce n’est le cas aujourd’hui. Or, à ce moment-là, il y aura déjà belle lurette que leurs chèques de 225$ ou de 450$ auront été dépensés.

C’est donc dire qu’il faut s’assurer de mettre en place les mesures nécessaires pour venir en aide aux Néo-Brunswickois moins fortunés
qui n’auront pas vu leurs revenus augmenter au même rythme que l’inflation.

Il y a plusieurs moyens pour y arriver.

Depuis quelques années, les prestations d’aide sociale sont liées à l’inflation générale. Il y aurait lieu de considérer une hausse supplémentaire pour reconnaître le fait que l’inflation réelle à laquelle font face les prestataires est beaucoup plus élevée que le chiffre global rapporté par Statistique Canada.

Cela ne serait pas de trop: selon l’organisme de lutte anti-pauvreté Maytree, le Nouveau-Brunswick serait la province qui offre les plus faibles taux d’aide sociale au pays.

Il faut aussi penser aux autres Néo-Brunswickois à faible revenu. Contrairement à ce que raconte le premier ministre Higgs, ce n’est pas l’argent qui manque pour leur prêter main-forte. C’est plutôt l’ambition.

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