Je vous propose de plonger dans les univers du roman policier avec une saga littéraire de Jean-Christophe Rufin et du conte avec l’Acadienne Marie-France Comeau.

Le Flambeur de la Caspienne, Jean-Christophe Rufin

Idéal pour la saison estivale, le roman policier permet souvent de nous échapper de la routine. Avec sa saga policière mettant en vedette le petit Consul atypique d’origine roumaine, Aurel Timescu, c’est l’évasion et le dépaysement garantis. Étant une amatrice des romans de l’auteur membre de l’Académie française (Le Collier rouge, Katiba, Check-Point, Le grand Coeur) qui a remporté le prix Goncourt en 1991 pour Rouge Brésil, j’ai eu envie de découvrir cette série.

Le flambeur de la Caspienne est le troisième livre de la saga. Après la Guinée et le Mozambique, Aurel Timescu débarque à Bakou, capitale de l’Azerbaïdjan ex-soviétique, afin d’occuper le poste de consul adjoint. Celui qui est habitué aux destinations désertiques et épouvantables se retrouve dans une ville pleine de charme, d’une élégance et au climat doux bercé par la brise de la mer Caspienne. Il est renversé, convaincu que ses supérieurs à Paris qui font tout pour le déloger se sont trompés. Or le charme ne dure pas très longtemps puisqu’à l’ambassade française, il fait face à un chef de poste hostile, autoritaire et brutal. Ce dernier lui rappelle qu’il l’a à l’oeil. L’ambassadeur français Gilles de Carteyron est bien décidé à se débarrasser d’Aurel. Il va même jusqu’à demander à son personnel de ne lui donner aucune tâche.

Dans le vaste immeuble, plane le fantôme de l’épouse de l’ambassadeur. Marie-Virginie de Carteyron, photographe, a été victime d’un mystérieux accident en visitant un château dans une république autonome éloignée où il est difficile de se rendre. Une ambiance de terreur règne au sein du personnel diplomatique en présence du chef de poste. Aurel s’intéresse à ce triste événement. Basé sur ses intuitions, il se lance donc dans une enquête afin de découvrir la vérité à propos de cet accident tragique. La piste n’aura jamais été aussi fragile. Il est aidé de la Consule Amélie Laugier qui a aussi des soupçons. L’enquête rocambolesque prend l’ampleur d’une affaire d’État. Il est pris entre la mafia locale, les contrats internationaux et les relations avec le pouvoir en place.

Croyez-le ou non, l’intrigue se transporte jusqu’en Acadie puisque le Consul fait appel à son «Petit oncle», Mihna, un passionné d’entomologie et expert en culturisme qui habite à Moncton, pour obtenir certaines informations. Les personnages dans ce roman sont magnifiques, colorés et pleins de contradictions.

Remarquablement bien écrit, j’aime le ton humoristique au second degré de ce récit, l’émotion, le personnage d’anti-héros aux fausses maladresses, du genre Colombo, à l’allure désuète dans son costume de laine marron et son manteau qui lui va jusqu’aux chevilles. D’ailleurs, toutes les femmes de l’ambassade tombent sous son charme. Excellent pianiste, amateur de vin blanc, fin observateur, il ne passe pas inaperçu.

Un roman prenant jusqu’à la toute dernière page qui nous fait sourire tout en maintenant une bonne dose de suspens. Le romancier réussit à établir un équilibre entre le divertissement, la légèreté et la richesse du contenu.

L’écrivain, médecin et ancien diplomate a publié cinq ouvrages dans la série Les énigmes d’Aurel le Consul, le plus récent étant Notre otage à Acapulco que je me promets de lire. (Éditions Flammarion, 2020).♥♥♥♥

L’arbre de la sagesse, Marie-France Comeau

Dans un concept original, le Festival international du conte de Winnipeg de concert avec le Centre de la francophonie des Amériques propose de visionner 39 contes en ligne, dont celui de l’auteure acadienne de Dalhousie.

Conteuse d’expérience, elle livre ce court récit avec conviction, entrain et beaucoup d’émotions. Les jeunes et les moins jeunes seront conquis.

Tout le monde souhaite quelque chose… la richesse, la santé, l’amour… Voilà qu’un homme cherche avant tout la tranquillité. Dans sa maison, son épouse parle beaucoup, son garçon joue du piano et sa fillette apprend à parler. L’homme va s’asseoir sous un arbre espérant y trouver la tranquillité pourvu qu’il promette d’écouter ce que l’arbre lui dira de faire. Celui-ci considère les consignes un peu étranges.

L’arbre lui demande de transporter de l’étable à sa maison un canard, un coq, puis une vache. C’est le vacarme total. Trouvera-t-il enfin ce qu’il cherche, le calme et la tranquillité?

Marie-France Comeau qui a publié plusieurs ouvrages jeunesse (L’étoile dans la pomme, Un monstre dans ma cuisine, Diego l’escargot) maîtrise bien l’art du conte. Pour cette prestation audiovisuelle, elle est accompagnée en musique par Lucien Allard. Comme beaucoup de contes traditionnels, L’arbre de la sagesse permet de comprendre un peu mieux l’humanité. On souhaite tous quelque chose dans la vie, mais parfois, le bonheur se trouve bien plus près de nous que l’on pense. C’est un peu ce qui ressort dans cette histoire ressemblant à certains égards à une fable.

Les contes provenant de divers pays peuvent être visionnés jusqu’au 30 juin sur le site www.festivalduconte.com/contes2022. ♥♥♥½

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