Juin est arrivé, le beau temps semble vouloir s’installer et l’été est à nos portes. Puisque la campagne Pas de tondeuse en mai est désormais terminée, plusieurs Néo-Brunswickois s’affairent à l’entretien de leur pelouse, une manière de s’attaquer aux pissenlits qui peuplent leurs parterres.

Si certaines personnes détestent les pissenlits – souvent considérés comme une mauvaise herbe – pour des raisons purement esthétiques, d’autres affirment qu’ils contribuent aux allergies saisonnières.

Mais qu’en est-il vraiment? Pierre Janin, un résident de Dieppe, se demande si le pissenlit aggrave réellement les allergies printanières des personnes souffrant du rhume des foins.
Pour le savoir, Question de science a pu compter sur l’expertise du président du Collège des médecins de famille du Nouveau-Brunswick, Dr Ghislain Lavoie.

Pas tous égaux, les pollens

Avant d’en arriver à désigner les pollens responsables des allergies, attardons-nous quelques instants à ce qu’est le pollen.

Les grains de pollen proviennent de l’organe reproducteur mâle des plantes, soit l’étamine.

Une graine pouvant donner naissance à une nouvelle plante est produite lorsqu’une particule de pollen se dépose sur le pistil, l’organe reproducteur des plantes femelles, et la féconde.

Pour ce faire, le pollen doit toutefois être transporté vers l’organe reproducteur des plantes femelles.

Certaines plantes dépendent des insectes afin de transporter leur pollen. Chez d’autres espèces, c’est le vent qui assure la pollinisation.

Les grains de pollen des fleurs transportés par les insectes pollinisateurs sont généralement plus gros et lourds et n’ont pas tendance à s’accumuler dans l’air. Ils ne sont donc que très rarement associés aux problèmes d’allergies.

De manière générale, ce sont les pollens de plantes transportés par le vent qui causent les allergies saisonnières.

«Le pollen du pissenlit est volumineux et lourd ce qui fait qu’il n’y a pas autant de particules dans l’air. Au printemps, ce sont les pollens d’arbres qui causent la majorité des problèmes d’allergies», explique le Dr Lavoie.

Les grains pollen de ces arbres – notamment celui des érables, des saules, des bouleaux et des frênes – sont légers, ce qui leur permet d’être transportés par le vent sur de grandes distances et leur petite taille fait en sorte qu’ils pénètrent dans le système respiratoire des personnes souffrant d’allergies.

Vers la fin de l’été, ce sont plutôt les plantes de la famille des Astéracées, notamment l’herbe à poux, les orties et les armoises, qui causent les symptômes d’allergies saisonnières.

Une réaction démesurée

La question se pose toutefois à savoir pourquoi certaines personnes souffrant du rhume des foins alors que d’autres n’éprouvent pas le même inconfort.

De manière générale, les allergies s’expliquent par une réaction démesurée du système immunitaire face à ce qu’il perçoit être un danger. Dans le cas des allergies saisonnières, le corps perçoit les particules de pollen comme étant une menace.

«Le corps peut reconnaître certains corps étrangers, dont le pollen, comme étant quelque chose qui n’est pas censé être là et potentiellement dangereux, dit Dr Lavoie. Il va donc faire tout ce qu’il peut pour essayer de se débarrasser des particules de pollen, ce qui provoque des éternuements, une surproduction de mucus au niveau du nez ou des larmoiements. Dans le cas des gens qui ne font pas d’allergies, les symptômes seront beaucoup moins sévères, ils auront peut-être un peu de larmes, un peu d’écoulement au niveau du nez, mais la réponse immunitaire n’est pas démesurée.»

Quand le système immunitaire rencontre ces corps étrangers, dans ce cas du pollen, cela entraîne la libération d’histamine, une substance qui déclenche une réponse inflammatoire menant aux symptômes de l’allergie.

C’est la raison pour laquelle les personnes souffrant du rhume des foins peuvent soulager leurs symptômes à l’aide des médicaments antihistaminiques.

«Les antihistaminiques permettent de diminuer la réponse immunitaire. Les antihistaminiques courants, comme le Claritin, l’Aerius ou le Reactine, agissent sur le plus long terme. Souvent, leur efficacité augmente grâce à une utilisation quotidienne. Ils peuvent fonctionner au moment où on en a besoin, mais leur efficacité est maximale lorsque pris régulièrement jusqu’à la fin de la saison d’allergies», précise le Dr Lavoie.

Alors que les antihistaminiques de première génération comme le Benadryl peuvent fournir une action efficace et rapide si un traitement quotidien n’est pas en cours, ils ont le désavantage de causer de la somnolence.

Pour les cas d’allergies plus sévères, notamment les rhinites allergiques, les médecins ont tendance à privilégier des traitements par vaporisation au niveau du nez.

«Dans le cas d’une rhinite allergique, on va plutôt faire appel à un vaporisateur nasal, soit de salin ou de corticostéroïdes, pour régler les symptômes sans avoir recours aux antihistaminiques, ajoute le Dr Lavoie. Certaines personnes font aussi des allergies plus localisées, par exemple au niveau des yeux, et des larmes artificielles peuvent parfois être aussi efficaces que la prise d’un antihistaminique oral, ce qui permet d’éviter les effets secondaires y étant associés.»

  • Journaliste à l’Acadie Nouvelle, Justin Dupuis répond à vos questions de science chaque samedi. Vous pouvez envoyer la vôtre à (justin.dupuis@acadienouvelle.com).

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