On apprenait cette semaine une importante pénurie de personnel dans les rangs des réseaux de santé Vitalité et Horizon: près de 200 postes de médecins sont à combler tandis que pour les infirmières et infirmiers, on parle de 783 postes vacants au Nouveau-Brunswick.

Des professions indispensables et jadis très populaires au sein des cohortes étudiantes qui remplissaient les universités canadiennes dans le temps de mes parents.

Avec tous les efforts consentis à l’accessibilité aux études postsecondaires ces dernières années, je ne comprends pas pourquoi nous avons encore de la difficulté à remplir ces rangs en 2022.

Le chef libéral par intérim, Roger Melanson, proposait en entrevue cette semaine la création de bourses d’études qui aideraient les jeunes qui choisissent ces programmes à payer leurs frais de scolarité. C’est une excellente initiative.

Je pense certainement qu’il faut agir en ce sens et que ce serait une première étape indispensable au recrutement des futurs étudiants en santé dans la province.

Si on veut que les jeunes redonnent à la société et choisissent des domaines aussi importants que les soins de santé, ils doivent sentir qu’ils sont désirés de cette même société et que leurs efforts seront reconnus.

Que nous sommes prêts, nous aussi, à mettre la main à la pâte parce que nous sommes conscients que c’est plus qu’un choix de carrière, c’est un choix altruiste et de société dont nous en bénéficierons tous.

On espère souvent que le système de santé s’améliorera par lui-même, qu’une baguette magique viendra tout transformer. Mais sommes-nous prêts à nous investir pour ce changement et à paver la voie à la jeunesse? Car les jeunes ne feront pas tout le travail à notre place.

Ils ne choisiront pas les sciences infirmières simplement parce que le Nouveau-Brunswick est l’une des provinces les plus vieillissantes du Canada et que c’est un problème auquel on doit s’attaquer.

Ils n’opteront pas à devenir médecins s’ils passent leur temps à entendre la société dépeindre un mauvais portrait de leur future profession.

Car la vérité, c’est que nous critiquons souvent sans savoir. On n’est pas content d’attendre 12 heures à l’urgence pour une entorse, mais on ne sait pas que la docteure est enceinte de huit mois, par exemple, et qu’elle est en poste depuis 48 heures sans avoir eu une seule journée de congé en 21 jours.

Dans nos critiques, on n’est pas conscient que le système de santé nécessiterait 200 médecins et 783 infirmier(e)s supplémentaires pour fonctionner adéquatement.

Oui, il est du ressort de Vitalité et Horizon de remplir leurs postes vacants et de trouver du personnel pour desservir les patients.

Mais ils n’ont pas à en assumer l’entière responsabilité, car le recrutement commence bien avant, sur les bancs d’école au secondaire.

Nous nous devons, comme communauté, d’investir au maximum et à long terme dans des secteurs qui touchent directement le bien-être de notre population et cela commence avec nos médecins et nos infirmières.

Comme le disait JFK, ne nous demandons pas ce que le pays peut faire pour nous, mais demandons-nous plutôt ce qu’on peut faire pour lui… et son système de santé.

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