La défection des deux députés de la People’s Alliance à la fin du mois de mars dernier au profit du Parti progressiste-conservateur avait créé une onde de choc en Acadie. La bonne nouvelle selon le ministre Daniel Allain était que la People’s Alliance mettait fin par la même occasion à son existence comme parti politique reconnu par la directrice générale des élections. Eh bien cette réjouissance aura été de courte durée!

La People’s Alliance vient de renaître de ses cendres et a élu un nouveau chef, l’ancien député allianciste Rick DeSaulniers qui avait été défait lors des dernières élections provinciales. La directrice générale des élections a acquiescé à la demande des dirigeants de la People’s Alliance d’être réengistrée puisqu’il rencontre les conditions de la Loi à savoir élire un chef, avoir des associations locales dans au moins 10 circonscriptions et vouloir présenter 10 candidats aux prochaines élections provinciales.

Même si les coffres du parti sont plutôt vides, deux candidats sont dans la course lors des élections partielles du 20 juin dans les circonscriptions de Baie-de-Miramichi-Néguac et Miramichi-Sud-Ouest-Baie-du-Vin. Lors des élections de 2020, le candidat de la People’s Alliance était arrivé bon deuxième derrière le candidat progressiste-conservateur dans Miramichi-Sud-Ouest-Baie-du-Vin. Le parti avait moins bien performé dans l’autre circonscription avec une lointaine troisième place.

Ces deux élections partielles seront un premier test pour la People’s Alliance après que son ancien chef avait quitté le navire en perdition pour le saborder. Rick DeSaulniers veut conduire son parti davantage au centre de l’échiquier politique concernant la protection de l’environnement. Toutefois, le parti garde le cap au sujet des langues officielles. Il veut toujours une seule régie de santé et l’abolition du poste de commissaire aux langues officielles.

Depuis leur désertion chez les progressistes-conservateurs les deux ex-députés alliancistes se sont faits plutôt discret. Cependant lors d’une entrevue à la CBC le 31 mars dernier, Kris Austin et Michelle Conroy déclaraient qu’ils étaient toujours en faveur d’une fusion des deux régies de la santé et l’abolition du poste de commissaire aux langues officielles. Ces déclarations sont loin d’un mea culpa et d’une adhésion aux buts et aux principes du parti progressiste -conservateur.

Plus récemment Kris Austin réclamait à nouveau une seule régie de santé provinciale. L’article trois de la constitution du parti concernant l’égalité des deux communautés linguistiques stipule ce qui suit: «Nous croyons que la diversité de nos communautés linguistiques constitue une richesse unique de notre province. Nous croyons au bilinguisme officiel et à notre devoir de protéger et de promouvoir nos cultures et notre patrimoine, tout en traitant chaque communauté avec équité et justice».

Résultats des courses, les détracteurs du bilinguisme dans la province ont encore un véhicule politique pour se faire entendre en plus d’avoir au sein du caucus du parti progressiste-conservateur deux anciens députés qui partagent leur valeur au sujet des langues officielles. Il est trop tôt de se réjouir des malheurs de la People’s Alliance et sa disparition éventuelle de la scène politique.

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