L’intégrité de la commissaire au racisme systémique du Nouveau-Brunswick, Manju Varma, a été remis en question cette semaine.

Hier après-midi, le conseiller senior de la commissaire, Robert Tay-Burroughs, a annoncé publiquement qu’il quittait son poste, voyant le travail du commissariat comme étant compromis par les forces politiques à l’œuvre. Selon lui, il doutait que le gouvernement recevrait les recommandations de la commission «de bonne foi et avec un esprit d’ouverture». La commissaire aurait dû être honnête envers les parties prenantes, en particulier les communautés des Premières nations, quant aux limites de ses travaux.

Cette démission venait au lendemain de la publication d’un reportage de la CBC selon lequel la commissaire Varma aurait annoncé en avril dernier son intention d’émettre une recommandation dans son rapport de mi-mandat demandant la création d’une commission d’enquête indépendante sur le racisme envers les peuples autochtones – une demande des chefs de la Première nation Wolastoqey depuis la mort de Chantel Moore en 2020. Cependant, par suite d’une rencontre entre la commissaire, le premier ministre Blaine Higgs, et la ministre des Affaires autochtones Arlene Dunn, le 13 avril, cette recommandation n’a jamais vu le jour. Si un message a été passé à la commissaire lors de cette rencontre, il n’y a pas de doute qu’il a été reçu.

Cette situation n’est pas sans rappeler les actions (ou devrait-on dire, l’inaction) du gouvernement dans le cas d’un autre rapport, celui-ci ayant bel et bien été rendu public – soit le rapport Finn-McLaughlin visant la révision de la Loi sur les langues officielles. Dans ce cas-ci, le processus est mandaté par la Loi depuis 2002; il aurait été bien mal avenu pour le premier ministre de recommander aux commissaires de ne pas remplir leur mandat.

Cependant, force est de constater, plus de six mois depuis le dépôt de ce rapport, que le gouvernement ne semble pas pressé de prendre en compte ou de mettre en œuvre ces recommandations. Comme le soulignait la commissaire aux langues officielles Shirley MacLean il y a quelques jours, le premier ministre n’a pas une seule fois commenté le rapport Finn-McLaughlin en public. Celui-ci a bien promis qu’il ferait une annonce à ce sujet d’ici la fin juin, mais son silence sur ce dossier depuis l’hiver dernier demeure un manque flagrant de respect.

En somme, dans le cas du racisme systémique comme des langues officielles, on a affaire à un gouvernement qui signale de façon évidente qu’il n’est pas à l’écoute, et qu’il ne se soucie guère des besoins de ses minorités. Sauf que pour les peuples autochtones, le résultat de cette sourde oreille est autrement plus troublant: c’est de vies fauchées par des représentants de l’État, comme celle de Chantel Moore, dont il est question.

Les voix importantes de la communauté francophone et acadienne se targuent souvent d’être des alliées des Premières nations voisines. Se feront-elles entendre cette fois-ci pour dénoncer, aux côtés des Mi’kmaqs et des Wolastoqeys, cette interférence politique?

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