Drôle, mais handicapé par un scénario boiteux et décousu, le 29e chapitre de l’Univers cinématographique Marvel (UCM), Thor: amour et tonnerre (Thor: Love and Thunder; en salles depuis vendredi) ne passera pas à l’histoire.

Cette quatrième aventure du dieu nordique se déroule après les événements d’Avengers: Endgame (2019). Après avoir retrouvé la forme, Thor (Chris Hemsworth) fait équipe avec les Gardiens de la galaxie pour libérer des peuples opprimés. Pendant ce temps, Valkyrie (Tessa Thompson) est aux commandes du Nouvel Asgard et la scientifique Jane Foster (Natalie Portman) se meurent d’un cancer particulièrement virulent.

C’est dans ce contexte que Gorr (Christian Bale), un extra-terrestre désabusé et vengeur dont l’enfant est décédé, amorce un génocide des dieux à l’aide d’une arme formidable appelée la nécrolame.

Son objectif: forcer les dieux à lui donner accès à l’Immortel, un lieu mystique où il est possible de faire exaucer un souhait. Thor, Valkyrie, Korg (Taika Waititi) et une Jane Foster revigorée grâce aux pouvoirs du marteau Mjolnir tenteront d’empêcher Gorr de parvenir à ses fins.

Réalisé et coscénarisé par Waititi – qui nous avait aussi donné l’amusant Ragnarok en 2017 -, ce nouveau Thor rappelle un peu Les Gardiens de la Galaxie (2014). Les deux oeuvres sont en effet portées par un humour déjanté, une trame musicale rétro, des décors psychédéliques et une histoire assez générique. Au coeur de ces deux films, un thème universel: la famille pour les Gardiens et l’amour pour Thor.

Ce qui distingue toutefois le film de Waititi des Gardiens – et de tous les chapitres précédents de l’UCM -, c’est son ton exagérément burlesque. C’est assurément le film de superhéros qui se prend le moins au sérieux depuis Deadpool (2016). En résulte une avalanche d’excellentes blagues et de délicieuses situations rocambolesques (ces chèvres…).

Le hic, c’est que le ciment qui unit ces saynètes n’est pas de la meilleure qualité. Le scénario manque en effet de finition. Le pourquoi de la nécessité de freiner Gorr est nébuleux, alors que l’inclusion au récit de Jane Foster n’apporte pas pas grand-chose à l’ensemble – outre quelques moments de fan service.

L’action aurait aussi dû et pu être plus présente – dans un film qui dure pourtant deux heures. Personne ne va pourtant au cinéma pour entendre Thor philosopher, ce qu’il fait un peu trop souvent à mon goût dans Amour et Tonnerre.

On réalise aussi qu’après quatre films, les pouvoirs et la puissance de Thor n’impres­sionnent plus vraiment. On s’ennuie aussi de sa dynamique amour/haine avec Loki.

La cinématographie n’est de son côté pas meilleure ou pire que ce à quoi nous a habitués Marvel ces dernières années. À ce sujet, le moment fort du film survient à la 80e minute, quand l’oeuvre passe en noir et blanc. Bale y est si convaincant, les maquillages si réussis et les images si belles qu’on se croirait revenus à l’époque d’Orson Welles!

En résumé, Thor: Amour et Tonnerre est un film qui brille par son humour, mais dont l’impact sur le grand portrait du MCU est mineur. Une oeuvre qui n’a, au final, malheureusement rien d’incontournable.

(Trois étoiles sur cinq)

 

La Princesse

Quelqu’un chez Hulu s’est probablement un jour dit: et si on tournait un film qui serait un mélange entre Game of Thrones, Kill Bill et La Reine des neiges? Le résultat: La Princesse (Disney+), une oeuvre aussi peu inspirée que son titre.

Au Moyen Âge, un souverain sans fils accepte d’unir son royaume à celui d’un despote sans coeur appelé Julius (Dominic Cooper). Pour ce faire, Julius doit marier la fille aînée (Joey King) du souverain.

La jeune femme en question accepte toutefois mal d’être ainsi donnée. Le jour du mariage, elle fuit avant d’être rattrapée puis enfermée dans la plus haute tour du château.

Déterminée à refuser la main de Julius, la princesse s’enfuit de sa geôle, en route vers sa mission ultime: tuer Julius afin de reconquérir la souveraineté du royaume de son père.

L’idée d’une princesse qui n’a pas besoin d’un chevalier pour la sauver est bien de son temps. Malheureusement, La Princesse, un film du réalisateur vietnamien Le-Van Kiet, est dépourvu de toute substance ou originalité.

Dans ce film – qui tente d’être une allégorie féministe – tous les hommes sont des prédateurs en puissance et toutes les femmes sont des victimes potentielles…

La Princesse est dans la continuité des films d’action féminins aux scènes de combat méticuleusement chorégraphiées, à l’image d’Atomic Blonde (2017), Black Widow (2020), Colombiana (2011), Salt (2010), Tomb Raider (2018) et Hanna (2011).

La princesse passe donc le plus clair du film à combattre contre les sbires anonymes – et plutôt empotés – de Julius. Si King (la vedette de la trilogie The Kissing Booth sur Netflix) impressionne, le tout devient rapidement lassant et redondant, l’histoire avançant à pas de tortue entre chaque scène d’action.

Si les chorégraphies sont réussies, on ne peut en dire autant des effets spéciaux et de la trame musicale, indignes d’un film de cette ampleur. Le vilain Julius est de plus hautement caricatural.

Le plus étrange, c’est que le film aurait peut-être pu impressionner des préado­lescentes. En raison de sa violence, il est toutefois réservé à un public âgé de 18 ans et plus. Or, je vois mal comment une histoire aussi clichée – et qui n’a rien de contemporaine – pourrait inspirer une adulte.

Pour un récit féministe réellement évocateur qui se déroule sensiblement à la même époque, permettez-moi de vous conseiller l’infiniment meilleur Le dernier duel (The Last Duel; 2021).

(Une étoile et demie sur cinq)

 

Stranger Things – Saison 4, volume 2

Même si après quatre saisons, l’intrigue de Stranger Things est chaque fois un peu plus prévisible, le deuxième volume de la saison 4 (mis en ligne sur Netflix le 1er juillet) est une formidable réussite.

Plutôt cet été, sept épisodes de l’avant-dernière saison du phénomène culturel avaient été mis en ligne. Un chapitre dont la longueur – et la lenteur par moment – s’expliquait par l’abondance de personnages et le besoin des créateurs leur accorder du temps d’écran.

À la fin du 7e épisode, notre petite bande de héros était divisée en quatre: Eleven est retenue dans un laboratoire au Nevada; Mike, Jonathan et Will sont en route pour lui porter secours; Jim, Murray et Joyce affrontent des démons en Union soviétique; Lucas, Dustin, Nancy, Steve et Eddie cherchent un moyen d’empêcher Vecna de s’en prendre à Max.

Dans le deuxième volume, qui comprend deux épisodes totalisant plus de quatre heures, les plans de Vecna sont clairs: il souhaite relâcher les créatures du Monde à l’envers à Hawkins. Les héros doivent donc unir leurs forces pour l’en empêcher.

Ça commence en force avec un épisode 8 qui unit de façon très élégante et naturelle les intrigues des quatre premières saisons. On en apprend également davantage sur l’origine de la porte entre les deux mondes et les périls associés à cette frontière fragilisée.

L’épisode 9, en partie inspiré du film culte Red Dawn (1984), est encore meilleur.

Les adolescents élaborent un plan d’attaque sur plusieurs fronts, un peu comme dans Star Wars. Sur papier, le plan est parfait, mais il connaîtra évidemment des complications, un peu comme quand Biff Tannen vient mettre du sable dans l’engrenage des visées de Marty McFly, dans Retour vers le Futur (1985).

Les pépins sont tels qu’à un certain moment, la majorité des héros se retrouvent en danger de mort.

Tout ça se conclut par un bataille finale héroïque sur la musique de Kate Bush. Une scène absolument parfaite, où forces mentale et physique sont mises à contribution. Il aura fallu près de 13 heures d’écoute pour vivre ce moment divin, mais l’attente en valait amplement la peine.

Les deux dernières heures de la saison sont en fait exceptionnelles. La tension est magnifiquement graduée de sorte qu’il est presque impossible de détourner le regard. Il y a longtemps que je n’avais pas été aussi captivé par une émission de télévision!

Après ce succès, tout est maintenant en place pour la cinquième et dernière saison de Stranger Things (probablement en 2024)!

(Quatre étoiles et demie sur cinq)

 

À surveiller

Le Monstre des mers
(The Sea Beast)
(Sur Netflix depuis vendredi)
Après avoir écrit ou réalisé une demi-douzaine de films d’animation pour le compte de Disney (dont Moana), le vétéran Chris Williams fait le saut chez Netflix et nous offre cette histoire dans laquelle une jeune fille remonte les traces d’un légendaire chasseur de monstres marins.

The Anarchists
(Sur Crave dimanche)
Cette série documentaire de six épisodes porte sur un Canadien qui, en 2015, a tenté d’établir un étrange État anarchique (donc, sans gouvernement). Un projet qui a eu des conséquences mortelles…

Kung Fu Panda: The Dragon Knight
(Sur Netflix jeudi)
La saga Kung Fu Panda change de médium et de format! Après trois films au cinéma, les aventures de Po déménagent sur Netflix dans une série de six épisodes. Cette fois, Po fait équipe avec un chevalier britannique afin de dénicher quatre armes convoitées.

Don’t Make Me Go
(Sur Prime Video vendredi)
Dans ce film qui s’annonce très larmoyant, John Cho interprète un père malade qui n’a que quelques mois à vivre. Il part donc en voyage avec sa fille sur les traces de son ex-conjointe – qui les a abandonnés plusieurs années auparavant. L’excellente Kaya Scodelario (Spinning Out) fait aussi partie de la distribution.

Fureur sur pattes
(En salles vendredi)
Dans ce film familial d’animation codé à Montréal par Nickelodeon, un chien rêve de devenir un samurai. Plusieurs voix célèbres sont associées au projet dont Samuel L. Jackson, Ricky Gervais, George Takei, Mel Brooks et Michael Cera.

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