La pandémie a apporté plusieurs changements dans notre société, le plus criant étant selon moi toutes les épreuves que vit maintenant le monde du travail.

Je n’ai jamais vu autant d’emplois vacants et d’employeurs à bout de souffle à la recherche de relève.

Sur la route la semaine passée entre le Nouveau-Brunswick et le Québec, je me suis arrêté deux fois dans des stations-service complètement fermées, faute d’employés.

Mais où sont les gens?

Les grands mouvements de démission de masse commencés aux États-Unis et en Europe l’an passé ont certainement mis la table sur les réflexions individuelles et il faut croire que plusieurs personnes avaient besoin d’un vent de changement.

Et ceux qui ont été le plus touchés oeuvrent dans le service à la clientèle, dans les dépanneurs, les pharmacies, les restaurants, où les clients sont insupportables et que la paie ne reflète pas leurs efforts.

Ce qui est assez étonnant maintenant, c’est que ce ne sont plus les employeurs qui ont le gros bout du bâton, ce sont les employés.

Car contrairement au monde précovid où le travail se faisait rare, les employés ont aujourd’hui la liberté de magasiner leur futur job selon les caractéristiques qu’ils recherchent.

Il y en a tellement présentement que c’est un peu comme ouvrir un catalogue Sears en cherchant dans les sections notre domaine d’emploi et en trouvant celui qui nous convient le mieux.

Et les employeurs de leurs côtés sont confrontés à une nouvelle réalité où ils doivent non seulement vendre leur entreprise aux yeux des candidats, mais aussi leur offrir «plus» que le compétiteur voisin.

Des amis propriétaires d’un commerce me racontaient que durant les entrevues pour un poste de caissière, ils ont été mis à l’épreuve avec des questions du genre: «Est-ce possible de ne jamais travailler les soirs et les weekends? Une autre entreprise me promet cinq semaines de vacances, pouvez-vous m’en donner six? Je vais accepter un emploi pour celui qui paye le plus alors rappelez-moi! ».

J’ai aussi ressenti ce changement dans mon domaine, où les entreprises qui ont adopté le télétravail et l’horaire flexible se sont arrachés les meilleurs employés d’un peu partout au pays, délogeant même des fidèles en poste depuis 25 ans chez leur ancien patron.

À Tracadie, l’entreprise Maison Suprême a choisi de jouer et le jeu et de partir en mode séduction en offrant aux nouveaux salariés des conditions difficiles à refuser, telles que des bonis de présence bimensuels et sept semaines de vacances annuelles.

D’autres offrent des formations gratuites, des abonnements au gym, des bourses d’études pour les enfants, des bureaux neufs et dernier cri, un service de garde… Les employeurs doivent faire preuve de créativité pour recruter.

Nonobstant le fait que ceux-ci sont mis à rude épreuve, je crois que c’est une réflexion sociale que nous aurions dû avoir depuis longtemps et qui poussera le monde du travail à devenir plus clément envers les employés et leurs familles.

Car on comprend à travers ce changement que les gens ne cherchent pas seulement un salaire plus appétissant, mais bien un travail qui leur donnera une bien meilleure qualité de vie.

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