Il y a deux semaines, Statistique Canada nous annonçait enfin une bonne nouvelle en matière d’inflation. Pour la première fois cette année, le panier de biens et services consommé par les Néo-Brunswickois était moins cher en juillet que lors du mois précédent.

Malheureusement, il ne s’agissait sans doute que d’un bref répit, causé principalement par une baisse du cours du pétrole. À moins d’une surprise, l’inflation devrait être de retour dès le mois prochain.

Qui plus est, malgré cette bonne nouvelle, il demeure que le niveau des prix est en hausse de plus de 11 pour cent depuis le début de 2021. Très peu de gens ont vu leurs revenus augmenter ainsi. L’inflation nous a donc presque tous appauvris.

Ce n’est cependant pas le cas pour notre gouvernement provincial. De fait, celui-ci profite de l’inflation pour se refaire une beauté financière.

L’an dernier, le Nouveau-Brunswick a enregistré un surplus estimé à près d’un demi-milliard de dollars, un record. Derrière cet excédent se trouvait une croissance économique spectaculaire d’environ 10 pour cent, un gain sans précédent au cours des trois dernières décennies. L’inflation était responsable d’à peu près la moitié de ce gain.

La hausse des prix devrait continuer de profiter au gouvernement cette année, faisant gonfler ses revenus davantage que ses dépenses.

Ce n’est pas tout. L’inflation ne fait pas qu’améliorer le solde budgétaire du gouvernement. Elle réduit également l’importance de sa dette.

Le meilleur indicateur dont on dispose pour mesurer le niveau d’endettement d’un gouvernement est ce qu’on appelle le rapport «dette-PIB», que l’on obtient en comparant sa dette nette à la taille de l’économie.

En 2015-16, le rapport dette-PIB du Nouveau-Brunswick atteignait un sommet de 41 pour cent. Pendant le reste de la décennie, avec une économie qui reprenait du poil de la bête, une augmentation de la TVH et des transferts fédéraux en forte hausse, ce rapport a baissé graduellement, pour s’établir à 36 pour cent en 2020-21.

Depuis lors, l’inflation a fait fondre le niveau d’endettement provincial comme neige au soleil. Bien que les chiffres officiels ne soient pas encore disponibles, le rapport dette-PIB du Nouveau-Brunswick devrait s’établir à moins de 32 pour cent pour l’année 2021-22. À la fin de cette année, il pourrait tomber sous la barre des 30 pour cent, ce qui a rarement été au cours trois dernières décennies.

Au fil du temps, on s’est habitué à voir notre province comme l’une des plus mal en point au pays financièrement parlant. Cette image est désormais périmée. En 2015-16, le Nouveau-Brunswick était la province avec le rapport-dette PIB le plus élevé après le Québec. Aujourd’hui, il figure sans doute parmi le top 5 des provinces les moins endettées.

Maintenant qu’il se trouve dans une bien meilleure posture, le gouvernement a les moyens d’investir dans les priorités des Néo-Brunswickois, à commencer par prêter main forte à ceux qui souffrent le plus de la vie chère.

Combien au juste peut-il dépenser sans pour autant augmenter son niveau d’endettement?

La réponse risque de vous surprendre. Même avec une économie au point mort et une inflation de cinq pour cent, le gouvernement peut s’endetter à la hauteur de 600 millions $ par année sans que son rapport dette-PIB ne se détériore. À plus long terme, avec une inflation de retour à sa cible de deux pour cent et une économie qui affiche une modeste croissance, cette somme s’élève au bas mot à environ
400 millions $.

L’argent, comme le dit la célèbre expression, est un bon serviteur mais un mauvais maître. Rien ne sert de fétichiser un rapport-dette PIB en déclin. Le temps est venu de délier les cordons de la bourse un peu.

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