Quand un cas d’agression verbale violente se produit au Festival acadien de la région Évangéline à l’Île-du-Prince-Édouard, on se dit que ce genre de comportement est partout! J’y pensais justement cette semaine dans la salle d’attente du radiologue en lisant une affiche sur sa porte: «Aucune menace ou agression physique ou verbale ne sera tolérée ici». On en est là.

La haine a la cote ces temps-ci, dans nos sociétés dites développées. Haine contre les femmes, surtout celles en position de pouvoir, haine contre les politiciens, nos dirigeants, les immigrants, les soi-disant élites, les minorités en tout genre. À chaque groupe ses ennemis jurés!

Cette haine s’attaque aussi à ceux et celles qui nous servent puisque mon bien sympathique radiologue a senti le besoin d’une mise en garde, tout comme les services de sécurité des aéroports, les agents des compagnies aériennes, etc.

Comment on est-on arrivé là? Je ne suis pas psychologue, mais il est clair que les réseaux sociaux jouent un rôle dans l’expression libre et entière de cette haine. Comment en serait-il autrement, puisqu’on peut y verser son venin sans crainte de représailles et, trop souvent, sous les applaudissements d’une partie de ses petits amis?

On peut aussi y perdre le sens du réel, aux cris répétés de ceux et celles qui voient des complotistes chez nous, au Forum de Davos ou dans les caves du Pentagone. Bref, c’est là que la haine prend son élan.

Suivent les discours enflammés et tendancieux de quelques politiciens ou meneurs pour évoquer «le bon vieux temps» ou le besoin de reconquête de notre territoire, qui insistent sur l’incompétence ou l’élitisme de ceux et celles qui gouvernent, et voici cette haine légitimée tout à coup.

Alors, quoi faire? D’abord arrêter de dire que ça a toujours existé. Il est évident que ceux qui, autrefois, étaient contraints de haïr dans le confort de leur foyer, en cachette, le font maintenant avec un mégaphone virtuel et dans la vraie vie, passant trop souvent à l’acte.

Reconnaissons ensuite, une bonne fois, que même «chez nous», il y a un certain pourcentage de gens qui ne sont ni gentils, ni accueillants, ni ouverts d’esprit, ni inclusifs. Et décidons, une fois pour toutes, que nous ne tolérerons pas ce genre d’attitude, que nous la dénoncerons quand nous la verrons et que nous exigerons que ceux qui ont la tribune d’arrêter de diffuser leurs mensonges et d’encourager la haine.

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