Travailler, c’est trop dur… Vraiment?

À l’occasion du congé de la fête du Travail, j’ai pris la direction de la baie de Fundy. Pour une dernière escapade estivale. Je voulais voir et photographier le monument en l’honneur des Acadiens (plus de 425!) qui habitaient Chipoudie de 1700 à 1755. J’ai plutôt rapporté cette photo d’une maison à proximité de Riverside-Albert.

Je suis toujours fasciné de voir des instruments de travail mis à l’honneur dans les cours. Parfois, ils trônent au milieu du parterre au temps des festival ou de la belle saison. Ce peut être un rouet, des cages à homards en bois, une moissonneuse-batteuse. Des objets exposés dans un musée à ciel ouvert.

Qu’est-ce qui pousse les propriétaires à mettre en valeur ces instruments inutiles qui ne fonctionnent plus? Ces objets d’un autre âge nous rappellent d’où nous venons. Ils nous lient à notre passé, tout en nous rappelant le travail qui a été nécessaire pour que nous arrivions aujourd’hui à avoir des usines et des instruments modernes pour la pêche. Et un John Deer pour le P’tit Belliveau.

Ces instruments montrent la valeur du travail. Celui-ci ne doit pas être vu comme une parenthèse dans nos journées. Ou quelque chose à éviter. Il n’est pas une pénitence ou une punition. Le travail est un devoir. Mieux encore: un privilège.

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Notre ami peut avoir raison: parfois, «travailler, c’est trop dur». Mais il y a plus dur encore: c’est de ne pas travailler. De ne pas pouvoir travailler. À cause d’un handicap ou d’une maladie.

De nos jours, le travail n’est pas toujours valorisé. C’est peut-être lié au capitalisme occidental. Certains engrangent des profits sans scrupules en ne travaillant même pas; alors que d’autres s’appauvrissent tout en travaillant fort. De plus, on associe souvent la valeur d’un métier au salaire qu’il rapporte. Et pourtant: la finalité du travail est de se perfectionner et de participer à la vie sociale.

Par le travail, chacun devrait participer à la construction d’un monde meilleur en embellissant la planète et en faisant advenir la justice et la fraternité. Le travail nous garde de la tendance à être centré sur soi-même: il ouvre sur l’autre… et sur l’avenir. En plus de cette valeur communautaire, le travail permet de développer ses aptitudes.

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Qu’il soit rémunéré ou bénévole, à distance ou en présentiel, pénible ou agréable, le travail permet l’épanouissement de soi. Il est utile. La sagesse est de trouver le bon dosage entre les heures à travailler et celles à se reposer. Parce qu’il y a des gens qui travaillent trop. L’ouvrage devient alors un bouclier pour se sentir dispensé de certaines responsabilités familiales et sociales.

Alors qu’il faut travailler pour vivre, certains font le contraire. Ils travaillent du matin au soir. À la sueur de leur front. En amassant leurs gains. En remplissant leurs greniers. Pour qui? Pour quoi? La sagesse, c’est d’apprendre la vraie mesure des jours en ne faisant pas du travail une drogue; d’autre part, ne pas le fuir à tout prix.

Il y a celles qui travaillent en voyageant. Aussi ceux qui le font en s’amusant. Il y a ceux qui se rendent jusqu’à la retraite. Et celles qui travaillent jusqu’à la mort. Il y a ceux qui s’accomplissent en oeuvrant pour la justice. Et celles qui militent pour des conditions de travail qui respectent la dignité humaine. En espérant que le retour au travail se passe bien chez-vous. Bonne rentrée!

Cette semaine…

Touché par un hommage funèbre récent. La fille retenait du paternel la valeur du travail. Il avait dû quitter la région pour aller gagner sa vie dans une grande ville lointaine. À 15 ans! Jusqu’à la fin, il a travaillé fort; il disait l’importance de respecter ses patrons, de coopérer avec ses collègues et de ne jamais faire moins que ce qui est demandé.

Déploré. Ce mot est faible. Scandalisé est peut-être fort. Je trouve dommage qu’on retire le droit aux aînés d’avoir des responsabilités adaptées à leurs conditions là où ils vivent. Pour toutes sortes de raisons (sanitaire, syndicale, sécuritaire), on justifie l’oisiveté. Chaque fois que je rencontre un aîné avec une responsabilité, je vois la joie. Le sentiment d’être inutile détruit plus qu’on l’imagine.

Suivi la cérémonie de la béatification de Jean-Paul Ier dimanche dernier. Ce pape a laissé le souvenir de son sourire; son prédécesseur, Jean XXIII, celui de la bonté. Ce dernier était aussi drôle et pince sans rire; on lui attribue cette boutade célèbre. À un journaliste qui lui aurait demandé «Combien de gens travaillent au Vatican?», il aurait répondu «À peu près la moitié».

Béni le sac d’école qu’un enfant a apporté à l’église. Ses parents tenaient à cette tradition familiale. Je me suis rappelé qu’au moment de recevoir leur assignation de travail hebdomadaire, les moines demandent une bénédiction pour bien accomplir leur ouvrage. Dans la vie monastique, le travail est fait autant par nécessité que pour témoigner de son efficacité pour se rapprocher de Dieu.

Marché sur le quai. Il y a des lieux de travail si beaux qu’ils deviennent de véritables lieux touristiques. Parmi ceux-ci, les vignobles, les quais et les vergers. Ils ouvrent leurs barrières à ce temps-ci de l’année. C’est le lieu idéal pour voir le travail des pomiculteurs et de la création. C’est aussi le temps propice pour joindre l’utile à l’agréable en levant les bras pour décrocher des pommes et les croquer.

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