Le gouvernement fédéral a été jusqu’à présent relativement passif dans le dossier de la lutte contre la vie chère.

Certes, comme ses homologues provinciaux, Ottawa a fait référence à cet enjeu dans son dernier budget, à commencer par le titre du document, «Un plan pour faire croître notre économie et rendre la vie plus abordable».

Cela dit, le budget ne prévoyait pas grand-chose pour aider les Canadiens à faire face à l’escalade des prix dans l’immédiat. La seule exception était le versement d’un complément unique de 500$ sous l’Allocation canadienne pour le logement, une mesure dont les détails allaient être divulgués plus tard.

Jeudi dernier, le gouvernement fédéral devait tenir une conférence de presse pour annoncer du nouveau dans ce dossier. L’évènement a cependant été annulé suite à la nouvelle du décès de la reine Élisabeth II.

Comme c’est souvent le cas, les grandes lignes de l’annonce avaient cependant déjà été rapportées dans les médias.

Ainsi, selon «des sources familières avec le dossier», le gouvernement de Justin Trudeau s’apprêtait à nous annoncer qu’il va doubler pour six mois le crédit pour la TPS/TVH. Pour se donner l’air d’avoir un plan digne de ce nom, il aurait également décidé de greffer à cette initiative deux autres mesures déjà annoncées, soit le paiement unique de 500$ mentionné ci-haut et la mise en œuvre de la première étape du régime de soins dentaires pour les jeunes et les aînés, laquelle se concentrerait sur les enfants de moins de 12 ans.

Les montants accordés en vertu du crédit pour la TPS/TVH varient en fonction de la taille et des revenus des ménages. Par exemple, un couple avec deux enfants touchant moins de 39 826$ reçoit 934$ par année, une somme qui diminue graduellement pour atteindre zéro lorsque le revenu du ménage atteint 60 000$. C’est donc dire que si ce ménage touche moins de 39 926$, il recevra 467$ supplémentaires sur six mois.

En ce qui a trait à l’Allocation canadienne pour le logement, il faut se rappeler qu’il s’agit d’un programme à frais partagés avec les gouvernements provinciaux et que les détails de l’Allocation varient selon les modalités négociées entre Ottawa et chaque province. Au Nouveau-Brunswick, cette allocation est limitée aux ménages avec enfants dont au moins l’un des parents est sur le marché du travail.

Quant au régime de soins dentaires, comme Ottawa s’aventure sur le terrain des provinces, la mise en œuvre de ce régime pourrait prendre du temps. Jeudi, on rapportait qu’Ottawa aurait l’intention, en tant que mesure intérimaire, d’envoyer un chèque de 650$ par enfants aux familles éligibles. Comme de raison, si aucune condition n’est attachée à ce chèque, certaines familles n’arrivant pas à joindre les deux bouts pourraient s’en servir pour payer l’épicerie plutôt que des visites chez le dentiste.

Que penser de ce nouveau «plan» d’Ottawa?

Tout comme l’a fait le gouvernement du Nouveau-Brunswick en juin avec ses chèques anti-inflation, Ottawa a limité son aide aux ménages à revenu modeste. Ottawa ratisse cependant plus large. En utilisant le crédit pour la TPS/TVH, il viendrait en aide à un peu plus d’un tiers de la population canadienne. C’est bien plus que la prestation d’urgence du Nouveau-Brunswick, qui couvrait moins d’un dixième de la population.

Là où le bât pourrait blesser, cependant, c’est au niveau des deux autres mesures, lesquelles apparaissent fort arbitraires lorsque considérées sous le prisme de la lutte contre la vie chère.

Les prestataires d’aide sociale néo-brunswickois ne sont pas éligibles pour l’Allocation canadienne pour le logement. Et comme les soins dentaires pour leurs enfants sont déjà couverts par le gouvernement provincial, il est difficile de voir comment ils pourraient être éligibles pour les chèques de 650$ par enfant d’Ottawa. Pourtant, eux aussi sont frappés de plein fouet par l’inflation.

En attendant les détails du plan d’Ottawa, il ne reste à espérer que celui-ci n’aura pas deux poids, deux mesures en aidant les ménages à revenu modeste à lutter contre la vie chère.

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