Souvent, les voyages font réfléchir. Il y a peu, j’étais à Paris. Je logeais dans le 14e arrondissement, loin des touristes et des grands monuments. Sur la rue populaire où se trouvait notre résidence, une chose m’a sauté aux yeux: des gens de tous âges vaquaient, à pied, à leurs occupations. À droite une école primaire, à gauche un petit supermarché et tout le long de la rue, boulangeries-pâtisseries, marchand de vin, fromager, magasins de toutes sortes, restaurants et cafés, plus loin un grand hôpital.

Le matin, des personnes âgées sortaient de leur appartement pour aller faire leurs courses en traînant leur petit sac à provisions sur roues, des parents amenaient les enfants à l’école, des jeunes attrapaient un croissant avant de prendre le bus ou leur vélo. Les « bonjour » fusaient de toutes parts, les plus jeunes saluant les plus vieux; dans cette ville de 10 millions d’habitants, tous les gens du quartier se connaissaient.

Quelle différence ici! Je vis en plein milieu d’une agglomération de 150 000 habitants qui fait deux fois la taille de Paris. Mis à part mes voisins immédiats, je ne connais personne sur ma rue. Pourquoi en serait-il autrement puisque je dois prendre mon auto pour faire mes courses, à la boulangerie ou chez le médecin et que mes enfants ont toujours dépendu du bus pour aller à l’école? N’est-ce pas la même chose pour vous?

Notre société fait tout son possible pour nous isoler les uns des autres : les banlieues sans âme, les complexes pour aînés, ou même ces quartiers « sans enfants » où le calme garantit la plus grande solitude. Aucun quotidien partagé. Au point qu’on est toujours surpris de trouver une connaissance au supermarché et ravi de faire un brin de causette.

Vous me direz, «nous on a de grands logements et de grandes maisons avec terrain, jardin, garage, tandis que les parisiens sont coincés dans de petits logements et se sentent sûrement seuls souvent». C’est certain que rien n’est jamais parfait, mais j’aime penser que si je vivais seule, je préférerais sans doute sortir quelques fois par jour pour chercher mon pain, mon jambon et mon verre de vin et rencontrer des visages connus que de me morfondre dans ma grande maison à attendre que quelqu’un de serviable vienne me chercher pour me conduire faire mes courses

Par excès d’espace, il me semble que nous avons fait fausse route dans notre développement en nous privant de contacts humains essentiels à l’épanouissement collectif. Et que dire de notre empreinte carbone!

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