S’il est vrai que les enjeux écologiques et climatiques sont désormais sur toutes les lèvres, force est d’admettre que le niveau d’éducation des citoyens en matière d’environnement et de climat est, de toute évidence, plutôt limité, alors que la crise climatique et écologique continue de s’aggraver.

D’ici 2025, l’UNESCO veut faire de l’éducation à l’environnement une composante essentielle des programmes scolaires mondiaux, puisque les analyses démontrent que, partout dans le monde, l’environnement et le climat sont pratiquement absents des programmes scolaires.

En effet, l’analyse des engagements de tous les pays en matière d’action climatique et écologique révèle qu’aucun n’obtient la note de passage en matière d’éducation environnementale et c’est particulièrement vrai pour le Canada, qui se classe au 88e rang des 100 pays analysés en matière d’éducation aux changements climatiques.

Alors que les bouleversements climatiques et écologiques s’aggravent dangereusement, est-ce réellement acceptable qu’un peu plus de la moitié des programmes scolaires mondiaux ne fassent absolument aucune référence à la crise climatique? Clairement, l’éducation n’est pas un outil priorisé par les différents gouvernements pour lutter contre l’enjeu principal du 21e siècle, malgré le fait que la génération d’élèves actuelle sera inévitablement frappée de plein fouet par cette crise au courant de sa vie. Notons que la planète s’est déjà réchauffée de 1,2°C et que ce réchauffement s’intensifiera de plus en plus rapidement, engendrant de sérieuses conséquences.

De façon générale, le fait que le Canada soit un si mauvais élève en matière d’éducation au changement climatique n’a rien de très surprenant, puisque selon une récente étude publiée par l’Institut Reuters, les Canadiens s’informent peu sur la crise climatique et possèdent un intérêt faible en ce qui a trait à ce phénomène. En effet, l’intérêt des Canadiens pour l’information qui concerne les changements climatiques est l’un des plus bas d’une cinquantaine de pays.

Ironiquement, notre pays se réchauffe en moyenne, selon les plus récentes études, deux fois plus rapidement que le reste du monde et les effets de la crise climatique se font déjà ressentir. Selon les scientifiques, les effets observables du dérèglement climatique au pays sont, pour la plupart, désormais irréversibles. La température moyenne annuelle du Canada s’est réchauffée de 1,7°C depuis 1948, année où les températures nationales ont été enregistrées pour la première fois, et la température annuelle moyenne dans le nord du Canada a augmenté d’environ 2,3°C!

S’il est évident qu’il y a maintenant urgence d’agir, ici comme ailleurs, il est malheureux de constater qu’un outil aussi puissant que l’éducation puisse être complètement ignoré par nos gouvernements pour lutter contre la crise climatique. Les jeunes d’aujourd’hui et les futures générations font et feront face à un problème d’une ampleur inégalée et nous avons, en tant que société, le devoir d’éduquer les citoyens pour lutter et nous adapter efficacement à cette nouvelle réalité. L’éducation relative à l’environnement devrait dorénavant être reconnue comme un droit.

 

  • Originaire de Saint-Léonard, Yoan Bourgoin est diplômé en biologie de l’Université de Moncton. Militant environnemental, il a participé, en 2019, au Sommet Action climatique de New York. En 2021, il a assisté au 4e Congrès international sur le conseil scientifique aux gouvernements, où il a reçu une bourse d’excellence pour sa contribution scientifique. À l’été 2022, il est sélectionné pour participer au Congrès Stockholm+50, en Suède, une rencontre cruciale pour l’environnement et la biodiversité. Son militantisme s’étend des changements climatiques jusqu’aux droits des animaux. Il écrira une chronique aux deux semaines, les jeudis.

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