Voici une prédiction pour tout le monde: Kris Austin sera le nouveau chef du Parti progressiste-conservateur du Nouveau-Brunswick dès 2023.

Aussi effrayant que cela puisse paraître à tous les francophones, examinons sur quoi repose cette affirmation. Et, oui, Blaine Higgs est toujours chef du PC et premier ministre, mais je sens qu’il veut quitter la politique et explorer d’autres choses dans la vie. Nous en saurons plus à ce sujet au début de l’année 2023.

Soyons francs, Higgs a un faible pour Austin, à tel point qu’on pourrait dire qu’il le voit comme une version plus jeune de lui-même. Idéologiquement, ils sont sur la même longueur d’onde, bien à droite sur l’échiquier politique. Sur les enjeux, ils partagent les mêmes aspirations. On pense notamment aux budgets équilibrés, à l’élimination de la bureaucratie gouvernementale, à la réduction ou à l’élimination du bilinguisme officiel et au démantèlement progressif des dispositions relatives à la langue en matière d’éducation, de santé et d’autres services.

Alors, que fait un premier ministre et chef de parti pour aider ses successeurs potentiels? Deux choses. Premièrement, ils les nomment à différents postes afin qu’ils puissent acquérir de l’expérience au sein du cabinet. Dans ce cas-ci, Austin a aidé son cas en abandonnant la People’s Alliance et en négociant son entrée dans le parti conservateur. Un poste de ministre faisait très probablement partie de cette entente, mais Higgs savait qu’il y aurait des réactions négatives et ne pouvait donc pas le faire immédiatement. Six mois plus tard, nous y sommes: Higgs a nommé Austin au poste de ministre de la Sécurité publique.

C’est la première étape.

La deuxième étape consiste à écarter les principaux concurrents pour aider ses candidats préférés. C’est ce qui a été fait cette semaine lorsque M. Higgs a évincé Dominic Cardy du cabinet. Le lendemain, Cardy a été expulsé du caucus et siège maintenant en tant que député indépendant.

Pourquoi se débarrasser de Cardy ? Pour Higgs, Cardy était un mal nécessaire. Il avait besoin de lui pour l’aider à gagner deux élections successives et former le gouvernement. Higgs et Cardy partagent également des opinions similaires sur de nombreux sujets. Pourtant, on peut penser que Higgs n’a jamais fait pleinement confiance à Cardy. Parce que Cardy est Cardy. Il a des idées bien définies, n’a pas peur de les exprimer, ni de contester ouvertement le premier ministre et son leadership, ce qui est un bon trait de caractère en matière de gouvernance démocratique. Il ne fait aucun doute que l’approche de Cardy a déplu à Higgs. Il s’est donc débarrassé de lui.

Cette décision s’inscrit dans la continuité du style autoritaire de M. Higgs, qui rejette les contestataires et les personnes qui ne partagent pas son point de vue et sa façon d’agir. Par exemple, Bruce Northrup, ancien député PC de longue date, malgré ses années d’expérience, n’a jamais été nommé au conseil des ministres par Higgs. D’autres, comme Jake Stewart et Andrea Anderson-Mason, ont été évincés de son premier cabinet lorsqu’ils ont contesté son approche sur des questions clés.

Donc, Kris Austin est bien placé. Mais ce n’est pas une valeur sûre. Il y a d’autres aspirants. De nombreux députés n’ont pas l’expérience nécessaire pour assumer le leadership, comme Arlene Dunn. D’autres, qui ont de l’expérience, ne sont tout simplement pas inspirants – bonjour Dorothy Shephard, Bruce Fitch et Jeff Carr! Et ceux qui ont beaucoup d’expérience ont peut-être passé la fleur de l’âge, comme Ted Flemming, qui a le même âge que le premier ministre. Veut-il, à ce stade-ci, passer encore quatre ou huit ans à faire de la politique en tant que chef du PC? Probablement pas.

Qui sont donc les principaux rivaux d’Austin parmi les députés actuels? Deux viennent à l’esprit: Daniel Allain et Ernie Steeves. Allain est un outsider étant donné son manque d’expérience, n’ayant été élu qu’en 2020. De son côté, Steeves est un cas intéressant étant donné son expérience depuis 2014, notamment en tant qu’actuel ministre des Finances. Il s’agit donc d’une bataille entre Austin et Steeves pour le leadership du PC du Nouveau-Brunswick. La victoire d’Austin dépendra en grande partie de la volonté du parti de procéder à un changement générationnel de leadership.

À moins de l’arrivée d’un adversaire de l’extérieur du parti, je prédis que la course à la direction sera serrée. Austin risque de l’emporter, ce qui aurait pour effet d’enflammer les divisions linguistiques dans la province. Si cela devait se produire, le Nouveau-Brunswick s’en trouvera appauvri.

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