Au quotidien, on ne s’en rend pas nécessairement compte. Les journées se suivent et se ressemblent, les saisons s’enchaînent et notre volonté d’éviter de déstabiliser nos confortables modes de vie s’accroît. Mais derrière notre monde d’abondance se cache quelque chose qui mériterait néanmoins toute notre attention: notre planète se réchauffe; nos forêts disparaissent; nos océans, pollués de déchets plastiques, s’acidifient; le climat change dangereusement et la vie, partout sur Terre, meurt à un rythme qui donne froid dans le dos.

Quiconque s’intéresse de près à la crise climatique et aux enjeux écologiques sait que les perspectives sont sombres. Les rapports scientifiques qui sonnent l’alerte se multiplient depuis un bon nombre d’années déjà. Il n’est pas déraisonnable de dire que le défi auquel nous sommes confrontés aujourd’hui est le plus grand auquel notre espèce n’ait jamais été confrontée. Et quiconque s’intéresse de près à la politique peut facilement supposer que nous allons presque certainement échouer à surmonter un tel défi.

En ce début novembre, les températures dans l’ensemble du Nouveau-Brunswick dépassent largement les normales saisonnières. De nombreux records de chaleur tombent, tout comme notre espoir d’éviter un désastre écologique. Nous nous réjouissons des températures estivales alors que les décorations de Noël font leurs apparitions en magasins. Nos réactions démontrent toute notre incompréhension.

Bien qu’il soit difficile, mais pas scientifiquement impossible d’attribuer directement un évènement météorologique individuel au changement climatique, il est sans équivoque que le monde que nous connaissons depuis toujours est sur le point de changer à jamais. À moins d’un exploit sans précédent, nous verrons, au cours des prochaines années, une transformation systémique de plus en plus chaotique du système climatique mondial et des réponses humaines à ces enjeux, dont la recherche de boucs émissaires, des tensions géopolitiques énormes et la guerre.

Et que dire des enfants d’aujourd’hui? Après tout, c’est eux qui subiront les impacts les plus dévastateurs de la crise climatique. Pour limiter le réchauffement planétaire à 1,5°C, la personne qui naît aujourd’hui doit émettre huit fois moins d’émissions de CO2 qu’une personne née en 1950. À moins d’une transformation radicale de nos sociétés, comme il est d’ailleurs recommandé de le faire, ils sont condamnés à avoir une vie fort différente de ce que nous avons connu jusqu’à maintenant, du moins, s’ils veulent éviter la catastrophe.

Tristement, les niveaux de gaz à effet de serre dans l’atmosphère ont encore, tout récemment, atteint des niveaux records. On se dirige très exactement dans la mauvaise direction. Nous hypothéquons massivement notre futur et celui de nos enfants en toute connaissance de cause.

Comme le démontre un sondage mené à l’échelle mondiale par l’Université de Yale, la majorité des gens considèrent que les changements climatiques sont maintenant amorcés et qu’ils ont un impact négatif sur notre santé et nos sociétés, mais une très faible proportion d’entre nous est prête à passer à l’action et à changer nos habitudes pour lutter contre le phénomène. Autrement dit, on aimerait que quelque chose de concret se passe, mais pas au détriment de nos styles de vie.

Bref, même si changer nos actions individuelles ne suffira pas pour lutter contre les changements climatiques, il est tout de même crucial de le faire. Au quotidien, nos actions entraînent des conséquences sérieuses sur l’ensemble de notre planète.

Nous devons absolument changer nos habitudes alimentaires et réduire notre consommation de produits animaux; nous devons repenser notre relation problématique à la voiture; nous devons réduire nos déplacements en avion; nous devons diminuer notre consommation de biens matériels inutiles qui ne sert qu’à combler notre vide existentiel. Et nous devons mieux nous éduquer en matière d’environnement. C’est fondamental!

Notre aveuglement volontaire devant la crise climatique est désormais la cause d’une dette écologique que ni nous ni nos enfants ne pourrons rembourser. Notre seul espoir réside dans une prise de conscience.

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