Quelle ne fut pas ma surprise jeudi d’apprendre que le ministre Daniel Allain, le seul allié politique acadien de Blaine Higgs, a enfin pris la parole sur le dossier des droits linguistiques au Nouveau-Brunswick.

Dans une lettre envoyée au premier ministre, M. Allain indique qu’il se range derrière les francophones. Qu’il n’accepte aucunement que des modifications soient apportées aux responsabilités de bureau du commissaire aux langues officielles du Nouveau-Brunswick.

De plus, il met les pendules à l’heure sur certains dossiers sur lesquels il était grandement critiqué: il dit, entre autres, croire en la nécessité d’avoir des réseaux de santé et des services de transports scolaires distincts dans la province.

Bien heureuse de voir qu’il ne partage pas ces idées folles qui titillent l’esprit de Blaine Higgs depuis son entrée au pouvoir. Nous avons besoin que nos alliés se rangent derrière nous.

Cette prise de position du ministre Allain est d’ailleurs bien accueillie et était attendue depuis longtemps par la communauté acadienne.

Il ne faut pas oublier que celui-ci avait bien précisé, lorsqu’on l’avait élu, que sa priorité était d’abord de représenter les gens de Moncton-Est, pas nécessairement les droits des francophones.

Il s’était d’ailleurs fait très discret sur les questions qui touchent ses homologues acadiens ces dernières années, se faisant aussi impartial que la Suisse.

Mais je crois qu’en politique, nous n’avons pas le luxe de nous taire par peur de déplaire. Nous avons le devoir de prendre la parole et de défendre les nôtres, même quand notre voix tremble, même quand on a peur, même quand on risque de perdre son titre.

Il a tout de même quelque chose qui me dérange dans cette déclaration, soit la retenue de M. Allain de commenter la nomination de Kris Austin au sein du comité responsable de la révision de la Loi sur les langues officielles.

Ce mutisme m’inquiète, puisque Kris Austin est le protagoniste des conflits linguistiques qui secouent notre province en ce moment.

On ne peut pas se dire à la fois pour les droits des francophones ET pour la nomination d’un anti-francophone au sein d’un dossier si important pour notre survie culturelle.

M. Allain a même ajouté en entrevue que nous devrions respecter M. Austin, l’entendre, l’écouter. Qu’il ne voyait aucune action condamnant sa nomination au sein du comité de révision.

Je crois pour ma part que nous avons trop à perdre pour mettre notre destin dans les mains d’un homme qui nous a prouvé trop de fois que nous ne devions pas lui faire confiance.

J’espère donc que cette sortie publique n’est pas un stratagème politique afin de calmer les âmes enflammées que sont les Acadiens. J’espère que l’on n’essaie pas de nous faire baisser nos gardes en nous flattant dans le bon sens du poil.

Seul le temps saura nous montrer les vraies intentions de M. Allain et j’espère qu’elles seront à la hauteur de la lettre qu’il a présentée à Blaine Higgs cette semaine.

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