Si, chaque fin d’automne, Hollywood nous inonde de films de Noël, la tendance est moins marquée au Canada français. Exception cette année: 23 décembre, de la cinéaste Myriam Bouchard, qui se veut un divertissement correct, sans plus.

Écrit par la romancière India Desjardins, le film est en gros la variation québécoise de la comédie britannique culte Love Actually (2003). Comme dans le film mettant notamment en vedette Hugh Grant, Liam Neeson, Colin Firth et Keira Knightley, 23 décembre raconte les tribulations préNoël d’une douzaine de personnages, dont certains ont des liens entre eux.

On suit donc une mère zélée (Guylaine Tremblay) dans l’attente de la visite de ses deux filles (Virginie Fortin et Catherine Brunet) et dont le conjoint (Michel Barrette) est victime d’un malaise cardiaque, un crooneur (Stéphane Rousseau) qui sort de sa retraite et qui trompe sa femme (Marie-Hélène Thibault) avec sa publiciste (Catherine Souffront) ainsi que la directrice de l’hôtel du Château Frontenac (Bianca Gervais) dont l’organisation d’un spectacle-bénéfice est compliquée par une ex irresponsable (Christine Beaulieu) et un chien aventurier.

Viennent se mêler à cela les déboires amoureux d’une des deux soeurs, un voyage vers l’hôpital mouvementé de la mère zélée, une tempête de neige inopportune, un futur papa effrayé par l’avenir et un malade qui est réticent de se faire soigner par une ambulancière d’origine africaine.

Bref, une immense fresque d’environ 100 minutes qui nous fait passer par toutes la gamme des émotions. Malheureusement, les émotions en question sont dépourvues d’intensité. On ne rit pas énormément (les meilleurs gags sont dans la bande-annonce) et on ne s’émeut pas trop non plus, les personnages étant si nombreux et certains si peu sympathiques que leur sort nous indiffère.

Malgré quelques maladroites coïncidences, l’écriture de Desjardins est impressionnante. Je me suis surpris à m’émerveiller devant sa capacité à faire des liens efficaces entre les différents personnages. Le rythme de l’oeuvre est également parfait.

Un film de Noël étant un film de Noël, le récit est extrêmement prévisible. On se doute dès la dixième minute que tout va bien se terminer pour les nombreux personnages. En ce sens, 23 décembre est un feel good movie qui aurait pu oser un peu plus.

Si l’écriture offre davantage de hauts que de bas, la direction, elle, est assez décevante.Bouchard (qui a aussi tourné Lignes de fuite, lancé cet été) ne parvient pas à vraiment tirer le meilleur de sa distribution. Tremblay (dont le tournage, en raison de nombreuses scènes extérieures, a dû être très demandant), Gervais et Beaulieu sont comme toujours excellentes, mais le reste des comédiens manquent un peu de naturel.

La réalisatrice a aussi beaucoup trop souvent recours à des prises de vue aériennes qui apportent pas grand-chose au récit.

23 décembre est de plus très anodin dans son propos. À part de la trop rapidement survolée question du Noël inclusif, il ne nous impose pas de grandes réflexions.

À l’approche des Fêtes, 23 décembre vous plongera assurément dans l’ambiance de Noël. Ce n’est malheureusement toutefois pas une oeuvre qui brille par sa subtilité ou sa profondeur.

(Trois étoiles sur cinq)

 

Les nageuses

Les nageuses (The Swimmers; Netflix) raconte l’histoire totalement insensée – et pourtant vraie – de la nageuse syrienne Yusra Mardini.

En 2015, les bombes commencent à pleuvoir sur la Syrie. Alors que la guerre civile s’intensifie à Damas, Yusra (Nathalie Issa) et sa soeur Sara font le difficile choix de laisser leurs parents derrière afin de migrer vers l’Allemagne.

Une des meilleures nageuses de son pays, Yusra rêve d’obtenir l’asile politique et se qualifier pour les Jeux olympiques de Rio sous les couleurs de la Syrie. Mais encore faut-il qu’elle se rende en Europe, alors que la route est jonchée de dangers, d’escrocs et de policiers trop contents de repousser les réfugiés vers leur pays d’origine.

S’amorce alors un véritable parcours du combattant qui fera de Yusra un véritable symbole d’inspiration pour des centaines de milliers de réfugiés de par le globe.

Cette production américano-britannique tournée par Sally El Hosaini raconte l’histoire d’Yusra en utilisant la formule Disney, mais dans un contexte beaucoup plus adulte et sérieux.

Touchant, inspirant et esthétiquement impressionnant, le film d’El Hosaini est malheureusement un peu trop long.

C’est toutefois un outil de conscientisation exceptionnel au cauchemar quotidien des gens qui vivent dans un pays en guerre ou qui décident de le fuir. Vos problèmes vous sembleront bien futiles après avoir vu ce film…

À voir ne serait-ce que pour la scène de la traversée de la mer Égée. Mémorable, cet acte de courage et de générosité risque de vous habiter pour un bon petit moment…

(Quatre étoiles sur cinq)

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