Noël approche et fidèle à nos habitudes de consommation, les centres commerciaux débordent. Le capitalisme bat son plein, ayant réussi à convaincre la plupart d’entre nous qu’un accès au bonheur et à la réussite personnelle passe par une consommation de bien matériel.

À grand coup de publicités, on a réussi à créer une société de consommation de masse. Entre 4000 et 10 000 publicités nous sont présentées chaque jour, avec des techniques de marketing toujours plus sophistiquées.

Selon Statistiques Canada, les ventes au détail au pays ont dépassé, mensuellement, 60 milliards $ en moyenne. Malgré l’inflation qui fait grimper le coût de la vie, les craintes d’une récession et une crise écologique qui s’amplifie, les habitudes de consommation demeurent sensiblement les mêmes. Et alors que le ratio d’endettement des ménages canadiens augmente, c’est surtout la dette écologique qui finira par véritablement nous impacter.

Chaque année, le «Jour du dépassement de la Terre», qui indique la date de l’année à partir de laquelle l’humanité a consommé l’ensemble des ressources que la planète peut régénérer en un an, arrive de plus en plus rapidement. En 2022, cette date tombait le 28 juillet, ce qui signifie que nous avons consommé l’ensemble des ressources naturelles renouvelables en seulement 208 jours. Le reste de l’année se vit à crédit.

Bien sûr, la capacité de consommation n’est pas distribuée équitablement sur l’ensemble de la planète. Aujourd’hui, il faudrait 1,75 Terre pour subvenir aux besoins de la population mondiale de façon durable, mais si tout le monde consommait comme les Canadiens et les Canadiennes, nous aurions besoin de 5,1 Terres pour subvenir à nos besoins!

Nous avons souvent tendance à mesurer le succès d’un individu par sa richesse financière et matérielle. Nous le faisons également pour les nations, en mesurant le succès de celles-ci par leur capacité à créer une croissance économique sans fin. Mais la réalité de notre monde physique nous enseigne quelque chose de capital: aspirer à la croissance économique infinie sur une planète aux ressources naturelles finie n’est rien d’autre qu’illusoire.

Sous les milliards de tonnes métriques de gaz à effet de serre que nous émettons annuellement se cache aussi une surexploitation de la quasi-totalité de nos ressources. Nous surexploitons aujourd’hui 90% des populations de poissons et nous abattons, en 365 jours, plus de 70 milliards d’animaux terrestres pour satisfaire la faim grandissante des pays riches, alors que près d’un milliard de personnes demeurent sous-alimentées.

Rien de très surprenant, sachant que dans l’imaginaire collectif, le précieux écosystème qu’est l’Amazonie fut, en rien de temps, substitué par une multinationale de commerce en ligne, où le glissement d’un seul doigt nous permet d’acheter une panoplie de produits en provenance de l’autre bout du monde.

L’inévitable question à laquelle nous devons répondre est donc la suivante: est-il possible de concilier croissance économique et développement durable? Certains pensent que oui, d’autres pensent que non. Chose certaine, le modèle actuel doit changer.

En plus des raisons écologiques et climatiques, il existe de nombreux paradoxes qui font en sorte que nous devrions revoir notre relation au consumérisme. En y réfléchissant, on se rend compte que nous consommons toujours plus, mais apprécions moins; que nous avons plus de conforts, mais moins de temps; que nous avons multiplié nos possessions, mais perdu nos valeurs. De tels paradoxes impactent négativement nos sociétés, autant écologiquement que psychologiquement et spirituellement.

Tant et aussi longtemps que la magie de Noël continuera de nous être vendue sous forme de panneaux publicitaires, pourrons-nous réellement espérer une utilisation plus réfléchie de nos ressources?

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