Lorsqu’on rédige un texte, le titre est le principal outil dont on dispose pour attirer l’attention du lecteur. Son importance n’a fait que s’accroître avec le virage numérique: si le titre et l’image qui l’accompagnent n’arrivent pas à attirer l’attention du lecteur, il y a peu de chances que ce dernier clique dessus.

En général, on peut dire d’un titre qu’il accomplit sa tâche s’il donne le goût au lecteur d’en savoir plus tout en captant bien l’essence du texte. Plusieurs tactiques sont à la disposition du titreur pour arriver à ses fins, que ce soit l’humour, une référence à un phénomène populaire, ou encore une formule qui remet en question le consensus ou les idées reçues sur un sujet donné.

La semaine dernière, l’Acadie Nouvelle est arrivée avec un titre fort efficace en page couverture pour ma chronique: «Le N.-B. n’a pas à craindre la récession». Ce dernier résumait bien l’essence de mon message, tout en allant à l’encontre de l’idée reçue selon laquelle une récession doit naturellement s’avérer un évènement douloureux pour monsieur et madame tout le monde.

Certes, ma chronique portait d’abord et avant tout sur les finances du gouvernement provincial, concluant que la position financière de ce dernier allait sans doute continuer de se renforcer même si une récession nous tombait dessus. Elle laissait cependant entendre que le Nouveau-Brunswick tirerait sans doute mieux son épingle du jeu que d’autres régions du pays dans l’éventualité d’une récession à l’échelle nationale.

Si l’on se fie aux prévisions des économistes, une récession serait loin d’être une chose assurée. La plupart d’entre eux sont d’avis que l’économie canadienne pourrait en effet entrer en récession «technique», c’est-à-dire qu’elle pourrait se contracter pendant au moins deux trimestres consécutifs. On ne s’attend néanmoins pas à ce qu’une éventuelle récession ait des conséquences majeures sur le marché du travail: l’emploi devrait continuer de progresser alors que le taux de chômage devrait augmenter, mais de très peu par rapport au passé.

Cela dit, l’incertitude autour de ces prévisions est très élevée.

En 2023, l’inflation devrait ralentir considérablement au fur et à mesure que les effets de la hausse dramatique des taux d’intérêt vont se faire pleinement sentir et que ceux de facteurs temporaires comme les difficultés liées aux chaînes d’approvisionnement mondiales et l’invasion de l’Ukraine par la Russie vont se dissiper.

Le hic, c’est que l’inflation pourrait demeurer élevée, à un niveau bien au-delà de la cible de 2% de la Banque du Canada. Et cela pourrait poser un sérieux problème.

Selon un sondage qui vient tout juste de paraître, les Canadiens s’attendraient à ce que l’inflation demeure bien au-delà de 5% au cours des deux prochaines années et au-dessus de 3% sur un horizon de cinq ans. Ces chiffres sont nettement à l’extérieur de la zone de confort de la Banque du Canada.

Les attentes des Canadiens sont importantes parce qu’elles ont une incidence sur leurs revendications salariales. S’ils croient qu’une inflation élevée va persister, ils sont plus susceptibles d’exiger de fortes hausses de salaires. Et plus fortes seront ces dernières, plus les entreprises devront augmenter leur prix, alimentant ainsi la boucle inflationniste.

Historiquement, pour mettre un terme à une inflation jugée trop élevée, les autorités monétaires ont dû provoquer une récession accompagnée de pertes d’emploi majeures et d’une hausse importante du taux de chômage, question de faire craindre aux travailleurs davantage de perdre leur emploi qu’une partie de leur pouvoir d’achat.

Or, comme nous l’avons indiqué précédemment, rares sont les économistes qui prévoient un tel scénario présentement.

L’un des éditoriaux de François Gravel la semaine dernière s’intitulait L’année de tous les dangers. On ne pourrait trouver un meilleur titre pour résumer l’année qui s’annonce sur le plan économique.

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