Que penser de la démission de Louis Léger de son poste de chef de cabinet du premier ministre Higgs?

Le chef de cabinet est un poste clé au sein du Cabinet du premier ministre. Il est responsable de tous les employés du bureau qui abrite les conseillers politiques partisans du premier ministre. Dans ce rôle, M. Léger était en contact quotidien avec Blaine Higgs. Son travail consistait à s’assurer que les demandes (ou exigences?) du premier ministre soient prises en compte par les ministres et les hauts fonctionnaires du gouvernement.

Ce rôle est puissant. Le chef de cabinet travaille en grande partie dans les coulisses et agit en tant que gardien du premier ministre. Il détermine qui peut le rencontrer et quelles idées ou propositions peuvent lui être soumises pour examen.

Ce travail est exigeant. Il est disponible 24 heures sur 24, 7 jours sur 7, et il est toujours prêt à faire face aux imprévus. Il s’assure également que les ministres et les membres du parti restent fidèles au message.

C’est ça le pouvoir!

Mais pourquoi Louis Léger démissionne-t-il maintenant?

C’est une bonne question, mais le roulement de personnel à ce poste n’est pas inhabituel compte tenu de ses exigences. Par exemple, Ian Brodie, l’ancien chef de cabinet de Stephen Harper, a occupé ce poste pendant environ trois ans avant de démissionner. De même, Gerald Butts, le chef de cabinet de Justin Trudeau, a occupé ce poste pendant quatre ans. Quant à M. Léger, il démissionne après 4,5 ans.

Comme il l’a expliqué, il était temps de passer à autre chose, car il ne s’attendait pas à durer aussi longtemps. D’autres activités l’attendent.

Mais sa démission intervient à un moment clé pour M. Higgs et les conservateurs. Des sondages récents montrent que le PC a un soutien de 22% et perd du terrain face aux libéraux qui obtiennent 40% des intentions de vote.

Ce n’est pas surprenant compte tenu de l’attaque de M. Higgs contre les droits linguistiques au Nouveau-Brunswick, notamment l’élimination de l’immersion française et l’affaiblissement du Commissariat aux langues officielles. Et, je n’ai même pas mentionné la détérioration rapide des relations avec nos peuples autochtones et le fiasco des soins de santé avec tant de personnes qui meurent dans nos salles d’urgence.

Pour les francophones, la démission de M. Léger peut être perçue comme une grande perte étant donné qu’il était le francophone le plus puissant du parti (désolé Daniel Allain!). Nous ne saurons probablement jamais dans quelle mesure M. Léger a pu atténuer certains des changements linguistiques mentionnés ci-dessus. Mais, il est raisonnable de penser qu’il a eu une certaine influence. Maintenant, cela manquera.

D’un autre côté, on pourrait dire que si c’était le mieux qu’il a pu faire, alors ce n’était pas grand-chose. Mais je ne suis pas sûr que ce soit une évaluation juste. Il serait plus juste de dire que c’est plus révélateur de l’acharnement de M. Higgs à vouloir diluer les droits des francophones dans la province.

Le plus gros problème pour les conservateurs est le fait qu’ils perdent des appuis, surtout chez les francophones de la province. Ils ont désespérément besoin d’élaborer un plan pour rebâtir cet appui et ils ont un an et demi pour le faire avant les prochaines élections. À l’heure actuelle, je ne pense pas que cela soit possible, à moins que M. Higgs ne résigne ses fonctions. Si le PC veut se sauver, alors M. Higgs doit partir.

Quant à la démission de M. Léger, beaucoup de bruit pour rien? Je ne le pense pas. Je crois que c’est plutôt symptomatique de la direction qu’on choisit de prendre les conservateurs.

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