Il paraît que le troisième lundi du mois de janvier est le jour le plus déprimant de l’année! On l’appelle le Blue Monday, ou Lundi Bleu pour les passionnés de la langue de Molière, celle-là même qui donne tellement d’urticaire au premier ministre Higgs qu’il a fini par la donner au chat, notre langue!

Ça fait que lundi, j’ai essayé d’être déprimé pour fêter le Blue Monday, mais je n’y arrivais pas, mozusse. J’ai essayé de faire la baboune, de faire la lippe, de faire grise mine, mais ça ne pognait pas pantoute pantoute, même que je pétais le feu, toé!

Finalement, j’ai fini par me sentir coupable de ne pas être déprimé! Je me sentais aussi coupable que si c’était moi qui aurait allumé le feu du bûcher de Jeanne d’Arc en 1431. Pour mémoire: la malheureuse avait été vendue par les Français aux Anglais, parce qu’elle était intervenue à Orléans pour faire reconnaître Charles VII comme roi légitime de France, après qu’il eut été déshérité du royaume, en 1420, au profit de la dynastie anglaise des Lancastre.

Et qui est le duc de Lancastre (Lancaster) aujourd’hui? Nul autre que l’actuel roi Charles III qui a hérité du titre l’automne dernier en même temps que du trône de sa mère. Comme on peut le constater, les Anglais ne lâchent pas facilement le morceau!

Ciel, le roi Charles va-t-il mettre la main sur la France? Oh my God, j’ai peur, j’ai peur!

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Tout ça pour dire que cette histoire de Blue Monday est fausse, c’était du marketing inventé en 2005 par une agence de voyage pour bouster ses affaires.

Ma culpabilité a fini par passer sur le coup de minuit. Fiou! Mais ce matin je me suis réveillé déprimé à l’os. J’ai fait la baboune, une journée en retard. Je me sentais à l’écart du reste des humains.

Y a rien de pire que de se sentir à l’écart des autres, comme on le voit souvent sur des réseaux sociaux, tel Facebook, quand quelqu’un poste un message nous incitant à cliquer sur sa page pour combattre un sentiment d’esseulement qu’il n’avouera jamais.

Bref, toutes sortes de petits chantages émotionnels manipulateurs afin d’attirer des «j’aime» sur sa page, oubliant que la solitude porte bien des déguisements, qu’elle sait faire tintinnabuler les vertus de l’amitié virtuelle comme des clochettes de Noël. Bonjour tristesse, comme disait la Sagan!

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Bon, ça, c’était hier et ce matin. À midi, j’ai repris mes esprits et, pour faire court: au diable le Blue Monday! Je suis de bonne humeur et j’entends le rester.

Surtout que je viens d’entendre le premier ministre Justin Trudeau, en pré-campagne électorale, affirmer à des travailleurs de l’automobile de Windsor que son gouvernement fait tout son possible pour bâtir un monde meilleur, précisant que la planète en entier nous envie et que nous avons donc toutes les raisons de l’univers d’être optimistes! En deux mots: votez libéral.

Non, mais on est-tu chanceux rien qu’un peu! Le monde entier nous envie, toé! Au réveil, partout sur terre, dès que quelqu’un a les yeux ouverts, il se met à parler du Canada, vantant ses charmes, ses attraits, son côté «holier than thou», qu’on peut traduire en portugais par «mais sagrado que tu», au cas où quelqu’un planifierait un voyage au Portugal cet hiver.

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C’est vrai qu’on est bien au Canada. Faut pas se mentir. À côté des femmes afghanes, forcées d’être invisibles sur la place publique, on est gras dur. Nos femmes sont traitées aux p’tits oignons. Même que certains maris aident leur femme à laver la vaisselle après le souper, toé!
On est bien mieux qu’en Chine également où le mozusse de virus aurait fait plus de 60 000 victimes depuis un mois selon les autorités chinoises qui semblent vouloir faire preuve de plus de transparence.

Transparence my ass, comme dirait Higgs. Car selon l’Organisation mondiale de la santé ces statistiques sont incomplètes. Évidemment, nous ne saurons jamais le fin fond de cette histoire, pas plus qu’on ne connaîtra jamais le nombre exact de concubines qui se sont disputé les faveurs des empereurs chinois dans la Cité interdite! Aussi bien se faire une raison.

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Note aux aficionados de l’Académie française: dans la phrase précédente, je ne suis pas certain de l’accord du verbe pronominal réfléchi «disputer», mais j’opte pour la règle du complément d’objet direct qui suit le participe passé, puisqu’on peut remplacer le verbe être (dans «se sont disputé») par le verbe avoir. Y en n’aura pas de facile!

Et puisqu’on en est aux confidences intimes, autant vous avouer tout de suite que je ne comprends pas grand-chose non plus au subjonctif plus-que-parfait. J’ai beau essayer de «figurer» ça dans ma tête quand j’ai à l’utiliser, je n’y parviens pas. Je suis probablement atteint d’un trouble de la perception temporelle. Ou temporale, allez donc savoir!

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Cela dit, j’ai aussi d’autres bonnes raisons d’être en joie aujourd’hui. Je viens d’apprendre l’ouverture d’un lycée français à Saint-Jean. Yéé.

J’avais eu vent de ce projet il y a quelque temps, croyant que le lycée serait situé à Moncton ou Halifax. Surtout que pour les francophones du Niou-Brunswick, s’il y a une réalité à laquelle on n’associe pas spontanément la ville de Saint-Jean, c’est bien au fait français. Sauf, peut-être, un coucou de Samuel de Champlain en 1604.

D’un autre côté, je me dis que c’est justement à cause de ça qu’il faut l’installer là. Mine de rien, la France donne un coup de main à l’expansion du fait français dans la province. Ce sera un plus!

Je profite d’ailleurs de l’occasion pour saluer la qualité exceptionnelle du travail du Consul de France, Johan Schitterer, qui me semble être tout à tous partout à la fois dans l’Acadie de l’Atlantique! S’il avait été là en 1755, je parie qu’il n’y en aurait pas eu de Déportation!

Sur ces belles paroles, je tire ma révérence. C’est l’heure de l’apéro que je prendrai à votre santé, étonnants lecteurs zé lectrices étonnées!

Cheers!

Han, Madame?

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