Je vous propose d’entrer dans l’univers de deux auteurs d’origines gaspésiennes. Raynald Besnier signe une première bande dessinée inspirée de son village natal tandis que Christine Arbour présente un troisième album jeunesse amusant qui célèbre la différence.

Petites histoires de village – la décision d’Ambroise, Raynald Besnier, Alessandro Serafini

Pendant plusieurs années, l’auteur Raynald Besnier cherchait une façon d’écrire sur sa famille et une histoire sur sa Gaspésie natale. C’est à la suite de sa rencontre en 2019 avec l’artiste d’origine italienne Alessandro Serafini qu’il a eu l’idée originale de créer une bande dessinée.

Après quelques mois, le projet a commencé à prendre forme.

Dans ce premier volume, l’auteur raconte l’histoire d’Ambroise qui fait face à un dilemme quant à son avenir professionnel. Le jeune homme de 24 ans un peu téméraire qui habite à l’Anse-aux-Gascons (village natal de l’auteur) aura à choisir entre rester dans son village ou partir pour Deslongchamp afin de travailler dans une nouvelle usine d’aluminium.

L’action se déroule dans les années 1930 pendant la crise économique. Les gens vivent de la pêche, de la coupe du bois, de la chasse et un peu d’agriculture. Comme le souligne l’auteur dans son préambule, la pauvreté règne dans ce village de 1200 habitants. «La débrouillardise et la compétition s’expriment de façon bien singulière entre les paroissiens.»

Les représentants de la compagnie Bauxite aluminium sont de passage dans le village pour recruter des travailleurs. Ambroise qui chaque automne doit se rendre dans les chantiers en Abitibi, rêve d’un emploi plus stable, à l’année. Il est tenté par cette offre, mais il doit d’abord en parler à son amoureuse Gertrude, espérant qu’elle voudra le suivre.

À travers cette histoire, l’auteur dresse le portrait des coutumes de son village et du mode de vie de l’époque. Les dessins réalisés avec soin par Alessandro Serafini dans un style assez classique, riches en détails, sont d’une grande justesse, permettant ainsi au lecteur d’être témoin de cette histoire familiale.

Sans révolutionner le genre, ce roman graphique réalisé avec beaucoup d’attention transpire la passion de son auteur pour son coin de pays. C’est une histoire toute simple racontée un peu comme une chronique de la vie quotidienne. Il y dépeint la réalité d’un village et les traditions d’une époque. Bien que l’action se déroule dans les années 1930, certains thèmes demeurent actuels. Je pense, entre autres, à la conversation entre le père d’origine française et son fils. Le père lui parle de son passé, tandis que le jeune homme a envie de regarder vers l’avenir. Il est convaincu que ses choix lui apporteront une vie meilleure. Bien des jeunes ont dû à un moment de leur vie quitter leur village pour poursuivre leurs études ou se trouver un travail.

L’amour, l’exode rural, la famille et la vie communautaire figurent parmi les thématiques abordées par l’auteur qui s’est inspiré des histoires racontées dans son village. Même si le récit pourrait être un peu resserré et peaufiné à certains moments, je dois dire que ce premier effort est très prometteur. J’y ajouterais un soupçon d’humour ou de mystère juste pour donner un peu de piquant au récit. Ce n’est que le premier volume et j’ai hâte de lire la suite, Contraintes et Dilemmes, qui paraîtra probablement plus tard cette année. (Éditions de la Francophonie, 2022). ♥♥♥

Léo les chaussettes, Christine Arbour, Johanna Lezziero

Ce nouvel album pour les jeunes lecteurs âgés de 4 à 8 ans célèbre la différence et l’originalité de chaque être humain. C’est l’histoire de Léo qui a l’esprit d’un enfant dans un corps d’adulte. De nature joviale, Léo s’apprête à vivre une journée extraordinaire. C’est son anniversaire. Son jeune frère Jean et sa famille lui préparent une surprise. En quittant la maison, Léo qui n’aime pas prendre l’autobus se rend à l’école en marchant. Pendant le trajet, un rassemblement d’amis se forme pour accompagner Léo vers la fête. On apprend aussi tout ce que Léo est capable de réaliser et comment il aide les gens de sa communauté. On le surnomme Monsieur Soleil. «Léo, c’est Léo! Il sait chasser les nuages et les tracas.»

Les dessins aux couleurs pastels de Johanna Lezziero sont jolis, tout en délicatesse et très inspirants. Bien que la différence soit un thème récurrent dans la littérature jeunesse, il reste que cet album l’aborde d’une façon assez originale. C’est aussi un récit qui met en valeur l’entraide, la famille, la communauté et l’amitié fraternelle.

L’autrice d’origine gaspésienne a publié deux autres livres, dont La boîte aux belles choses, aussi illustré par Johanna Lezziero. Cette oeuvre qui m’avait émue a été finaliste aux Prix littéraires des enseignant.e.s de français du Québec 2021. (Éditions Bouton d’or Acadie, janvier 2023) ♥♥♥½

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