Au début du mois de janvier, Francopresse – l’organisme des médias francophones au pays – rendait public son «Palmarès 2022 des 10 personnalités influentes de la francophonie canadienne», sur lequel figurent – bravo à elles deux! – notre cinéaste Renée Blanchar et notre talentueuse Lisa Leblanc.

Au total, sept femmes ont leur place dans ce palmarès. Outre nos deux artistes acadiennes, mentionnons Michelle O’Bonsawin, première juge autochtone et franco-ontarienne à la Cour suprême du Canada, Elisa Brosseau, maire de Bonnyville en Alberta, Lily Crist, présidente de l’Association francophone de Colombie-Britannique, Marie-Hélène Comeau, enseignante au Yukon et, à titre posthume, Gisèle Lalonde qui a mené l’épique combat pour garder ouvert l’hôpital Monfort d’Ottawa.

Sept femmes avec des parcours très différents, des combats divers, mais qui ont marqué leur communauté et notre société dans son ensemble. Sept personnes sans qui la francophonie canadienne manquerait d’institutions, de couleurs et de vie.

Au moment même où je me penchais sur la vie de ces femmes d’exception, Mursal Nabizada, seule femme membre du parlement afghan était abattue chez elle avec son garde du corps et toutes les afghanes étaient définitivement privées du droit d’étudier à l’université. Comme disait l’une d’entre elles sous couvert de l’anonymat à la CBC, «le seul droit qu’il nous reste est celui de respirer.»

Ces deux réalités mises l’une à côté de l’autre ont un effet saisissant. Par quelle idée tordue peut-on vouloir mener un pays en se privant de ses forces les plus vives? Au nom de quelle croyance croit-on pouvoir légitimement décider du sort de tout un pan d’une société? Que serait le Canada, l’Acadie, sans les femmes?

Ce contraste permet aussi – c’était mon intention première – de remettre en perspective le sens de certains mots bien galvaudés, déformés et détournés de leur sens ces derniers temps au Canada par des extrémistes en colère. Des mots comme «dictature» ou «liberté» ou même «tyrannie».

Le Canada est une démocratie, pas une dictature, notre liberté est pleine et entière. Par respect pour celles et ceux qui vivent au quotidien sous l’emprise de tyrans, redonnons leur vrai poids aux mots et cessons de nous poser en martyrs.

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