À chaque année en décembre, Statistique Canada publie les données sur la population du Canada et des provinces au 1er juillet. Le mois suivant, l’agence ventile les données à l’échelle régionale.

Ainsi, le mois dernier, nous apprenions que les rangs des Néo-Brunswickois ont fait un bond spectaculaire de presque 22 000 habitants au cours de l’année 2021-2022, du jamais vu. Qui plus est, pour la première fois en presque un demi-siècle, le Nouveau-Brunswick a fait mieux que la moyenne nationale en matière de croissance démographique.

En plus des données annuelles, l’agence nationale publie des estimations trimestrielles, dans ce cas-ci seulement pour le Canada et les provinces. Les derniers chiffres, également publiés en décembre, montrent que loin de ralentir, la croissance démographique néo-brunswickoise s’accélère. Pour les quatre trimestres se terminant le 30 septembre 2022, notre population s’est accrue d’environ 25 000 habitants.

Il s’agit d’un dramatique revirement de fortune pour le Nouveau-Brunswick. On se rappellera qu’entre les recensements de 2011 et 2016, celui-ci était la seule province canadienne à voir sa population rapetisser. À peine cinq ans plus tard, il figure désormais dans le peloton de tête, n’étant devancé que par ses deux voisines des Maritimes.

Bien qu’elle avait déjà commencé à prendre son élan vers la fin de la dernière décennie, la croissance démographique néo-brunswickoise est vraiment passée en vitesse grand V environ neuf mois après le début de la pandémie. Entre le 1er janvier 2021 et le 30 septembre 2021, la population provinciale a augmenté d’environ 36 000 personnes, soit davantage qu’au cours des vingt années précédentes combinées.

Derrière cette nette accélération se trouve un principal phénomène, soit l’afflux sans précédent de résidents des autres provinces. Longtemps terre d’exil, le Nouveau-Brunswick s’est récemment métamorphosé en terre d’accueil, en particulier pour des dizaines de milliers de résidents du sud de l’Ontario fuyant l’un des marchés du logement les moins abordables au monde.

Jusqu’à tout récemment, la croissance démographique profitait surtout aux trois grands centres urbains du sud de la province. Au sein du Nouveau-Brunswick francophone rural, seul le comté de Kent faisait exception. Entre les recensements de 2016 et de 2021, le comté a connu une croissance plus forte que la moyenne provinciale. Celle-ci était concentrée tout le long du littoral, de Cocagne et Grande-Digue jusqu’à Pointe-Sapin.

L’an dernier, cependant, toutes les régions de la province ont vu leur population s’accroître. Même le comté de Restigouche, qui avait vu ses rangs diminuer pendant 30 années consécutives, a affiché un bilan positif, soit un gain de 0,5 pour cent pour les douze mois se terminant le 30 juin 2021.

Certes, à l’exception du comté de Kent, le Nouveau-Brunswick rural francophone tire toujours de l’arrière par rapport au reste de la province. Cela dit, un gain de 1,2 pour cent en une seule année, comme l’a connu le Madawaska, ça se prend très bien, merci. La hausse de 0,8 pour cent qu’a vue le comté de Gloucester, ou encore celle affichée par le comté Restigouche, ne sont rien à cracher dessus non plus.

C’est donc dire que si la tendance se maintient, le Nord francophone pourrait dorénavant avoir à faire face au beau problème de gérer la croissance.

À cet égard, ce ne sont pas les défis qui manquent. Le premier, bien sûr, c’est la crise du logement. Très bientôt, la Société canadienne d’hypothèque et de logement devrait publier ses chiffres sur les taux d’inoccupation des logements locatifs pour l’année 2022. On se rappellera que l’an dernier, des cités comme Bathurst et Campbellton affichaient essentiellement déjà complet. Il y a fort à parier que la situation dans le Nouveau-Brunswick francophone ne s’est pas améliorée depuis, bien au contraire.

C’est du moins ce à quoi on peut s’attendre lorsqu’on examine les données sur les mises en chantier. Bien qu’elles aient explosé dans les trois grands centres du sud au cours des dernières années, dans le reste de la province, elles sont en fait en déclin par rapport à la tendance pré-pandémique.

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