CMA 2024: les ponts bâtis entre les régions de la baie des Chaleurs demeurent intacts

Les efforts pour attirer le Congrès mondial acadien de 2024 dans la région Baie-des-Chaleurs se sont peut-être soldés par un échec. Néanmoins, tout le travail n’aura pas été fait en vain.

Les quatre régions impliquées dans la candidature entendent en effet continuer de collaborer plus activement entre elles dans un futur rapproché.

C’est en gros ce qui ressort de la rencontre bilan survenue récemment entre les élus des régions impliquées, soit de Bathurst à Bonaventure.

Certes, le grand rendez-vous n’aura pas lieu tel qu’espéré, la candidature de la Baie des Chaleurs pour le CMA-2024 – formée des régions Chaleur-Restigouche au Nouveau-Brunswick, et Avignon-Bonaventure au Québec – s’étant inclinée face à celle de Clargyle (Nouvelle-Écosse). Malgré tout, les membres de la candidature de la BDC n’ont pas l’intention de jeter le travail abattu aux ordures.

«En discutant avec nos confrères de l’autre côté de la rivière (Gaspésie), on constate que la porte est grande ouverte pour des projets à caractère touristiques et autres. À mes yeux, on a ainsi tout de même gagné quelque chose d’important dans cette aventure même si nous n’avons pas pu mettre la main sur le CMA», exprime le maire de Balmoral, Charles Bernard.

Son homologue d’Atholville, Michel Soucy, était le principal artisan du projet pour le secteur Restigouche. Il confirme que les municipalités québécoises ont démontré un grand intérêt à se réunir à nouveau avec leurs compatriotes acadiens de Restigouche et Chaleur question d’envisager le développement de projets communs.

Cette rencontre pourrait avoir lieu cet automne.

«On a convenu de se rencontrer pour discuter de collaboration, que ce soit au niveau touristique, économique, social, etc. L’idée c’est vraiment de voir ce que l’on peut faire ensemble pour promouvoir notre grande région (Baie-des-Chaleurs). On a perdu le CMA-2024 d’accord, mais ça ne nous empêche pas de mettre en œuvre autre chose, un autre type de rassemblement des deux côtés de la rive pour faire ressortir notre fierté d’être acadien, d’être un résident de notre coin de pays», souligne-t-il.

Mais qu’a-t-on en tête exactement?

«Ce pourrait être un mini-congrès, un festival, des compétitions, ou quelque chose en lien avec le concept des plus belles baies du monde… Nous n’avons rien de concret jusqu’à présent, tout le monde est très ouvert aux idées», précise M. Soucy.

Selon lui, les liens créés entre les maires gaspésiens et du nord du Nouveau-Brunswick se sont avérés très intéressants, et surtout prometteurs.

«Pour plusieurs, moi y compris, ce rapprochement était une grande première. Car même si on n’est pas situé bien loin les uns des autres, on parle trop peu à nos cousins de la Gaspésie, et vice-versa. Je crois que tout le monde a apprécié l’expérience, comprendre la réalité et la dynamique de l’autre. On s’est redécouvert et justement, je pense qu’on doit saisir cette opportunité, ces nouveaux liens, pour bâtir quelque chose et éviter de se perdre de nouveau de vue», relate M. Soucy.

Il soulève au passage une certaine urgence d’agir rapidement puisque des élections municipales sont prévues dans moins d’un an au Nouveau-Brunswick. Du coup, plusieurs élus pourraient alors ne plus se retrouver autour de la table.

«On aimerait commencer à bâtir quelque chose ensemble dès maintenant afin que les prochains élus aient déjà du matériel avec lequel travailler, défricher le terrain pour eux en quelque sorte», indique le maire.