CMA: des Américains et des Français sur les traces de leurs ancêtres acadiens

De tous les coins des Maritimes, en passant par Belle-Île-en-Mer et le Rhode Island jusqu’à Bâton-Rouge, les Acadiens ont célébré leur identité ce samedi à Abram-Village. Le Congrès mondial acadien bat son plein et nombreux sont ceux qui souhaitent marcher sur les traces de leurs ancêtres déportés.

Si Armand Michaud ne parle pas la langue de Molière, cela ne l’empêche pas de célébrer en grand ses racines acadiennes. Originaire du Rhode Island, un petit État américain de la Nouvelle-Angleterre, il est parent avec les Gallant et les Poirier.

Dans le même petit groupe rencontré par l’Acadie Nouvelle, il présente son cousin au cinquième degré, David Le Gallant qui habite Mont-Carmel, à l’Île-du-Prince-Édouard.

Leur rencontre s’est produite dans des circonstances bien particulières il y a une quinzaine d’années. Alors en visite au Village historique acadien, dans la Péninsule acadienne, l’Américain demande à un guide touristique de lire les cartes généalogiques qu’il a amenées.

Ce guide est David Le Gallant, qui prend son rôle très à cœur de faire vivre l’Acadie d’antan aux visiteurs. Les deux n’ont aucune idée qu’ils ont des liens de parenté.

«Je suis trop occupé, je n’ai vraiment pas le temps», avait-il répondu à l’homme du Rhode Island.

En soirée, une fois le boulot terminé, M. Le Gallant prend une minute pour analyser la carte de M. Michaud. Une réaction instantanée s’en suit.

«On est parents!», lance-t-il.

Depuis ce jour, Armand Michaud et David Le Gallant se revoit lors d’occasions spéciales, tel que le Congrès mondial acadien.

Les Acadiens de Belle-Île-en-Mer

Des Français aux origines acadiennes sont nombreux cette année au CMA. Les Granger ont porté fièrement le bleu blanc rouge ce samedi, avec des chandails à l’effigie de leur famille.

Marie-Claire Granger explique leur parcours et les raisons pour lesquels le clan Granger participe au Congrès.

Lors de la déportation en 1755, leurs ancêtres ont été envoyés en Virginie. L’État américain n’a pas voulu d’eux. Ils ont donc été déportés en Angleterre et enfermés dans des prisons. Lors du traité de Paris, ils ont été libérés.

Au même moment, de 1761 à 1763, Belle-Île-en-Mer était occupée par les Anglais. Après être redevenue française, l’île a accueilli 78 familles qui avaient été déportées, dont les Granger en 1765.

«C’est important de retrouver ses racines. Nous, c’est en Nouvelle-Écosse sur les terres de nos ancêtres, sur les lieux de la déportation aussi», lance-t-elle.

Marie-Claire Granger descend des Richard, tandis que le groupe a relaté avoir des ancêtres chez les LeBlanc, les Thériault et les Landry.

«C’est une façon de retrouver notre identité. Venir ici, c’est faire un lien avec toutes les familles avec lesquelles on a des liens de parenté. C’est important pour nous de transmettre cette histoire-là à nos enfants et de continuer cette quête historique de nos origines.»

La fierté des gens de la région d’Évangéline

Léona Arsenault, Nancy LeBlanc et Roma McNeil Richard sont toutes trois nées au cœur de la région d’Évangéline. Elles n’y vivent plus aujourd’hui, mais leur fierté est palpable lorsqu’elles voient leur patelin transformé l’instant de quelques jours en véritable carrefour de l’Acadie.

«Ça fait chaud au cœur de voir tous les gens venus de l’extérieur», exprime Léona Arsenault, qui vit maintenant à Oyster Bed Bridge, près de Charlottetown.

Une génération plus jeune, les sœurs Arnesault sont très enjouées par l’effervescence qui enchante Abram-Village, près de l’endroit où elles sont nées.

«C’est vraiment spécial de voir que ça se passe dans la région. Je n’avais jamais envisagé que ça se passe ici», lance Michelle Arsenault.

La Louisiane représentée à Abram-Village

Laurie Rials et son mari sont des Cajuns de Bâton-Rouge. Fasciné par leurs origines, le couple a passé le mois de juin en Nouvelle-Écosse afin d’explorer les confins des territoires touchés par les déportations.

«On voulait marcher sur les pas de nos ancêtres. On voulait rencontrer d’autres Acadiens», dit-elle.

Ils veulent assister à des réunions de famille. Ils sont d’ailleurs parents avec les Hébert, les Landry et les Babin.

«C’est une des principales raisons pourquoi nous sommes venus au Congrès, pour se faire des contacts avec des gens de notre propre famille.»

Leur expérience dans les Maritimes est très positive.

«Les gens sont sympathiques, amicaux, très ouverts. L’hospitalité est très similaire à celle de la Louisiane du Sud», fait-elle remarquer.

Le site de l’ouverture en face

«Dans les shows de Cayouche, le monde me confond souvent avec lui», lance Gérald Bourque avec un sourire.

Originaire de Scoudouc, M. Bourque demeure à Abram-Village, à quelques minutes à pied seulement du site de l’Exposition agricole.

«Moi, je vis de l’autre bord du chemin. Je n’aurais même pas eu besoin d’acheter l’épinglette: je peux écouter la musique sur mon patio en avant», s’exclame-t-il.

Il n’aurait toutefois pas manqué cette occasion tant attendue. Toutes les épinglettes des précédents Congrès décorent son chandail, aux couleurs de l’Acadie.

«C’est une grosse fête pour icitte!»

Sa fille et son petit-fils, qui vivent à Cap Saint-Georges, à Terre-Neuve sont présents pour passer du bon temps en famille tout en célébrant l’Acadie.