CMA: la région Évangéline crie sa fierté à l’Acadie du monde

Arborant fièrement les couleurs de l’Acadie, la région Évangéline à l’Île-du-Prince-Édouard a accueilli en beauté les Acadiens de par le monde. Des centaines de personnes ont envahi la petite localité d’Abram-Village afin d’assister au coup d’envoi du 6e Congrès mondial acadien qui a pris son envol samedi.

«Ce n’est pas croyable que les Acadiens du monde viennent à Abram-Village, une petite communauté de 300 personnes», a déclaré le maire Roger Gallant avec émotion.

Des maisons aux couleurs de l’Acadie et une multitude de drapeaux acadiens flottent dans les villages de la région Évangéline. Tout était prêt pour accueillir la grande famille acadienne.

Si le temps était plutôt instable et le ciel menaçant en début d’après-midi, les festivités ont quand même été de l’avant. Vers 16h30, un orage s’est toutefois abattu sur la région, ce qui a forcé artistes et spectateurs a poursuivre la fête à l’intérieur.

Pour la musicienne Patricia Richard, de Mont-Carmel, ce CMA la touche profondément. Elle a chanté l’Ave Maris Stella avec Monique Poirier sur le pont de la Confédération à l’arrivée des coureurs, samedi à l’aube.

«J’ai des frissons, je suis tellement touchée par ça. Justement ce matin, j’ai eu la grand plaisir de chanter l’Ave Marie Stella après une célébration autochtone. Ça fait depuis hier que je pleure. C’est de voir la communauté faire autant d’efforts pour accueillir toute cette activité. Je n’ai jamais vu la région décorée comme ça.»

«On a toujours été fier de nos racines et on vit notre culture tous les jours. On a été chanceux qu’on a pu maintenir notre culture et notre langue dans la région Évangéline. Nous sommes fiers et on le vit au quotidien, mais là d’accueillir le congrès, ça éveille encore plus. Tout le monde est ému et excité», a-t-elle poursuivi.

Le maire Wellington, Alcide Bernard, a confié qu’il a pleuré d’émotion et rit samedi matin en entendant les jeunes parler de l’impact du congrès sur la communauté.

Rodney Doucet, de Saint-Jean, qui a assisté à la course de nuit sur le pont ayant attiré 1000 coureurs a été très impressionné.

«C’était beau de voir ça. Il faisait vraiment beau. Il y a eu une espèce d’énergie et d’entraide entre les coureurs.»

Gilles Jacob, de Petit Cap, dans le sud-est du Nouveau- Brunswick, ne voulait surtout pas manquer ce 6e congrès. Ses billets sont achetés depuis longtemps.

«Je n’ai pas participé aux autres congrès, mais cette année, je me suis décidé de participer. C’est réservé du 10 au 24 août. Je tiens au français. On est ici jusqu’à ce soir. J’ai tellement rencontré de personnes que je n’avais pas vues depuis longtemps», a-t-il affirmé.

Festival folk

En après-midi, un festival folk a pris place en plein coeur de la municipalité d’Abram-Village. Un petit village de chapiteaux a été aménagé avec deux grandes scènes au centre du site.

La série de concerts a mis en vedette, entre autres, l’inimitable Menoncle Jason, Cajun Country Revival et DOC.

La directrice artistique de la journée d’activités, Emmanuelle LeBlanc, a voulu recréer cet esprit de collaboration et chaleureux des festivals folks. Il n’y avait pas une grande foule au début, mais le gens sont arrivés sur le site du concert petit à petit. Il faut dire que le ciel était menaçant et qu’il y a eu des averses en début d’après-midi.

Cette journée de concerts a fait une grande place aux artistes de l’Île-du-Prince-Édouard, comme la formation DOC. Anastasia DesRoches, de Miscouche, et Mylène Ouellet, de Mont-Carmel, de cette formation, estiment que ce genre d’événement donne du courage et de la force à toute la collectivité francophone, surtout quand on est minoritaire comme à l’Île. Les deux militantes pour la cause francophone sont très engagées dans le monde de l’éducation.

«Il y a beaucoup d’obstacles, mais d’avoir des événements comme ça et de voir tous les francophones rassemblés, ça nous donne du courage de continuer. On sent que nos efforts valent la peine. Je me rappelle du premier congrès, j’avais 16 ans et je l’avais enregistré sur VHS. Ça m’a vraiment marquée et je me rappelle de toutes les répercussions dans la communauté. J’ai hâte de voir ce que ça va donner ici. Déjà de voir ce que la communauté fait pour se préparer, je peux voir que ça donne un autre regain à la culture de l’île», a exprimé Mylène Ouellet.