CMA: une grande famille réunie à Grande-Digue

Michel et Marie-Claire Granger sont venus de loin pour voir leur famille éloignée à Grande-Digue, dimanche.

Originaires de Belle-Île-en-Mer, les deux Français ont participé à la réunion familiale des Babineau-Granger, deux familles qui ont de l’histoire dans la région.

Marie-Claire a découvert son héritage acadien lorsqu’elle était plus jeune.

«C’est arrivé quand j’avais environ 20 ans, par l’intermédiaire d’une vieille dame qui a écrit un petit cahier sur la généalogie de mon mari et de toute l’histoire des Acadiens.»

Elle a déjà parlé de son héritage Acadien dans le documentaire de Phil Comeau, Belle-Île-en-Mer, île bretonne et acadienne.

«C’est un héritage magnifique. C’est une histoire hors du commun, c’est peut-être pour ça que ça nous touche aussi, c’est une histoire triste au départ.»

Elle juge que l’histoire se répète. Elle ne peut s’empêcher de penser au Grand Dérangement chaque fois que des réfugiés sont détournés d’Europe.

«De la même façon que nos familles à nous ont été refusées quand elles sont arrivées en Virginie, l’Italie et la France n’accueillent pas toujours dignement ces personnes-là. Ça nous touche, parce qu’on fait un parallèle avec ce que nos familles ont vécu.»

Il s’agit du troisième Congrès mondial acadien auquel les deux «Acadiens-Français» assistent.

«On y fait de belles rencontres, on a été reçus chez des gens du Nouveau-Brunswick», dit Michel Granger.

Marie-Claire affirme que leur accueil en Acadie a été chaleureux et qu’il a été facile de tisser des liens avec les autres Babineau et les Granger.

«Quand on vient ici, c’est comme si on était de la même famille et qu’on se retrouvait. Il y a un naturel à parler et à aller vers les gens, et les gens ont une facilité à venir vers nous aussi. Il y a un lien assez fort entre tous ces gens-là», dit-elle.

La réunion de famille de cette année est plus grande que jamais, mais le concept n’a rien de nouveau pour les Babineau.

En fait, bon nombre d’entre eux se rencontrent chaque année à Grande-Digue au mois de juin.

Lucie Babineau, elle, a gardé les pieds bien ancrés au sol lors de la réunion de famille. Elle l’a organisée avec l’aide d’un comité et elle a été soulagée de voir que tout se déroulait comme prévu.

«On a au moins une réunion par année depuis 1974. Je pense qu’on peut dire que ce sont les Babineau qui ont commencé cette tradition-là», se targue-t-elle.

Ce rituel familial revêt une certaine importance pour elle et ses proches. «On est des Babineau et on tient à notre famille et à réunir notre monde pour se voir et se rencontrer.»

Cette fois, à cause du CMA 2019, ils ont accueilli plus de convives qu’à l’habitude.

«Aujourd’hui, j’ai des gens qui sont arrivés de Bathurst que je n’avais jamais rencontré et, bien entendu, on a deux familles de Granger», dit l’organisatrice, qui estime que l’événement a attiré plus d’une centaine de personnes.

Ce ne fut pas un travail facile, mais Lucie peut maintenant se féliciter d’une réunion réussie.

«C’est la première fois que je suis autant impliquée dans le comité d’organisation. C’est moi qui recevais les inscriptions et j’ai réalisé que c’était beaucoup de travail, mais je suis contente de l’avoir fait.»

Au cours des activités de la journée, la soeur Laurina Babineau a pris le micro pour raconter le début de la famille Babineau dans le sud-est de la province ainsi que le lien entre la famille Babineau et la famille Granger.

Elle a relaté l’arrivée de son ancêtre Jean-Pierre Babineau dans la région, à Rivière-aux-Crapauds, un endroit qui porte maintenant le nom de Turtle Creek, au sud de Riverview.

Laurina habite maintenant dans la paroisse de Coverdale, près des terres de son ancêtre, où elle continue d’en apprendre sur ses racines familiales.

«J’ai été intéressée d’aller voir le village où ont vécu mes ancêtres. Lors de la dispersion des Acadiens, il a été emprisonné au fort Frontenac et quand il est sorti, il est allé à la rivière Chipoudy», dit la soeur avant d’expliquer que Jean-Pierre Babineau a alors fondé un petit village à Rivière-aux-Crapauds.

Les Granger habitaient près des Babineau à l’époque. Dimanche, quelques membres de la famille Babineau ont donc fait une visite guidée de la terre de leurs ancêtres.