Sur les traces des LeBlanc à Shediac

La réunion de la plus vaste famille de l’Acadie avait lieu à Shediac, samedi dernier.

Bon nombre d’entre eux se sont déplacés pour faire de nouvelles rencontres et profiter de l’ambiance musicale, mais certains d’entre eux ont fait le chemin pour accomplir un but spécifique: en apprendre davantage sur leurs ancêtres.

C’est le cas d’Oscar LeBlanc, de Shediac, qui scrutait les arbres généalogiques affichés sur les murs du gymnase de l’école Mgr-François-Bourgeois.

«Il y a des LeBlanc du côté de ma mère. [Mes ancêtres] habitaient à Fox Creek, près de Dieppe, et ont remonté le ruisseau jusqu’à Boudreau Office, maintenant appelé Boudreau-Ouest, près de Shediac», dit l’homme.

Il explique qu’il habite toujours près de ses terres ancestrales. La maison de son ancêtre, vieille de plus de 200 ans, est encore debout, affirme-t-il fièrement.

Oscar LeBlanc voulait notamment poser quelques questions sur son héritage à Stephen White, généalogiste de l’Université de Moncton.

«Il y a de fortes chances que les LeBlanc soient la plus grande famille de l’Acadie. C’est simplement en fonction du nombre de garçons qui sont nés LeBlanc. Daniel LeBlanc, le tout premier ancêtre qu’on peut retracer, avait six fils, et de ses six fils, cinq se sont mariés et les cinq familles LeBlanc de troisième génération comptaient 35 garçons», explique l’expert.

Il affirme qu’au temps du Grand Dérangement, il existait plus d’une centaine de familles LeBlanc. Les descendants de ces familles habitent maintenant un peu partout en Amérique du Nord.

«On a été dispersés d’une manière remarquablement égale. Il y a presque autant de branches de la famille qui se sont rendues en Louisiane qu’au Québec ou en région Atlantique.

Stephen White explique que son nom a été changé de LeBlanc à White par son ancêtre Simon White dans les années 1870.

Le généalogiste Stephen White. – Acadie Nouvelle: Alexandre Boudreau

Simon White, un marin, a changé son nom après avoir déménagé au Massachusetts pour éviter d’être connu comme un français catholique, quelque chose de mal vu à l’époque.

De plus, à l’époque, les Américains prononçaient son nom «Lee-blank» au lieu de LeBlanc, ce qui avait le tour de l’énerver, selon Stephen White.

«C’était une manière de s’intégrer, mais c’était aussi de l’assimilation», explique-t-il.

Des Louisianais sur les traces de l’Acadie

Quatre Louisianais fiers de leurs racines acadiennes ont écouté attentivement la présentation de Stephen White.

Ils sont originaires de Lafayette et de Scott en Louisiane.

Claudette Préjean-Leblanc, elle, était au premier congrès à Moncton, en 1994.

«On vient ici et on se sent chez nous. On rencontre des gens tout le temps.»

Pendant le congrès, ils ont passé leur temps à aborder des inconnus pour leur parler de leur culture. Ils ne parlent pas couramment le français, mais ils ont néanmoins été bien accueillis, explique Claudette.

«Ce n’est vraiment pas difficile de faire ça ici, tout le monde est vraiment amical.»

Pour sa part, Stephanie LeBlanc en est à son premier congrès.

«Mon grand-père était Dudley LeBlanc, un gros partisan de la culture francophone acadienne. Il aimait amener des gens de la Louisiane ici pour qu’ils en apprennent sur l’histoire de l’Acadie et sur [nos origines].»

Elle affirme qu’elle voit de forts liens entre la culture cajun et la culture de l’Acadie du Nouveau-Brunswick, même après des centaines d’années de séparation.

«J’ai toujours voulu retrouver mes racines. En Louisiane, on est des Cajuns, on est différents des autres Américains, on a une culture et une histoire que personne d’autre n’a. C’est incroyable de revenir dans notre pays d’origine et de voir ce qui en est.»