Une «danse fanfare» qui va à la rencontre du public

Elise Legrand et sa troupe proposent une expérience originale et festive, en mariant la danse contemporaine, le théâtre physique, la fanfare et l’humour dans un spectacle en plein air largement inspiré des rassemblements humains. Cette œuvre, interprétée par six danseurs et huit musiciens, est présentée au Parc riverain, à Moncton, jusqu’à jeudi.

Chaudement applaudis par le petit groupe de spectateurs, mardi, lors de leur première représentation à l’espace Extrême frontière du CMA, les danseurs vont à la rencontre du public. Vêtus de costumes de soirée avec une touche de dérision, ils dansent au milieu des gens. C’est cette proximité qui plaît à la chorégraphe, interprète et musicienne, Elise Legrand, qui est aussi une spécialiste des arts du cirque et de la rue.

«Le fait que ce soit dehors, ça va rejoindre tout un public qui ne serait peut-être pas venu voir un spectacle de danse à l’intérieur», a-t-elle déclaré en entrevue à l’issue de la représentation.

Cette chorégraphie intitulée By his loving wife a d’abord été créée dans un parc à Sherbrooke, au Québec, où il y avait une fontaine sur laquelle était gravée cette inscription. La pièce qui met en scène des musiciens et des danseurs, dont l’Acadienne Julie Duguay et directrice artistique de Circus Stella, plonge dans l’univers des musiques du monde traditionnelles principalement de l’Europe de l’Est.

C’est à la fois absurde, éclaté et un peu hors-norme. On traverse plusieurs tableaux. Certains sont très structurés, tandis que d’autres laissent planer un flottement et de l’amusement.

«L’inspiration vient du côté traditionnel des rassemblements. Qu’est-ce qui nous unit universellement? On a tous des mariages, des enterrements, des joies, des fêtes… C’est un peu de mélanger tout ça à travers l’humour. On passe d’un tableau à l’autre et il y a aussi ce genre de réception où on se met un peu chic, mais de façon un peu absurde.»

«Reprendre une même pièce plus qu’une fois»

Elise Legrand qui a dansé pour plusieurs compagnies aime créer des œuvres in situ que ce soit dans des lieux extérieurs ou intérieurs. Elle a imaginé des pièces pour des galeries d’art et des musées en s’inspirant des expositions.

«Avec toutes les chorégraphies in situ qui étaient adaptés à un seul lieu, j’avais envie de tourner et de reprendre une même pièce plus qu’une fois. Je me suis dit que dans un parc, c’était adaptable à d’autres endroits.»

C’est ainsi qu’elle a été invitée par le Festival de danse en Atlantique à présenter son spectacle à Moncton. Il faut dire que l’artiste a développé des liens avec le milieu de la danse et du cirque en Acadie depuis plusieurs années. On l’a vu en spectacle, entre autres, avec la compagnie Labokracboom qu’elle a cofondée. Ses premiers spectacles en espace public ont été créés avec Julie Duguay en 2004-2005.

«C’est à cause d’Elise que je fais du cirque aujourd’hui», lance la directrice artistique de Circus Stella.

La chorégraphie doit être adaptée pour chaque endroit où elle est présentée, en fonction de l’espace, des arbres et de tout ce qu’on retrouve sur place.

«Il faut s’adapter aux conditions des lieux et à l’environnement. Le lieu est toujours différent et l’espace n’est pas carré. Il faut toujours être alerte et vigilant», a commenté Julie Duguay.

Un des défis rencontrés au Parc riverain, mardi, c’est la musique qui provenait d’ailleurs sur le site. Elise Legrand confie que pour les musiciens, ce n’était pas l’idéal. Dans d’autres parcs urbains, ça peut être le trafic qui interfère avec le spectacle.

La chorégraphe travaille avec des musiciens et des danseurs qui se connaissent depuis longtemps. Selon Julie Duguay, ils ont réussi ainsi à développer une belle complicité et une chimie entre eux. Le spectacle sera présenté à nouveau mercredi et jeudi à 17h.