Hubert Lenoir: la diversité des genres au coeur même de sa création

Depuis la sortie de son premier album, Darlène, en février 2018, la vie est un véritable feu roulant pour Hubert Lenoir. Celui qui a connu un début de carrière musical sur des chapeaux de roue estime que la pire chose qu’il pourrait faire c’est d’arrêter d’être lui-même pour essayer de devenir une autre personne pour satisfaire les besoins de l’industrie.

«La seule chose que je peux faire pour, disons, montrer l’exemple est de suivre les valeurs que je prône depuis toujours, c’est de rester moi-même et de faire ce que je veux et ce que j’aime artistiquement», a exprimé en entrevue Hubert Lenoir, de son vrai nom Hubert Chiasson.

Celui qui montera sur la scène de l’Espace Extrême frontière du CMA, vendredi soir, notamment aux côtés d’Édith Butler, a des origines acadiennes du côté paternel.

«En fait, c’est un honneur en soi d’avoir l’occasion d’être là pour un événement qui revient tous les cinq ans. Juste l’idée d’avoir la permission d’être là, c’est vraiment cool.»

Reconnu pour ses tenues un peu excentriques jouant sur une certaine ambiguïté sexuelle, le chanteur qui propose une mixité de genres musicaux, a non seulement un impact sur la scène musicale, mais aussi auprès des gens, notamment des jeunes qui traversent des difficultés sur le plan de l’identité de genre. Il a reçu de nombreux messages d’admirateurs à ce sujet. Il est heureux de voir que son art va au-delà de la musique et qu’il peut avoir un impact direct sur les gens.

«Je reçois tellement de commentaires après les spectacles. C’est énormément fréquent et c’est vraiment cool. Ça peut être des trucs de gens qui sont transgenres, mais aussi juste des personnes qui me disent que ça les a aidé dans d’autres situations.»

Rendu à la fin de sa tournée qui aura duré près de deux années, Hubert Lenoir n’a pas tué Darlène, mais il considère être arrivé à la fin de ce cycle. Moncton sera l’un des derniers spectacles qu’il donnera pour un petit bout de temps. L’artiste qui offre des prestations énergiques sera entouré de six musiciens sur scène.

«Ce n’est pas par haine du projet aucunement ou parce que je n’aime pas les chansons, mais je pense que toute bonne chose a une fin. Ce qu’on va faire à Moncton, c’est un truc spécial. Nous allons jouer des chansons de Darlène et des nouvelles chansons aussi.»

Il est encore trop tôt pour parler de ses projets. Curieux de tout ce qui se fait comme musique actuelle, il a surtout envie de liberté et de créativité.

Darlène a été imaginé autour d’un roman du même titre, écrit par sa compagne de vie et gérante Noémie D. Leclerc. Ce livre raconte l’histoire d’une jeune fille de Québec, Darlène, qui rencontre un Américain qui envisage de se jeter dans les chutes Montmorency.

L’auteur-compositeur-interprète a composé une musique qui traverse le récit sans nécessairement être narrative. Avec une touche de psychédélique, de pop, de blues et de rock, cet album aux couleurs diverses a raflé plusieurs prix, dont une nomination sur la courte liste des Prix Polaris 2018.

Au-delà de sa chanson Fille de personne, devenu un véritable vers d’oreille et qui a beaucoup tourné, l’ensemble de son album mérite qu’on s’y attarde.

Un quart de siècle

Curieux de nature, il a toujours écouté beaucoup de musique même celle de genres qu’il connaît moins.

«Dans la vie, j’aime connaître beaucoup de choses et j’aime ça lire sur des trucs qui m’intéressent. S’il y a un style musical que je connais moins, c’est assez rare que je passe devant et faire ha! ça ne m’intéresse pas. Je vais toujours au moins donner une chance. Un peu comme plein de jeunes de ma génération, j’ai grandi sur le hip-hop. Dans le hip-hop, il y a cette mentalité-là, de mélanger beaucoup les styles avec le sampling pour en faire des œuvres éclectiques», a expliqué l’artiste qui vient de célébrer son quart de siècle.

Quand il compose, il commence généralement par la musique qui lui inspire des paroles. Le but premier n’est pas nécessairement de plaire au public, mais surtout d’amener des œuvres différentes ou encore de provoquer une réflexion, avance-t-il.

Du ski à la musique

Avant de se lancer en musique, Hubert Lenoir était un grand amateur de ski libre (freestyle). À l’adolescence, l’artiste natif de Québec en faisait au moins 120 jours par année. Il confie que c’était un véritable mode de vie et il a même fait de la compétition.

Un jour, la musique est entrée dans sa vie.

«La musique est arrivée et je me suis intéressé aux deux pendant longtemps puis à un moment donné, la musique a pris de plus en plus de place et là, j’en fais beaucoup moins que j’aimerais en faire.»

Hubert Lenoir en est à son deuxième passage au Nouveau-Brunswick. En 2018, il s’est produit au festival Acadie Love à Caraquet.