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Huit écoles qui réinventent l’éducation

Nos écoles bouillonnent d’idées! Aux quatre coins de la province, les enseignants innovent, imaginent de nouvelles formes d’apprentissage et redoublent de créativité pour intéresser leurs élèves. L’Acadie Nouvelle vous présente aujourd’hui quelques-unes de ces initiatives inspirantes.

Memramcook: L’école du futur?

À l’école Abbey-Landry de Memramcook, chaque élève aura bientôt son iPad! La direction s’est équipée de 300 tablettes, transformant radicalement les méthodes d’enseignement, de la maternelle à 8ème année.

«Nos élèves peuvent se servir d’applications pour découvrir les mathématiques, les sciences, ou apprendre à créer une animation pour illustrer une rédaction de français. Il n’est pas question de les utiliser de 8 à 15h, ça dépend de la matière, du projet, de l’enseignant», décrit le directeur adjoint, Christopher Wheaton. L’école Abbey-Landry a opéré son virage technologique à toute vitesse et est aujourd’hui à l’avant-garde.

Les élèves ont désormais à leur disposition une salle d’enregistrement musical, des caméras et même un drone pour divers projets de création. On apprend à filmer et monter des petits reportages, des clips musicaux ou des capsules promotionnelles pour des événements communautaires.

Les enseignants peuvent même initier leurs protégés à la programmation informatique grâce à des petits robots Shero, ou leur proposer de se familiariser avec l’impression 3D. Les salles de classe sont toutes équipées d’Apple TV. Le géant californien offre d’ailleurs des formations au personnel enseignant. L’établissement a sa propre propre fondation qui collecte chaque année plusieurs dizaines de milliers de dollars pour l’achat d’équipements dernier cri. Christopher Wheaton l’assure, l’arrivée de la technologie a insufflé une nouvelle dynamique au sein de l’école.

«On sent que l’atmosphère a changé, au niveau de la création ça bourgeonne! La nouvelle génération est née avec ces technologies dans les mains, ces outils les touchent plus, les motivent plus. Notre rôle est de leur apprendre à en faire un bon usage».

Kedgwick – Les succès de la classe alternative

En 10 années d’existence, le Vitrail du Restigouche-Ouest a vu passer bien des jeunes fragilisés, perdus, peu motivés par les cours. Cette classe alternative, basée hors de l’école, donne une deuxième chance à des élèves âgés de 15 à 21 ans qui n’ont pas terminé leur secondaire d’obtenir leur diplôme régulier de 12e année.

Taux d’absentéisme élevé, problèmes familiaux, défis d’ordre psychologique, la plupart d’entre eux éprouvaient des difficultés à fonctionner dans le cadre d’une école traditionnelle.

«Ce sont des jeunes blessés, qui ont vécu des choses difficiles. On les accepte comme ils sont, et on les aide à se rendre plus loin dans leur cheminement. On va les aider à se sentir mieux dans leur peau, à reconnaître leurs forces avant de travailler sur le côté académique», explique Diane Desrosiers, enseignante de la classe. Ici, l’enseignement est adapté à la réalité de chacun. L’étudiant ne suit que deux matières à la fois et n’a pas de limite de temps pour terminer un cours. Deux enseignantes encadrent une quinzaine de jeunes et assurent un suivi personnalisé. L’horaire est flexible pour accommoder ceux qui occupent un emploi.

Dans ce nouveau cadre, les jeunes décrocheurs se reprennent en main et s’autorisent à rêver de demain. «On a eu des beaux succès. Une de nos élèves vivait des situations très difficiles, ça lui a pris jusqu’à 21 ans pour finir son secondaire avec nous. Aujourd’hui elle est au collège et veut travailler dans le domaine de la santé», raconte Diane Desrosiers,

«On voit des jeunes qui reprennent confiance en eux, qui gagnent en autonomie, en maturité. Quand ils sortent, ils sont prêts à affronter les études ou le marché du travail.»

Bathurst – À bas les sacs de plastique

Six jeunes entrepreneuses de l’école Place-des-Jeunes ont déclaré la guerre au plastique! Leur microentreprise, PDJ pour la planète, se spécialise dans la vente de furoshikis, des emballages cadeaux faits de tissu.
Inspiré d’une tradition japonaise, l’idée consiste à troquer les papiers cadeaux jetables contre un emballage élégant, écologique et pouvant resservir. Les élèves confectionnent également des filets à légumes en tissu. Chaque sac est vendu avec des pailles réutilisables en caoutchouc et en métal, des brosses à dents en bambou et des lingettes nettoyantes biodégradables.

Début mai, PDJ pour la planète a remporté le prix de la meilleure microentreprise lors du Défi Jeunes Innovateurs. L’initiatrice du projet, Sophie Bellefleur, est particulièrement fière de sa petite équipe.

«On essaie d’apprendre à ces jeunes qu’ils sont des citoyens du monde qui ont des responsabilités et qui peuvent changer les choses», souligne l’enseignante de français.

La réalisation d’un projet entrepreneurial est une formidable source d’apprentissage par l’action, ajoute Mme Bellefleur. En quelques semaines, les entrepreneures en herbe ont appris à prendre la parole pour vendre leur projet, à créer une présentation PowerPoint, à coudre, à mesurer la surface de tissu nécessaire, calculer les dépenses et les recettes, établir une stratégie marketing ou créer un logo. «C’est très important le concret, ça donne une raison aux jeunes d’apprendre, ça leur montre qu’il y autre que la note. L’entrepreneuriat c’est une clef pour rendre les élèves motivés!»

Clair – Une microentreprise créative

Au Centre d’Apprentissage du HautMadawaska, on se confronte au monde des affaires dès le plus jeune âge! Depuis quelques mois, la microentreprise Promo C@HM personnalise divers articles en y apposant des logos, des slogans ou des phrases accrocheuses. Leurs produits sont très variés: chandails, tabliers, gobelets, bouteilles d’eau, parapluies, sacs à lunch, coffres à crayons, sacs réutilisables ….

Les élèves réalisent presque tout de A à Z. Lorsqu’un client les contacte, qu’il s’agisse d’un organisme scolaire ou d’une association de la région, les jeunes créateurs, «ils peuvent ensuite prendre part à chaque étape, de la commande, à la vérification de la qualité en passant par la conception du logo sur ordinateur, la production, ou le budget, détaille l’enseignant Joey Nadeau. C’est motivant pour eux de voir tout se former pour en arriver au produit fini.»

Les recettes engendrées sont réinvesties dans la microentreprise et permettent de financer différents projets éducatifs de l’école. Au passage, les élèves ont développent toute une panoplie de qualités entrepreneuriales.

«Ils apprennent les mathématiques en faisant leur budget et améliorent leurs compétences informatiques lors de la conception du design. Ça développe aussi Les jeunes associés de Promo C@HM apprennent les ficelles de la vente. Gracieuseté l’autonomie de l’élève, sa capacité de gestion», souligne Joey Nadeau.

Shippagan – Rouler pour ne pas décrocher

Un nouveau cours s’est ajouté au programme de l’école Marie-Esther de Shippagan cette année. Les jeunes qui préfèrent les activités manuelles ont désormais accès à un atelier de mécanique de vélo.

L’administration scolaire a développé le programme pour aider les élèves ayant des difficultés d’apprentissage dans certaines matières académiques.

Tous les éléments de la bicyclette sont scrutés à la loupe par les participants, de la 7e à la 12e année. Leur enseignant Gaetan Duguay, constate beaucoup d’intérêt de la part du groupe. Les progrès sont flagrants sur le plan de l’estime de soi.
«Le cours donne confiance à des jeunes qui ont un peu plus de difficulté dans leur parcours scolaire.»

Beresford – Fini les pupitres dans la salle de classe

L’époque où les élèves étaient tous cordés en rangs d’oignons chacun à son pupitre est révolue dans la classe de Chantal Landry.

Grâce à des subventions et plusieurs collectes de fonds, l’école Carrefour Étudiant de Beresford a pu remplacer complètement le mobilier de deux classes de 4e année.

Ballons, hamacs, chaises oscillantes ou munies d’un pédalier, fauteuils «coquille d’oeuf», les élèves ont désormais à leur disposition une foule d’options.

Le but de ces classes «flexibles»: permettre aux enfants de choisir la position la plus confortable pour chaque activité et ainsi faire en sorte qu’ils soient plus attentifs en classe et efficaces dans leurs travaux. «Je trouve qu’ils se concentrent mieux, ça leur ait plus facile de bouger, de se dépenser sans déranger les autres. On sent les élèves plus motivés, on a aussi remarqué une amélioration au niveau de la ponctualité», assure l’enseignante Chantal Landry.

«La mobilité du mobilier permet plusieurs configurations possibles, on a plusieurs stations en équipe pour encourager la collaboration.»

Paquetville – Énerg-X, une affaire qui roule

Les élèves de la classe de 5e année de Mme Mélissa Lanteigne de l’école Terre des Jeunes à Paquetville ont mis au point une collation santé sous forme de boules qu’ils ont appelées Énerg-X. Dattes, flocons d’avoine, carottes, Wowbutter, pépites de chocolat noir, miel, raisins secs, la liste des ingrédients a tout d’une recette santé.

Au sein de leur jeune entreprise, chaque a un rôle bien précis. On retrouve des responsables des commandes, des commis aux ingrédients, des comptables, des cuisiniers et un graphiste. Il y a aussi des préposés à l’emballage, au nettoyage, à la promotion et aux annonces. L’enseignante a procédé à un recrutement semblable à ce que les enfants connaîtront un jour sur le marché du travail. Chaque élève a dû rédiger son curriculum vitae avant de passer une entrevue afin d’obtenir le poste désiré.

La mise en marché a été un succès éclair.

Les ventes dépassent leurs espérances si bien que la classe peine à suffire à la demande.

Les profits amassés servent entre autres à l’achat d’ingrédients pour continuer de faire rouler l’entreprise, mais aussi à l’acquisition d’équipement pour la classe, ainsi que pour fournir des repas gratuits ou à faible coût à des élèves en difficulté de l’école.

Moncton – Quand exercice rime avec apprentissage

S’il fallait décerner un prix de l’école la plus active, l’école Sainte-Bernadette de Moncton le remporterait haut la main. Le personnel a imaginé un nouveau modèle d’apprentissage, la «Pédagogie en mouvement», qui consiste à faire bouger les élèves durant les cours.

Les enseignants ont dans leur sacoche une multitude de jeux, de compétitions et de chorégraphies permettant de s’amuser et de se dépenser tout en apprenant les mathématiques, la grammaire, la science ou l’histoire. Les classes de la maternelle à la 5e année de la petite école de 255 élèves poursuivent un objectif commun: faire 150 minutes d’activités physiques structurées par semaine. On peut ainsi apprendre sa table de multiplication en jouant un jeu de poursuite ou lors d’une partie de quilles.

Lancé en 2010, ce pari innovant a fonctionné avec brio. Tous les enseignants ont participé à l’élaboration d’une banque d’activités. Peu à peu, la méthode d’enseignement s’est ancrée dans la culture de l’école.

Au fil du temps, les membres du personnel ont observé une diminution du nombre de conflits et une meilleure concentration chez certains élèves.

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