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L’affichage bilingue: le rêve impossible?

Il y a plus d’une dizaine d’années, la question de la langue de l’affichage commercial faisait régulièrement la manchette. Souvent source de divisions, ce débat a néanmoins mené à l’adoption d’arrêtés sur l’affichage à Dieppe et à Atholville. Bien que ces initiatives ont inspiré de nombreux projets de sensibilisation, force est de constater que la question de l’affichage bilingue est loin d’être réglée dans plusieurs communautés de la province.

En 2010, Dieppe devenait la première municipalité à encadrer le bilinguisme dans l’affichage commercial extérieur sur son territoire.

Depuis l’adoption de l’arrêté Z-22, la description des commerces sur le territoire de la Ville doit être bilingue avec un lettrage équivalent dans les deux langues. Afin de promouvoir le caractère francophone de la municipalité, le français doit figurer aussi en premier.

Désormais, aucune affiche commerciale extérieure ne peut être construite, installée, exposée, modifiée ou déplacée à moins d’être en conformité avec ces exigences.

Dans les mois et années précédant l’adoption de l’arrêté, la question de l’affichage commercial a fait couler beaucoup d’encre. En forçant la main aux commerçants, plusieurs craignaient que l’économie de la communauté en souffre.

«En 2010, il y avait beaucoup de commentaires négatifs, particulièrement de personnes anglophones, et de toutes sortes de menaces de faire un boycottage de nos commerces, notamment à la Place Champlain, raconte le maire de Dieppe, Yvon Lapierre. Je pense que c’était probablement en raison d’un manque de volonté d’essayer de comprendre ce que la Ville essayait de faire.»

C’est notamment ce qui explique que de nombreuses municipalités ont opté pour la méthode douce en matière d’affichage, préférant faire de la sensibilisation quant à l’importance du bilinguisme auprès des entrepreneurs, tout en leur offrant un appui financier pour installer de nouvelles affiches.

C’est dans cette optique que l’Association francophone des municipalités du Nouveau-Brunswick (AFMNB) a mis sur pied Notre paysage linguistique, un programme d’incitatifs qui a permis de rendre bilingues les affiches extérieures d’environ 250 commerces. D’après Pascal Reboul, directeur général de l’AFMNB, une quinzaine de municipalités ont bénéficié d’un appui financier dans le cadre de cette initiative qui s’est échelonnée sur une dizaine d’années.

«C’était basé sur une approche de promotion et d’incitatifs plutôt que sur une approche législative puisqu’il n’y avait pas de volonté d’aller de l’avant sur quelque chose de contraignant», explique M. Reboul.

La perspective d’éventuelles poursuites devant les tribunaux a aussi convaincu de nombreuses municipalités de se rabattre sur la sensibilisation en matière d’affichage.

En 2012, deux entreprises de panneaux-réclames, Pattison Outdoor et CBS Outdoor, avaient contesté la constitutionnalité de l’arrêté sur l’affichage de Dieppe, avant d’abandonner leur poursuite et accepter de s’y conformer.

«On ne voulait pas utiliser une approche contraignante parce que Dieppe a dû aller en cour, ce qui représente du temps et de l’argent. Pour de plus petites municipalités, qui n’ont pas les mêmes moyens, il n’y avait pas d’appétit pour se lancer là-dedans», précise M. Reboul.

Une approche raisonnable

Aujourd’hui, M. Lapierre constate que les inquiétudes et les menaces de boycottage des commerces de Dieppe se sont dissipées puisque la Ville a été raisonnable en permettant aux entreprises existantes de garder leur affichage.

«On a voulu être inclusif, on n’a pas exigé que tous les commerces changent leurs pancartes, raconte-t-il. Toute nouvelle pancarte ou annonce publique doit toutefois être bilingue avec le français d’abord. On ne demandait pas non plus aux gens d’afficher uniquement en français», précise-t-il.

Pour Jean-Guy Levesque, maire d’Atholville, l’arrêté sur l’affichage commercial adopté il y a 11 ans dans sa communauté, qui est presque identique à celui de Dieppe, a été relativement facile à faire accepter en raison de la prédominance du français dans la région. En effet, plus de 70% de la population de ce village du Restigouche est francophone.

«Au départ, il y avait une certaine résistance, les gens disaient que c’était des coûts additionnels, mais c’est comme ça, on dessert une population majoritairement francophone. Je crois que c’était facile de convaincre les entreprises. Si l’entreprise n’affiche pas dans la langue de ses clients, ils peuvent avoir de la difficulté à les attirer», avance M. Levesque.

Le bâton est plus efficace que la carotte

D’après une enquête menée par une professeure de linguistique de l’Université de Moncton, le bâton semble plus efficace que la carotte lorsque vient le temps de convaincre les commerçants d’afficher dans les deux langues.

L’analyse de 2018, menée sur quelques-unes des principales artères commerciales dans le Grand Moncton, suggère que les politiques en matière d’affichage commercial ont moins d’impact lorsqu’elles sont fondées sur des mesures incitatives visant à encourager le bilinguisme.

À Moncton, par exemple, l’anglais demeure fortement prédominant dans l’affichage commercial de la municipalité.

En effet, parmi les 2478 affiches extérieures recensées dans 632 commerces de Moncton, 77,3% d’entre elles étaient unilingues anglais, 2,7% étaient unilingues français et 20% étaient bilingues.

Une analyse semblable menée en 2007 par le Conseil pour l’aménagement du français au Nouveau-Brunswick (CAFNB) avait trouvé un taux d’unilinguisme anglais de 80% dans l’affichage commercial de Moncton.

«De façon générale, il n’y a pas vraiment eu de changement», dit Isabelle Violette, une professeure de linguistique de l’Université de Moncton qui a dirigé l’enquête de 2018.

Ces données montrent que le caractère bilingue de la municipalité ne transparaît pas dans l’affichage commercial, dit-elle. Avec 22,6% des affiches recensées qui contenaient du français, la linguiste note qu’il existe aussi une sous-représentation de cette langue dans une ville où près du tiers des citoyens sont francophones.

Des progrès à Dieppe

Avant l’entrée en vigueur de son arrêté sur l’affichage commercial en 2010, la Ville de Dieppe misait elle aussi sur une approche d’incitatifs afin d’augmenter la présence du français dans l’affichage.

En 2007, l’enquête du CAFNB indiquait que l’unilinguisme dans les affiches descriptives, qui offrent des renseignements sur les services offerts par l’entreprise (pharmacie, restaurant), était de 44%. Huit ans après l’adoption de l’arrêté de 2010, cette proportion était descendue à 26,7%.

Le taux d’unilinguisme anglais a toutefois beaucoup augmenté dans les informations usuelles (heures d’ouverture, aubaines, etc.), passant de 25% à 43%.
Parmi les 773 affiches recensées chez les 254 commerçants dieppois qui figurent dans l’analyse de Mme Violette, 44,7% étaient unilingue anglais, 10,9% unilingue français et 44,2% étaient bilingues.

Des disparités géographiques

L’affichage connaît aussi des disparités géographiques, tant à Moncton qu’à Dieppe. Par exemple, l’affichage bilingue est plus répandu au centre-ville de Moncton que dans des zones commerciales plus en périphérie.

«Il y a un décalage entre le centre-ville, sur les rues Main et St-George, et la périphérie, particulièrement dans le nord de la ville sur les axes Mapleton et Trinity. Là, l’unilinguisme anglais dépasse 90%. C’est vraiment un fort contraste. C’est comme si les politiques incitatives ont peut-être eu un certain écho au centre-ville auprès de petits commerçants», avance Mme Violette.

Sur le boulevard Dieppe, 26% des commerces ont un nom francophone alors que cette proportion n’est que de 15,8% dans l’ensemble de la municipalité. En 2007, ce taux n’était que de 6%. Il s’agit d’une évolution intéressante sachant que le nom des entreprises n’est pas réglementé par l’arrêté Z-22.

«C’est quand même important de le souligner parce qu’il me semble que ç’a une portée symbolique plus grande que d’autres types d’affiches qui sont plus descriptives», analyse Isabelle Violette.

Un rapport de force au détriment du français

La linguiste Isabelle Violette s’est intéressée à l’affichage dans de plus petites municipalités, soit à Bouctouche et à Grand-Sault. Malgré la forte prédominance des francophones dans ces communautés – plus de 90% et près de 80%, respectivement – l’anglais est très répandu dans l’affichage.

À Bouctouche, l’anglais figure dans 75% de l’affichage commercial extérieur (50,7% unilingue anglais, 25,7% unilingue français et 23,6% bilingue). Dans le cas de Grand-Sault, l’anglais apparaît dans plus de 90% de l’affichage commercial.

Pour Mme Violette, les chiffres montrent bien qu’à moins de rendre l’affichage commercial bilingue obligatoire, il peut être difficile d’améliorer la présence du français dans le paysage linguistique dans la province.

«L’exemple de Bouctouche montre bien que le rapport de force est au détriment du français, dit-elle. Si on s’en tient aux chiffres, on peut dire qu’une forme de législation – comme à Dieppe – porte davantage de fruits, mais ce n’est pas non plus une panacée.»

Comme le démontrent les chiffres sur l’affichage bilingue à Dieppe (44,2%), la bilinguisation de l’affichage risque de s’y réaliser sur le long terme.

«Il faut tenir compte du fait que la transformation du paysage linguistique commercial va se faire dans le temps, dit la professeure. On ne peut pas espérer une transformation soudaine du paysage linguistique quand il est convenu que l’arrêté ne concerne que les nouvelles affiches extérieures et que le nom des entreprises échappe au règlement.»

Un enjeu relégué aux oubliettes à Moncton

Plus de dix ans après l’adoption de l’arrêté sur l’affichage commercial de Dieppe, les nombreuses initiatives de sensibilisation visant à encourager le bilinguisme des entreprises semblent être terminées ou au point mort.

L’arrêté Z-22 sur l’affichage commercial à Dieppe a été adopté à la suite de pressions exercées par des citoyens réunis au sein du Front commun pour l’affichage bilingue.

Fort de leur victoire, le groupe s’est mobilisé afin que la Ville de Moncton imite sa voisine.

À l’époque, les élus de Moncton avaient toutefois préféré une «approche qui privilégie un entérinement progressif des principes de l’égalité des deux langues officielles au sein des commerces ayant sis à Moncton.»

Pour ce faire, la Ville a souhaité développer une collaboration avec des membres de la communauté d’affaires pour encourager, faciliter et promouvoir de façon active la valeur et l’importance du bilinguisme dans l’affichage.

C’est dans cette optique que la municipalité s’est mise à offrir une série de mesures d’appui, notamment la distribution gratuite d’affiches bilingues où les commerçants peuvent inscrire leurs heures d’ouverture.

La Ville a aussi bénéficié des fonds offerts dans le cadre de Notre paysage linguistique de l’Association francophone des municipalités du Nouveau-Brunswick (AFMNB), une initiative qui a permis de modifier 10 affiches, d’après l’association. Des collaborations avec des entreprises afin de leur offrir des services de traduction leur permettant de bilinguiser leur affichage sont aussi citées en exemple.

À l’époque, les organismes représentants la communauté d’affaires, dont la Chambre de commerce du Grand Moncton (CCGM), ont applaudi cette approche. Ils avaient d’ailleurs signé, en 2010, une lettre d’entente sur l’affichage commercial bilingue à Moncton afin de s’engager dans «un partenariat formel, afin d’élaborer une stratégie qui, de façon active, encourage, facilite, aide et promeut aux entreprises à Moncton la valeur et l’importance d’utiliser des affiches bilingues».

Douze ans plus tard, le président de la CCGM, John Wishart, reconnaît qu’il ne s’agit plus d’une préoccupation des membres de l’organisme.

«Ce n’est pas un enjeu dont nous entendons beaucoup parler de la part de nos membres, particulièrement après deux ans de pandémie», dit-il.

Même si les changements nécessaires à l’atteinte de l’égalité réelle des deux communautés progressent lentement, John Wishart dit être convaincu qu’après 20 ans de bilinguisme officiel à Moncton, les entrepreneurs comprennent l’importance de cet enjeu et des initiatives de sensibilisation.

Un arrêté afin d’obliger l’affichage commercial bilingue inspiré de celui de Dieppe n’est toutefois pas souhaitable, dit-il.

«Nous sommes ouverts afin de collaborer avec la Ville et d’autres groupes afin de mettre en place de nouveaux programmes visant à encourager l’affichage bilingue, lance M. Wishart. Je crois qu’il y a une plus grande compréhension de l’importance de s’adresser aux deux communautés.»

Isabelle LeBlanc, directrice des communications de la Ville de Moncton, indique que la municipalité dispose encore d’un peu de fonds obtenus dans le cadre de l’initiative Notre paysage linguistique de l’AFMNB afin d’appuyer les entreprises qui souhaitent bilinguiser leur affichage.

«Il faudra voir si c’est quelque chose que nous voulons continuer pendant les délibérations budgétaires, par exemple si l’on veut accorder chaque année un certain montant d’argent ou si l’on juge plutôt qu’il y a eu assez suffisamment d’adhésion», dit Mme LeBlanc.

Après deux ans de pandémie, Moncton souhaite aussi relancer son programme de distribution d’enseignes bilingues et d’épinglettes bilingues aux commerçants capables d’offrir des services dans les deux langues, ajoute-t-elle.

«Que fait-on maintenant?»

La conseillère municipale de Moncton, Paulette Thériault, reconnaît elle aussi que la Ville doit multiplier ses efforts visant à améliorer l’affichage de ses commerçants.

Un bon début serait de mesurer l’efficacité des mesures proposées dans le rapport final du Comité Bilinguisme à Moncton, présenté en 2016, croit-elle. On y proposait notamment «d’établir un processus formel de sensibilisation destinée aux commerces» grâce à la création d’outils afin de promouvoir les avantages économiques du bilinguisme.

«J’ai vraiment hâte que le conseil puisse avoir une discussion autour de ce sujet. Ce serait intéressant de voir si on a fait des progrès. Sinon, qu’est-ce que l’on fait maintenant? Est-ce que l’on fait comme la ville voisine de Dieppe et on fait un arrêté? Ce sont des choses dont il faudra discuter», lance Mme Thériault.

Affichage à Bouctouche: une question d’habitude

Même si la Ville de Bouctouche a adopté une politique linguistique en matière d’affichage, l’anglais occupe encore une place prédominante dans l’affichage de cette communauté majoritairement francophone.

Serge Arsenault, président sortant de la Chambre de commerce de Kent-Sud, croit que cette situation s’explique tout simplement par les habitudes des francophones de la région.

«Beaucoup de gens dans la région écoutent de la musique et la télé en anglais, il y a beaucoup d’influences anglophones, explique M. Arsenault, qui est aussi directeur général de la Ville de Bouctouche. D’après moi, ils n’y pensent pas, c’est un réflexe.»

Il ne s’agit pas d’une préoccupation pour la communauté des affaires de la région, assure M. Arsenault, qui dit ne jamais avoir entendu parler de la thématique de l’affichage pendant les neuf années qu’il a occupé la présidence de la chambre de commerce.

Le maire de Bouctouche, Aldéo Saulnier, croit pour sa part que la municipalité pourrait en faire davantage. «Il y aura toujours de la place pour du progrès. Je crois que c’est une question que l’on pourrait soulever au conseil municipal et voir ce que l’on peut faire», indique le maire.

Révision de la Loi sur les langues officielles, une occasion ratée

Plusieurs observateurs estiment que la révision de la Loi sur les langues officielles présentait une occasion unique afin d’améliorer l’affichage bilingue dans la province, une idée qui n’a pas été retenue par les commissaires chargés du dossier.

Pour l’Association francophone des municipalités du Nouveau-Brunswick (AFMNB), il ne fait aucun doute que la question de l’affichage commercial bilingue devrait être encadrée par la province.

Il s’agissait d’ailleurs de l’une des demandes formulées par l’organisme dans son mémoire déposé dans le cadre de la révision de la Loi sur les langues officielles (LLO).

«On avait demandé à ce qu’il y ait un volet affichage commercial, malheureusement ça n’a pas été retenu par les deux commissaires, déplore Pascal Reboul, directeur général de l’AFMNB. Ça enlèverait un poids sur les épaules des communautés et ça deviendrait tout simplement quelque chose de normal.»

L’organisme s’est inspiré d’une mesure adoptée dans la révision de la LLO en 2002. Celle-ci stipule que les municipalités sont tenues d’offrir des services bilingues si la population de langue officielle minoritaire atteint au moins 20% de la population totale. Ainsi, le même barème aurait pu être appliqué afin de rendre l’affichage commercial bilingue obligatoire dans certaines communautés.

Jean-Guy Levesque, maire d’Atholville, croit lui aussi que l’affichage bilingue mériterait d’être bonifié dans plusieurs communautés de la province.

«Je peux comprendre que certains affichent qu’en anglais, mais il y a énormément d’endroits qui atteignent le seuil de 20% comme prévu dans la LLO et on a de la difficulté à avoir de l’affichage bilingue, constate-t-il. Le gouvernement ne semble pas pressé de donner suite au rapport que les commissaires ont présenté en décembre, mais ce serait un beau geste qu’il prévoit un libellé pour encourager l’affichage bilingue.»

Cette approche, dit M. Reboul, permettrait de protéger de petites communautés avec peu de moyens contre des poursuites comme celle lancée contre la Ville de Dieppe en 2012.

Couplée à un programme d’incitatifs provincial, une loi aurait un réel impact sur le paysage linguistique de la province, dit l’AFMNB.

Le maire de Dieppe, Yvon Lapierre, croit lui aussi qu’une loi et des incitatifs enverraient un signal fort quant à l’importance du bilinguisme dans la province.

Depuis 2017, la Ville de Dieppe a octroyé 90 000$ en subventions afin de permettre à environ 40 entreprises sur son territoire d’installer de nouvelles enseignes bilingues.

«Ça aiderait, ça rendrait la chose plus importante si le gouvernement encourage l’affichage bilingue, dit Yvon Lapierre. Nous avons dépensé près de 100 000$, mais on s’entend que la province a les poches un peu plus profondes que nous.»

Bien que Notre paysage linguistique soit désormais terminé, l’AFMNB dit être en réflexion afin de voir comment elle peut contribuer à la question de l’affichage commercial.

«Dans un monde idéal on aimerait que la province prenne ses responsabilités, mais on sait pertinemment bien que ce ne sera pas le cas avec le gouvernement en place donc ça nous oblige à réfléchir à comment on peut intervenir.»

Réforme municipale: qu’adviendra-t-il de l’arrêté d’Athoville?

L’incertitude plane quant à l’avenir de l’arrêté sur l’affichage commercial d’Atholville en raison des fusions municipales prévues dans le cadre de la réforme de la gouvernance locale au Nouveau-Brunswick.

D’après le maire d’Atholville, Jean-Guy Levesque, il est encore trop tôt pour dire ce qui arrivera de l’arrêté sur l’affichage commercial lorsque sa communauté joindra celles de Campbellton et de Tide Head afin de former une nouvelle entité municipale.

Son sort sera entre les mains des conseillers municipaux nouvellement élus lors de leur entrée en poste en janvier 2023. Ils seront notamment chargés de réviser l’ensemble des politiques et arrêtés de chacune des anciennes entités municipales.

«Avec le fusionnement, la proportion de francophones de la nouvelle entité va dépasser les 60%. Je ne vois donc pas pourquoi on ne demanderait pas aux entreprises d’afficher dans les deux langues, mais ce sera le nouveau conseil qui aura le dernier mot», dit Jean-Guy Levesque, qui souhaite à tout le moins que l’arrêté soit encore appliqué sur le territoire d’Atholville s’il n’est pas étendu à l’ensemble du territoire de la ville.

À Campbellton, le maire de la municipalité n’a pas voulu y aller d’une prédiction à savoir si ce genre d’arrêté pourrait avoir des appuis dans sa communauté.

«C’est quelque chose qu’il faudra regarder, dit M. Comeau. À l’époque, on s’était dit que c’était mieux de laisser la question de l’affichage aux entreprises, on ne voulait pas leur imposer des choses, mais on encourageait l’affichage bilingue.»

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